Cette approche reposant sur trois socles est développée dans un document consulté par la DPA, l'agence de presse allemande. Elle prévoit que :

  1. la Banque européenne d'investissement (BEI) crée un fonds de garantie pour aider les PME en difficulté de liquidités grâce à des prêts allant jusqu'à 50 milliards d'euros. Les États membres auraient à compléter ce fonds de garantie, à côté du financement provenant du budget de l'UE.
  2. le Mécanisme européen de stabilité (MES), fonds de sauvetage de la zone euro, pourrait accorder une ligne de crédit pouvant atteindre 2% du produit intérieur brut (PIB) d'un État.
  3. les États membres approuveraient l'instrument de prêt pouvant aller jusqu'à 100 milliards d'euros tel que l'a proposé la Commission européenne. Il s'agit de créer un instrument pour garantir les plans nationaux de chômage partiel, renforcés ou créés en raison de l'épidémie.

Les discussions des dernières semaines ont exacerbé la fracture entre les pays du Nord, plus riches et aux finances plus saines, et ceux du Sud, accusés d'être laxistes et par ailleurs particulièrement touchés par le virus. Mardi, l'objectif des ministres des Finances sera de présenter une riposte d'envergure, qui viendrait s'ajouter aux mesures déjà entérinées: la suspension des règles de discipline budgétaires et l'assouplissement de la réglementation sur les aides d'État.

Concernant le MES, les bénéficiaires doivent, théoriquement, mettre en oeuvre des réformes, parfois douloureuses, comme ce fut le cas pour la Grèce, en contrepartie des crédits consentis le MES, doté d'une force de frappe de 410 milliards d'euros. Mais les États membres pourraient atténuer cette "conditionnalité" étant donné la spécificité de la crise. C'est d'ailleurs en ce sens que s'est exprimé vendredi le ministre allemand des Finances Olaf Scholz. A ses yeux, un déploiement du MES pour soutenir les finances des Etats européens face à la pandémie du coronavirus se ferait "sans conditions insensées". "Il n'y aura pas de conditions insensées comme par le passé. Aucune Troika ne viendra dans les pays pour dire aux gouvernements quelle politique ils doivent mener", a-t-il ajouté en référence aux plans de sauvetage de la Grèce lors de la crise de la dette.

L'Italie, l'Espagne, la France, la Belgique et d'autres pays de la zone euro souhaitent la création d'un "instrument" pour un emprunt commun aux 19 pays ayant adopté la monnaie unique. Ce pourrait être des obligations - parfois surnommées "corona bonds" - qui mutualiseraient les dettes des pays membres de la zone euro pour répondre aux problèmes économiques engendrés par le coronavirus. Un tel instrument de solidarité briserait un tabou dans l'UE, où les États membres dont la dette est jugée la plus sûre, Allemagne en tête, ont toujours refusé de mutualiser le risque au bénéfice des pays jugés moins vertueux, comme l'Italie.

La France a proposé un fonds financé par de la dette commune aux 27, pour une durée limitée à cinq ou dix ans, qui complèterait le budget de l'UE et serait géré par la Commission. Fortement opposés à cette idée, les Pays-Bas proposent pour leur part un fonds d'urgence allant jusqu'à 20 milliards d'euros, alimenté par les États membres qui en ont les moyens, pour soutenir les structures sanitaires, mais sans capacité d'emprunt.

Cette approche reposant sur trois socles est développée dans un document consulté par la DPA, l'agence de presse allemande. Elle prévoit que : Les discussions des dernières semaines ont exacerbé la fracture entre les pays du Nord, plus riches et aux finances plus saines, et ceux du Sud, accusés d'être laxistes et par ailleurs particulièrement touchés par le virus. Mardi, l'objectif des ministres des Finances sera de présenter une riposte d'envergure, qui viendrait s'ajouter aux mesures déjà entérinées: la suspension des règles de discipline budgétaires et l'assouplissement de la réglementation sur les aides d'État.Concernant le MES, les bénéficiaires doivent, théoriquement, mettre en oeuvre des réformes, parfois douloureuses, comme ce fut le cas pour la Grèce, en contrepartie des crédits consentis le MES, doté d'une force de frappe de 410 milliards d'euros. Mais les États membres pourraient atténuer cette "conditionnalité" étant donné la spécificité de la crise. C'est d'ailleurs en ce sens que s'est exprimé vendredi le ministre allemand des Finances Olaf Scholz. A ses yeux, un déploiement du MES pour soutenir les finances des Etats européens face à la pandémie du coronavirus se ferait "sans conditions insensées". "Il n'y aura pas de conditions insensées comme par le passé. Aucune Troika ne viendra dans les pays pour dire aux gouvernements quelle politique ils doivent mener", a-t-il ajouté en référence aux plans de sauvetage de la Grèce lors de la crise de la dette.L'Italie, l'Espagne, la France, la Belgique et d'autres pays de la zone euro souhaitent la création d'un "instrument" pour un emprunt commun aux 19 pays ayant adopté la monnaie unique. Ce pourrait être des obligations - parfois surnommées "corona bonds" - qui mutualiseraient les dettes des pays membres de la zone euro pour répondre aux problèmes économiques engendrés par le coronavirus. Un tel instrument de solidarité briserait un tabou dans l'UE, où les États membres dont la dette est jugée la plus sûre, Allemagne en tête, ont toujours refusé de mutualiser le risque au bénéfice des pays jugés moins vertueux, comme l'Italie. La France a proposé un fonds financé par de la dette commune aux 27, pour une durée limitée à cinq ou dix ans, qui complèterait le budget de l'UE et serait géré par la Commission. Fortement opposés à cette idée, les Pays-Bas proposent pour leur part un fonds d'urgence allant jusqu'à 20 milliards d'euros, alimenté par les États membres qui en ont les moyens, pour soutenir les structures sanitaires, mais sans capacité d'emprunt.