La tension monte d'un cran à Paris : Tentative d'attaque du Drugstore Publicis sur les Champs-Elysées

08/12/18 à 11:04 - Mise à jour à 15:38

Source: Belga

Des manifestants, certains vêtus de "gilets jaunes", ont tenté samedi d'incendier la façade du Drugstore Publicis situé en haut des Champs-Elysées à Paris, où les tensions montaient d'un cran.

La tension monte d'un cran à Paris : Tentative d'attaque du Drugstore Publicis sur les Champs-Elysées

© AFP

Des manifestants ont incendié des sapins qu'ils ont placés contre la façade dont plusieurs protections en bois ont été arrachées. Quelques-uns sont rentrés dans le Drugstore avant que les forces de l'ordre ne repoussent quelques dizaines de manifestants à l'aide de grenades lacrymogènes. Une jeune femme blessée à la tête en face du Drugstore a été évacuée.

31.000 manifestants en France, 700 interpellations

Quelque 31.000 "gilets jaunes" manifestaient samedi à la mi-journée en France pour la quatrième grande journée d'action qui a déjà donné lieu à plus de 700 interpellations dont 575 à Paris, selon le secrétaire d'Etat à l'Intérieur Laurent Nuñez.

"Au niveau national, avec les Parisiens, nous sommes à plus de 700 interpellations pour une participation au mouvement à la mi-journée qui est de 31.000 personnes sur le territoire national dont 8.000 à Paris", a-t-il expliqué sur France 2. Des chiffres sensiblement similaires à ceux du samedi 1er décembre.

Vers 10H25, les forces de l'ordre ont tiré de nombreuses grenades lacrymogènes en direction des manifestants pour les faire reculer, dans une rue perpendiculaire aux Champs-Elysées, près de l'arc de Triomphe. Certains ont répliqué en lançant des projectiles et des pétards. Environ 1.500 personnes manifestaient en milieu de matinée sur la célèbre avenue, d'après la préfecture de police.

Nombreux blocages sur les routes et autoroutes en France

Echangeurs bloqués, déviations, sorties obligatoires : le réseau routier et autoroutier français connaissait de nombreux points de perturbations marquant samedi l'acte IV de la mobilisation des "gilets jaunes".

Sur l'A6, au niveau de Villefranche-sur-Saône, l'autoroute était coupée dans les deux sens, et ce depuis 4H30, selon un porte-parole d'Autoroutes Paris-Rhin-Rhône (APRR).

L'A10 était coupée dans le sens Bordeaux-Paris, après une action des "gilets jaunes" durant la nuit de vendredi à samedi, selon la préfecture de Gironde et Vinci Autoroutes. Une centaine de manifestants ont mis le feu à des palettes et des pneus de minuit à 4h00 du matin à hauteur de Saint-André-de-Cubzac, au nord de Bordeaux. Des déviations ont été mises en place.

Sur l'A10 toujours, entrées et sorties de Châtellerault nord dans la Vienne étaient aussi fermées.

En Nouvelle-Aquitaine encore, à Agen, la circulation était bloquée à la barrière de péage de l'A62. En Charente-Maritime, une opération "péage gratuit" était en cours à Tonnay-Charente et à Limoges, une des sorties de l'A20 était bloquée.

Vers 10h30, le réseau Vinci recensait également de nombreux points bloqués par les "gilets jaunes" dans toute la France.

Sur l'A7, des accès étaient interdits notamment aux niveaux de Montélimar, Bollène et Orange tandis que sur l'A9, l'échangeur était fermé dans les deux sens à Narbonne Sud.

Le réseau relevait aussi des opérations de filtrage sur la Côte d'Azur, notamment toujours aux péages de Bandol et de la Ciotat sur l'A50.

Au total, Vinci recensait "de fortes perturbations" et "des opérations de filtrage" sur plus d'une vingtaine d'autoroutes de son réseau, la circulation étant parfois impactée par des rassemblements de "gilets jaunes" à proximité des échangeurs.

Périphérique parisien coupé par des "gilets jaunes"

Quelques centaines de "gilets jaunes" ont envahi samedi le périphérique parisien à proximité de la Porte Maillot, bloquant la circulation à deux reprises en fin de matinée.

Après quelques minutes de blocage, ils ont été repoussés par les forces de l'ordre dans une ambiance calme.

L'un des initiateurs de la contestation, Eric Drouet, qui avait appelé à "rentrer" dans l'Elysée samedi et est à ce titre visé par une enquête, avait finalement appelé à se rendre sur le périphérique parisien.

"On bloque le périph pour se distinguer des casseurs. Sur le périph, il n'y a rien à casser. Notre intention, c'est de nous faire entendre, pas de casser", a expliqué à l'AFP Laetitia Dewalle, porte-parole du Val d'Oise. "Voyez, c'est bon enfant, ça chante, il y a des drapeaux".

C'est la quatrième grande journée de manifestation des "gilets jaunes", qui protestent au départ contre la hausse des taxes sur les carburants mais ont élargi au pouvoir d'achat leur revendication.

Partout dans l'Hexagone, des mesures de sécurité exceptionnelles ont été prises, notamment dans la capitale où les scènes de guérilla urbaine du week-end dernier ont stupéfié en France et à l'étranger. 89.000 membres des forces de l'ordre sont mobilisés, dont 8.000 à Paris.

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