COÛT DE LA RESTAURATION : les chiffres varient selon les techniques, traditionnelles ou nouvelles, qui pourront être utilisées. Ils atteindront de toute façon plusieurs centaines de millions d'euros, estiment les experts, mais l'élan de solidarité devrait couvrir ce budget. "Cette fois-là, ce n'est pas l'argent qui va manquer", a résumé le "Monsieur Patrimoine" de la présidence française, Stéphane Bern, alors que tant de chefs d'oeuvre en péril ont du mal à trouver des financements.

DÉLAIS : les pronostics sont très variables. Il faudra "dix à vingt ans minimum", selon M. Bern, en commençant par l'évaluation des dommages, les arbitrages à prendre sur des manières de procéder, les appels d'offre. Les travaux préparatoires, d'assainissement, de consolidation, de séchage prendront également du temps. Une fois les arbitrages pris, les entreprises compétentes qui disposent des savoir-faire nécessaires pourront mener la restauration relativement vite, selon les experts. Mais l'ancien ministre de la Culture Jack Lang s'insurge: "Il faut se donner un délai court, comme on l'a fait dans le passé pour des chantiers d'exception", "se donner, non pas dix ans, quinze ans, mais trois ans", a-t-il dit à l'AFP.

ASSURANCE : La discussion pourrait être longue au plan des assurances. Quelle est l'origine du sinistre, qui doit en assumer la responsabilité ?...

RÉOUVERTURE AUX VISITEURS : l'intérieur de la cathédrale va pouvoir rouvrir aux visiteurs. Sans doute assez vite. Il faut évidemment procéder d'abord à la vérification de la solidité des voûtes. Autorités, ministère et évêché souhaitent rouvrir la cathédrale au culte et aux touristes dans un délai raisonnable.

VOÛTES : Des expertises longues et minutieuses devront déterminer si les voûtes ont été ébranlées par deux chocs thermiques successifs, provoqués par le feu et ensuite par l'eau qui a saturé les poutres.

CHARPENTE : Les magnifiques charpentes, notamment du choeur et de la nef, avec leur densité de traces historiques depuis le XIIe siècle, sont perdues pour toujours. Pour les historiens de l'architecture, leur perte est celle, considérable, d'un patrimoine racontant une histoire et un savoir-faire d'artisans, parfois de père en fils. De nombreux architectes souhaitent que ces charpentes en chêne soient refaites dans les règles de l'art et le respect de savoirs ancestraux. D'autres plaident pour une reconstruction plus rapide, avec des structures métalliques ou de béton. La filière bois faisait elle assaut de propositions au lendemain du sinistre tandis que l'assureur Groupama, propriétaire terrien, offrait les 1.300 chênes centenaires nécessaires à une reconstruction à l'identique, prélevés dans ses forêts normandes, dans le nord-ouest du pays.

Composée d'un enchevêtrement de poutres massives de dimensions impressionnantes, plusieurs fois rénovée depuis le XIIe siècle, la charpente de Notre-Dame était constituée de chênes âgés déjà de 100 à 150 ans au moment de la construction, a expliqué un professionnel du secteur bois. Pour être utilisé pour la reconstruction, les chênes devront avoir été plantés au plus tard au XIXe siècle. "La matière première est la même qu'il y a mille ans. (...) Notre sylviculture est la même: on n'utilise pas d'engrais ni de produits phytosanitaires", dit Jean-Étienne Rime, président de Fransylva, une fondation regroupant les 3,5 millions de propriétaires privés de forêts en France.

FLÈCHE : la reconstitution de la flèche, d'assez petite taille, ne devrait pas poser de problèmes. Elle avait déjà été reconstituée par Eugène Viollet-Le-Duc au XIXe siècle.

Il va falloir prévoir des échafaudages géants et complexes. Et aussi probablement placer au dessus de la cathédrale un parapluie géant pour que les combles sèchent. Puis les bois devront être enlevés, avec prudence, pour éviter tout déséquilibre. Commencera ensuite une longue phase de séchage. S'il fallait étayer les voûtes qui s'élèvent à 33 mètres, ce serait complexe en termes d'échafaudages.