L'Autriche pionnière

La " loi islam " de 2015 a augmenté les droits des musulmans autrichiens : jours de congé pour les fêtes religieuses, cimetières spécifiques, aumôniers (armée, hôpitaux, maisons de retraite, prisons) et respect des prescriptions alimentaires et de certaines pratiques rituelles (la circoncision des garçons, l'abattage rituel des animaux). En contrepartie, les associations musulmanes doivent adopter " une approche positive envers la société et l'Etat ". Les imams doivent être formés sur place et maîtriser l'allemand. Une faculté de théologie musulmane a été ouverte à l'université de Vienne. Le rôle officiel de la principale fédération musulmane autrichienne (IGGiÖ), de 1979, est renforcé. Autre nouveauté : les frais de fonctionnement des institutions confessionnelles et les salaires des imams ne peuvent plus être pris en charge par des pays étrangers, au grand mécontentement de la Turquie, qui salarie 20 % des imams de ce pays de 8,7 millions d'habitants, dont 500 000 à 700 000 musulmans. Cette interdiction dont sont exemptés les mormons et les grecs orthodoxes a suscité des critiques, de même que le rappel de la primauté du droit autrichien sur les prescriptions religieuses. Un principe qui figurait déjà dans la loi de 1912 reconnaissant l...