"Je suis disposé à retirer du projet de loi la mesure" prévoyant "un âge d'équilibre de 64 ans en 2027", a écrit le Premier ministre alors que les manifestant battaient de nouveau le pavé dans la plupart des grandes villes de France.

Dans un courrier adressé aux partenaires sociaux, il précise toutefois que syndicats et patronat devront se mettre d'accord sur les mesures à mettre en oeuvre pour assurer l'équilibre financier du système des retraites en 2027 faute de quoi cette mesure pourrait être réinstaurée.

Cet "âge pivot" de 64 ans était la mesure la plus contestée du projet de réforme des retraites. Il visait à inciter progressivement les Français à partir à la retraite à 64 ans, sous peine de se voir infliger un malus, alors que l'âge légal de départ est actuellement fixé à 62 ans.

Elle représentait une ligne rouge pour tous les syndicats et notamment le premier d'entre eux, la CFDT, pourtant favorable au principe de la réforme voulue par le gouvernement d'un régime universel par points.

Ce syndicat réformiste a immédiatement "salué" dans un communiqué "le retrait de l'âge pivot du projet de loi sur les retraites", qui marque à ses yeux "la volonté de compromis du gouvernement".

La CFDT "va poursuivre les discussions dans le cadre proposé pour répondre aux interrogations qui demeurent sur le futur régime universel", écrit-elle.

Le syndicat UNSA a lui aussi bien accueilli la nouvelle. "Le retrait de l'âge pivot est une bonne chose qui permet de discuter sereinement de l'équilibre", a commenté son secrétaire général, Laurent Escure. "Cela va permettre d'avancer sur le reste de la réforme, pour obtenir des compensations, des garanties, des avancées", a-t-il déclaré à l'AFP.

Un "leurre"

Patronat et syndicats doivent désormais s'engager dans une conférence sur l'équilibre et le financement des retraites, qui devra remettre ses conclusions "d'ici la fin du mois d'avril", a réclamé le Premier ministre.

S'ils ne parviennent pas à cette date à trouver les mesures permettant d'assurer l'équilibre du système, le gouvernement reprendra la main, a-t-il averti. "Je veux être parfaitement clair sur ce point: je prendrai mes responsabilités", a insisté le Premier ministre.

Reste à savoir si ce compromis suffira à mettre fin au mouvement de grève dans les transports. Les syndicats à la pointe des protestations - la CGT et FO - réclamaient pour leur part le retrait pur et simple du projet de réforme des retraites.

Pour le leader de la CGT Philippe Martinez, interrogé samedi en tête de la manifestation parisienne avant la publication du courrier du Premier ministre, "l'âge pivot est un leurre" qui "ne change rien à notre opposition à la réforme".

Au 38e jour de mobilisation contre le projet de réforme, plusieurs dizaines de milliers de manifestants - 150.000 selon la CGT - ont défilé samedi dans la capitale.

Devant le cortège syndical bon enfant, plusieurs centaines de manifestants, dont certains masqués ou cagoulés, ont brisé des vitrines, saccagé une banque, incendié du mobilier urbain et jeté des projectiles en direction des forces de l'ordre, qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène.

La police faisait état de sept interpellations à 16H30 GMT.

D'autres manifestations avaient lieu partout en France. A Lyon, 3.200 personnes selon la police, 15.000 selon la CGT ont défilé avec quelques accrochages en début de cortège.

Au moins 2.000 personnes ont manifesté à Rennes (ouest), avec des pancartes proclamant: "Je ne ferai pas les poubelles pour manger à la retraite" ou "Soignante, je veux des lendemains qui chantent".

Emmanuel Macron salue un "compromis constructif et de responsabilité"

"Ce compromis est jugé par le président de la République constructif et de responsabilité", a souligné la présidence, alors que le Premier ministre Edouard Philippe s'est dit "disposé à retirer" l'âge pivot de 64 ans du projet de réforme des retraites dans un courrier aux partenaires sociaux. Selon l'entourage du chef de l'Etat, Emmanuel Macron a été "en lien constant" avec Edouard Philippe depuis que celui-ci a longuement reçu les partenaires sociaux vendredi

Son geste a été bien accueilli par les syndicats réformistes alors que les opposants ont battu le pavé dans la plupart des grandes villes de France. Dans l'entourage de M. Macron, on souligne que le président "avait annoncé dans ses voeux qu'il souhaitait un compromis rapide. Nous y sommes dix jours après, c'est satisfaisant d'avoir pu aboutir sur ce compromis recherché". "Il n'y a ni gagnant ni perdant dans un compromis, c'est une formule qui fait le pari de la confiance, du dialogue, de la concertation et de la responsabilité des acteurs", a développé l'entourage d'Emmanuel Macron. "On ne qualifie pas ce mouvement de retrait puisque l'élément de responsabilité demeure, accepté par les partenaires sociaux", a encore souligné cette source, en réponse aux critiques de la droite.

La porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a, elle, qualifié la lettre d'Edouard Philippe de "tournant" dans le conflit.

