Quelque 200 personnes et des dizaines d'organisations ont assisté au coup d'envoi de ce rassemblement anti-G7, pour trois jours d'échanges et de débats, avant une importante manifestation samedi au départ d'Hendaye et des occupations de places publiques dimanche plus près de Biarritz.

"Pour nous, deux mondes s'opposeront cette semaine", explique Aurélie Trouvé, la porte-parole d'Alternatives G7. "A Biarritz, sept chefs d'Etat dans leur tour d'ivoire encadrés par un dispositif policier et militaire ahurissant, coupés de la population. Et à Hendaye, un contre G7 ouvert, pluriel et revendicatif, avec une très grande diversité de mouvements basques, français et internationaux qui partagent des valeurs et des espoirs".

Selon elle, Emmanuel Macron a fait preuve d'un "cynisme à toute épreuve" en plaçant le G7 sous le signe de la lutte contre les inégalités alors qu'il "abat tous les mécanismes de solidarité" et "détruit les droits sociaux".

Dans les travées du Ficoba, le grand parc des expositions de la ville frontalière espagnole, on finit à peine d'accrocher la bannière du "village des alternatives". Des organisations écologistes, féministes, syndicales ou agricoles installent leur stand, disposent tee-shirts et littérature, dont beaucoup en basque.

A proximité des anarchistes de la Confédération nationale du travail (CNT), les tenants du boycott d'Israël ont tendu un drapeau palestinien. L'association qui défend le retour des prisonniers basques est en bonne place.

Plus loin, un mannequin à l'effigie d'Emmanuel Macron porte une pancarte de "président des inégalités". Au micro, des "gilets jaunes" de Saint-Nazaire (ouest de la France) expliquent la raison de leur présence mais soulignent qu'ils ne représentent par le mouvement.

- "Déjà une victoire" -

"Je suis ici pour m'informer, me faire des idées et ce n'est pas en restant dans sa chambre qu'on peut s'en faire. Ce n'est pas tous les jours qu'il y a un contre G7 en France !", explique Mathias, un doctorant en écologie de 28 ans à Toulouse, déambulant entre les tables.

Comme des gens en provenance "de Genève, de Bretagne et d'ailleurs", il se loge dans le "camp" spécialement aménagé à Urrugne, près d'Hendaye, qui peut accueillir une dizaine de milliers de personnes. C'est le chiffre que les organisateurs espèrent rassembler au contre-sommet.

"Nous représentons les 99%", par opposition aux 1% les plus riches, explique Sébastien Bailleul, un organisateur. Il juge que "c'est déjà une victoire d'être ici" pour des mouvements aussi divers dont le point commun est de vouloir une "transformation sociale radicale".

Avant le premier des quelque 100 débats et ateliers prévus, Olivier Besancenot (Nouveau parti anticapitaliste, France) dénonce devant des journalistes "un ordre mondial incarné de manière caricaturale par une espèce de directoire autoritaire qui décide pour la majorité de l'humanité et emmène la planète dans le mur".

"On n'en veut pas de ce monde où 26 milliardaires possèdent plus que 3,7 milliards de personnes !", tonne cet ancien candidat à l'élection présidentielle.

Tandis que 13.200 gendarmes et policiers sécurisent l'événement, M. Besancenot accuse le président Macron de faire le "même pari" au G7 que pendant la crise des "gilets jaunes" : "chercher à faire une démonstration de force pour assurer son autorité".

"Pour se perpétuer, ce système néo-libéral a besoin de toujours plus de répression", tranche son homologue de La France Insoumise Eric Coquerel.

Les organisateurs répètent à l'envi qu'ils prônent la non-violence. "Si violence il y a dans nos rangs, on saura le gérer, assure M. Bailleul. Mais si d'autres violences ont lieu, on rejettera la faute sur l'Etat qui, depuis des mois, montre que sa gestion des manifestations n'est pas proportionnée".

Ces derniers jours, de petits groupes principalement antifascistes et anarchistes ont quitté la plateforme officielle du contre-sommet, la jugeant trop contrôlée par l'Etat, pour s'exprimer en dehors de ce cadre et la présence de "black blocs" n'est pas exclue.