Alors que l'Europe s'est lancée dans la vaccination de sa population dix mois après l'explosion de la pandémie sur son territoire, elle peut se targuer, au terme du dernier semestre sous présidence allemande, d'aborder 2021 avec deux grosses épines hors du pied: son plan de relance économique à 750 milliards d'euros, fondé sur un emprunt commun inédit à cette ampleur, a été validé in extremis en levant un veto polono-hongrois sur le respect de l'État de droit, et un accord post-Brexit avec le Royaume-Uni a été atteint à quelques jours de l'échéance.

Mais un grand nombre de programmes budgétaires sectoriels doivent encore être finalisés entre le Parlement et le Conseil, ce qui conférera à la présidence portugaise un rôle majeur de jeteuse de ponts. Les plans nationaux de relance devront aussi aboutir dans les prochaines semaines sur la table du Conseil. Et pour le Brexit, il reviendra à Lisbonne d'assurer l'adoption définitive puis la mise en oeuvre d'un accord qui n'est encore que provisoire.

Membre de l'Union depuis 35 ans, le Portugal devra aider la Commission, le Parlement et le Conseil à démontrer que l'UE est capable de répondre unie à la crise sanitaire, alors que les États membres ont souvent réagi en ordre dispersé ces derniers mois, non sans que l'UE ne les ramène sur la voie de la coopération. A ce titre, le Portugal appelle de ses voeux une Union européenne de la santé.

Après avoir dû temporiser sur nombre de dossiers pour cause d'urgence accordée à la réponse à la crise sanitaire, la Commission européenne devrait, ce prochain semestre, alimenter en propositions diverses les multiples cercles du Conseil que présideront les ministres portugais.

Sont notamment attendus des textes renforçant le caractère durable des banques, des entreprises et des marchés des capitaux afin de garantir que la reprise atteigne l'ensemble de la société, mais aussi des propositions en matière de protection des consommateurs. Durement touché par la crise, le tourisme devrait constituer une priorité du Portugal, où ce secteur a enchaîné les records de croissance ces dix dernières années. Quant à la réforme des politiques européennes d'asile et de migration, lourd sujet de divergences parmi les 27, Lisbonne en hérite de Berlin qui, malgré tout son poids et son expérience, n'est pas parvenue à enregistrer une percée.

Si les transitions verte (neutralité carbone en 2050) et numérique chères à toutes les instances de l'UE resteront incontournables, c'est bien le pilier social qui constitue, après la relance, la deuxième priorité principale de Lisbonne pour l'Union.

Le gouvernement Costa II, exclusivement socialiste, compte bien mettre en oeuvre le plan d'action pour le socle européen des droits sociaux et faire avancer la proposition de salaires minimaux pour tous les travailleurs dans les 27 États membres. La garantie européenne pour l'enfance vulnérable (accès aux services essentiels de qualité) et la difficile coordination de la sécurité sociale dans l'UE pourraient aussi alimenter un Sommet social que le gouvernement Costa veut tenir - si possible en présence physique - en mai prochain à Porto.

La dernière présidence portugaise de l'UE avait été marquée par un autre sommet, historique pour l'UE: le sommet de Lisbonne de 2007, qui avait fait évoluer une gouvernance de l'UE que l'on dit à nouveau à la peine aujourd'hui. Ancien vice-président du Parlement européen, Antonio Costa affirme vouloir faire avancer la participation citoyenne et le Plan d'action pour la démocratie européenne. Une occasion peut-être pour lui de pousser le projet de Conférence sur l'avenir de l'Europe, qu'un certain virus a grippé.

Alors que l'Europe s'est lancée dans la vaccination de sa population dix mois après l'explosion de la pandémie sur son territoire, elle peut se targuer, au terme du dernier semestre sous présidence allemande, d'aborder 2021 avec deux grosses épines hors du pied: son plan de relance économique à 750 milliards d'euros, fondé sur un emprunt commun inédit à cette ampleur, a été validé in extremis en levant un veto polono-hongrois sur le respect de l'État de droit, et un accord post-Brexit avec le Royaume-Uni a été atteint à quelques jours de l'échéance. Mais un grand nombre de programmes budgétaires sectoriels doivent encore être finalisés entre le Parlement et le Conseil, ce qui conférera à la présidence portugaise un rôle majeur de jeteuse de ponts. Les plans nationaux de relance devront aussi aboutir dans les prochaines semaines sur la table du Conseil. Et pour le Brexit, il reviendra à Lisbonne d'assurer l'adoption définitive puis la mise en oeuvre d'un accord qui n'est encore que provisoire. Membre de l'Union depuis 35 ans, le Portugal devra aider la Commission, le Parlement et le Conseil à démontrer que l'UE est capable de répondre unie à la crise sanitaire, alors que les États membres ont souvent réagi en ordre dispersé ces derniers mois, non sans que l'UE ne les ramène sur la voie de la coopération. A ce titre, le Portugal appelle de ses voeux une Union européenne de la santé. Après avoir dû temporiser sur nombre de dossiers pour cause d'urgence accordée à la réponse à la crise sanitaire, la Commission européenne devrait, ce prochain semestre, alimenter en propositions diverses les multiples cercles du Conseil que présideront les ministres portugais. Sont notamment attendus des textes renforçant le caractère durable des banques, des entreprises et des marchés des capitaux afin de garantir que la reprise atteigne l'ensemble de la société, mais aussi des propositions en matière de protection des consommateurs. Durement touché par la crise, le tourisme devrait constituer une priorité du Portugal, où ce secteur a enchaîné les records de croissance ces dix dernières années. Quant à la réforme des politiques européennes d'asile et de migration, lourd sujet de divergences parmi les 27, Lisbonne en hérite de Berlin qui, malgré tout son poids et son expérience, n'est pas parvenue à enregistrer une percée. Si les transitions verte (neutralité carbone en 2050) et numérique chères à toutes les instances de l'UE resteront incontournables, c'est bien le pilier social qui constitue, après la relance, la deuxième priorité principale de Lisbonne pour l'Union. Le gouvernement Costa II, exclusivement socialiste, compte bien mettre en oeuvre le plan d'action pour le socle européen des droits sociaux et faire avancer la proposition de salaires minimaux pour tous les travailleurs dans les 27 États membres. La garantie européenne pour l'enfance vulnérable (accès aux services essentiels de qualité) et la difficile coordination de la sécurité sociale dans l'UE pourraient aussi alimenter un Sommet social que le gouvernement Costa veut tenir - si possible en présence physique - en mai prochain à Porto. La dernière présidence portugaise de l'UE avait été marquée par un autre sommet, historique pour l'UE: le sommet de Lisbonne de 2007, qui avait fait évoluer une gouvernance de l'UE que l'on dit à nouveau à la peine aujourd'hui. Ancien vice-président du Parlement européen, Antonio Costa affirme vouloir faire avancer la participation citoyenne et le Plan d'action pour la démocratie européenne. Une occasion peut-être pour lui de pousser le projet de Conférence sur l'avenir de l'Europe, qu'un certain virus a grippé.