Sur la seule année 2017, ils étaient 132.187 à abandonner le sud du pays, dont la moitié avaient moins de 34 ans et 33% étaient titulaires d'un diplôme universitaire, selon l'association pour le développement de l'industrie du Sud (Svimez).

Ses experts citent comme raisons principales le manque de perspectives (chômage élevé) et d'infrastructures (routes, écoles, services sociaux).

Si, sur les dix années concernées, des dizaines de milliers de personnes, plutôt âgées, sont revenues habiter dans le Sud, le solde reste négatif avec une perte de population de 852.000 personnes (dont 71,8% de jeunes et 30% de diplômés). La tendance s'est accélérée en outre dans les communes de moins de 5.000 habitants.

Pour tenter d'y remédier, le gouvernement a instauré un mini-impôt sur le revenu de 7% pour les retraités, Italiens ou non, décidant de venir, ou revenir vivre, dans les petites villes du Sud.

Pour les auteurs du rapport qui parlent de "drame", l'émigration massive depuis le Sud se traduit par "une perte de population surtout jeune et qualifiée compensée en partie seulement par des flux d'immigration de faibles ampleur et compétences", avec 73.000 étrangers en situation régulière arrivés dans le Sud en 2017.

Le rapport souligne aussi de fortes disparités entre les régions du sud, avec une hausse notable du PIB en 2018 dans les Abruzzes (+1,7%), dans les Pouilles (+1,3%) et en Basilicate (+1%) alors que le PIB de la Campanie (région de Naples) était au point mort.

Globalement, le Sud est retombé en récession l'an passé, après trois ans de timide reprise entre 2015 et 2017, et les économistes de la Svimez anticipent une baisse de 0,3% du PIB du Mezzogiorno pour 2019 face à une hausse équivalente (+0,3%) pour le Centre Nord, ce qui se traduira pour l'ensemble du pays par une minuscule hausse de 0,1% du PIB en 2019.

Sur les dix dernières années, le PIB du Mezzogiorno s'est effondré de 10,4%, au regard d'une contraction cinq fois moindre pour le Centre Nord (-2,4%).

C'est uniquement grâce à la bonne santé du Centre Nord que l'Italie a limité la casse avec un recul de 4,3% du PIB, face à un rebond de 10,8% pour l'Union européenne (+14,5% pour l'Allemagne, +9,9% pour la France et +5,5% pour l'Espagne).

L'Italie est "le seul pays européen à part la Grèce (-23,9% pour le PIB sur dix ans) qui n'a pas récupéré ses niveaux" d'avant crise de 2008, note encore la Svimez.