"Je suis disposé à retirer du projet de loi la mesure" prévoyant "un âge d'équilibre de 64 ans en 2027", a écrit le Premier ministre alors que les manifestant battaient de nouveau le pavé dans la plupart des grandes villes de France.Dans un courrier adressé aux partenaires sociaux, il précise toutefois que syndicats et patronat devront se mettre d'accord sur les mesures à mettre en oeuvre pour assurer l'équilibre financier du système des retraites en 2027 faute de quoi cette mesure pourrait être réinstaurée.Cet "âge pivot" de 64 ans était la mesure la plus contestée du projet de réforme des retraites. Il visait à inciter progressivement les Français à partir à la retraite à 64 ans, sous peine de se voir infliger un malus, alors que l'âge légal de départ est actuellement fixé à 62 ans.Elle représentait une ligne rouge pour tous les syndicats et notamment le premier d'entre eux, la CFDT, pourtant favorable au principe de la réforme voulue par le gouvernement d'un régime universel par points. Ce syndicat réformiste a immédiatement "salué" dans un communiqué "le retrait de l'âge pivot du projet de loi sur les retraites", qui marque à ses yeux "la volonté de compromis du gouvernement".La CFDT "va poursuivre les discussions dans le cadre proposé pour répondre aux interrogations qui demeurent sur le futur régime universel", écrit-elle.Le syndicat UNSA a lui aussi bien accueilli la nouvelle. "Le retrait de l'âge pivot est une bonne chose qui permet de discuter sereinement de l'équilibre", a commenté son secrétaire général, Laurent Escure. "Cela va permettre d'avancer sur le reste de la réforme, pour obtenir des compensations, des garanties, des avancées", a-t-il déclaré à l'AFP.Un "leurre"Patronat et syndicats doivent désormais s'engager dans une conférence sur l'équilibre et le financement des retraites, qui devra remettre ses conclusions "d'ici la fin du mois d'avril", a réclamé le Premier ministre.S'ils ne parviennent pas à cette date à trouver les mesures permettant d'assurer l'équilibre du système, le gouvernement reprendra la main, a-t-il averti. "Je veux être parfaitement clair sur ce point: je prendrai mes responsabilités", a insisté le Premier ministre.Reste à savoir si ce compromis suffira à mettre fin au mouvement de grève dans les transports. Les syndicats à la pointe des protestations - la CGT et FO - réclamaient pour leur part le retrait pur et simple du projet de réforme des retraites.Pour le leader de la CGT Philippe Martinez, interrogé samedi en tête de la manifestation parisienne avant la publication du courrier du Premier ministre, "l'âge pivot est un leurre" qui "ne change rien à notre opposition à la réforme".Au 38e jour de mobilisation contre le projet de réforme, plusieurs dizaines de milliers de manifestants - 150.000 selon la CGT - ont défilé samedi dans la capitale.Devant le cortège syndical bon enfant, plusieurs centaines de manifestants, dont certains masqués ou cagoulés, ont brisé des vitrines, saccagé une banque, incendié du mobilier urbain et jeté des projectiles en direction des forces de l'ordre, qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène. La police faisait état de sept interpellations à 16H30 GMT. D'autres manifestations avaient lieu partout en France. A Lyon, 3.200 personnes selon la police, 15.000 selon la CGT ont défilé avec quelques accrochages en début de cortège. Au moins 2.000 personnes ont manifesté à Rennes (ouest), avec des pancartes proclamant: "Je ne ferai pas les poubelles pour manger à la retraite" ou "Soignante, je veux des lendemains qui chantent".Emmanuel Macron salue un "compromis constructif et de responsabilité" "Ce compromis est jugé par le président de la République constructif et de responsabilité", a souligné la présidence, alors que le Premier ministre Edouard Philippe s'est dit "disposé à retirer" l'âge pivot de 64 ans du projet de réforme des retraites dans un courrier aux partenaires sociaux. Selon l'entourage du chef de l'Etat, Emmanuel Macron a été "en lien constant" avec Edouard Philippe depuis que celui-ci a longuement reçu les partenaires sociaux vendrediSon geste a été bien accueilli par les syndicats réformistes alors que les opposants ont battu le pavé dans la plupart des grandes villes de France. Dans l'entourage de M. Macron, on souligne que le président "avait annoncé dans ses voeux qu'il souhaitait un compromis rapide. Nous y sommes dix jours après, c'est satisfaisant d'avoir pu aboutir sur ce compromis recherché". "Il n'y a ni gagnant ni perdant dans un compromis, c'est une formule qui fait le pari de la confiance, du dialogue, de la concertation et de la responsabilité des acteurs", a développé l'entourage d'Emmanuel Macron. "On ne qualifie pas ce mouvement de retrait puisque l'élément de responsabilité demeure, accepté par les partenaires sociaux", a encore souligné cette source, en réponse aux critiques de la droite. La porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a, elle, qualifié la lettre d'Edouard Philippe de "tournant" dans le conflit.