"L'antisémitisme est un crime et nous le combattrons, à Westhoffen comme partout, jusqu'à ce que nos morts puissent dormir en paix", a tweeté le président Emmanuel Macron dans la soirée. "Les Juifs sont et font la France.

Ceux qui s'attaquent à eux, jusque dans leurs tombes, ne sont pas dignes de l'idée que nous avons de la France", a poursuivi le chef de l'Etat. Selon le président du consistoire israélite du Bas-Rhin, Maurice Dahan, le cimetière compte environ 700 tombes, dont 107 ont été profanées.

Ce cimetière accueille plusieurs sépultures des familles de l'ancien président du Conseil Léon Blum et de l'ex-président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré.

Exprimant sa "colère devant ces gestes ignobles, scandaleux et révoltants", ce dernier a déploré "une insulte à la mémoire, une insulte à ces femmes et à ces hommes qui ont honoré la France et sont enterrés à Westhoffen". Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner est attendu sur place en fin de matinée mercredi pour une "cérémonie de recueillement".

Le parquet de Saverne a indiqué à l'AFP avoir ouvert une enquête préliminaire confiée à une "cellule spéciale" de la gendarmerie. Le nombre "14", considéré comme un symbole suprémaciste blanc, a par ailleurs été retrouvé sur l'une des tombes, a-t-on précisé de même source. La profanation a suscité une cascade de réactions indignées. Le Premier ministre Edouard Philippe a exprimé sur Twitter sa "révolte et de son "dégoût" et Christophe Castaner a dénoncé "des actes abjects et répugnants".

Le Grand Rabbin de France, Haïm Korsia, s'est dit dans un tweet "scandalisé et horrifié" tandis que le vice-président du Conseil représentatif des instituions juives (Crif), Gil Taieb, a dénoncé la "haine anti-juive". Fait étrange, Westhoffen a été évoqué à deux reprises, à plusieurs jours d'intervalles, dans des tags antisémites: ce sont de tels tags trouvés mardi matin à Schaffhouse-sur-Zorn, selon la préfecture, qui ont conduit les gendarmes à se rendre à Westhoffen où ils ont découvert la profanation.

Déjà le 26 novembre, d'autres tags antisémites avaient été découverts sur les murs de la mairie-école de Rohr, à une quinzaine de kilomètres de Westhoffen. Selon Maurice Dahan, ils indiquaient "cim juif westofen" (sic). L'Alsace est confrontée, depuis plusieurs mois, à une recrudescence de graffitis et dégradations à caractère antisémite et/ou raciste.