Dominée par les problèmes d'approvisionnements en vaccins, cette réunion par visioconférence a aussi été l'occasion d'un court échange avec le président américain Joe Biden, symbole fort du renouveau de la relation transatlantique après les années Trump.

La rencontre s'est tenue dans un contexte politique tendu: la troisième vague de la pandémie a conduit plusieurs pays, dont la France et l'Allemagne, à durcir à nouveau les restrictions imposées à la population, et les campagnes de vaccination sont à la peine.

Critiquée pour sa stratégie et soucieuse d'améliorer l'accès aux précieux flacons, Bruxelles a décidé de muscler son jeu, notamment face au Royaume-Uni -- premier destinataire des doses exportées par l'UE.

La Commission européenne a donc renforcé mercredi son mécanisme de contrôle des exportations, afin de les restreindre drastiquement vers les pays qui en produisent eux-mêmes ou dont la population est déjà largement vaccinée.

"Fin de la naïveté"

Le laboratoire suédo-britannique AstraZeneca, qui n'a livré aux Vingt-Sept que 30 des 120 millions de doses promises au 1er trimestre, "devra d'abord rattraper son retard" et honorer son contrat avant de pouvoir exporter hors du continent, a prévenu jeudi Ursula von der Leyen, la présidente de l'exécutif européen.

Le durcissement du mécanisme de contrôle a déclenché l'ire du Royaume-Uni -- même si Londres et Bruxelles se sont engagés à trouver une solution et pourraient parvenir à un accord dès samedi, croit savoir le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, dont le pays héberge une usine produisant le vaccin AstraZeneca et dont les débouchés sont au coeur des pourparlers.

L'UE a exporté depuis décembre quelque 21 millions de doses au Royaume-Uni, selon des chiffres de la Commission, soit les deux tiers de celles administrées à ce jour aux Britanniques, sans que les Vingt-Sept ne reçoivent en retour le moindre vaccin fabriqué dans les usines d'outre-Manche.

Le contrôle des exportations, un moyen de pression comparé à un "pistolet chargé sous la table" par une source européenne, est soutenu par plusieurs pays dont l'Italie et la France.

C'est "la fin de la naïveté", a jugé le président français Emmanuel Macron devant la presse. "Nous devons bloquer toutes les exportations aussi longtemps que des laboratoires ne respectent pas leurs engagements avec des Européens", a-t-il soutenu.

Certaines capitales sont beaucoup plus réservées: "Nous avons toute confiance dans l'action de la Commission" mais il est "souhaitable que les chaînes d'approvisionnement ne soient pas remises en question", dans un secteur pharmaceutique mondialisé, a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel.

"Efforts intensifiés"

Une préoccupation partagée par la Belgique et les Pays-Bas, terres de nombreux sites de production pharmaceutique. "Je ne suis pas certain que cela nous aidera à obtenir davantage de vaccins", a commenté Mark Rutte, tout en reconnaissant l'utilité de cet outil.

Au total, l'UE a exporté depuis décembre quelque 77 millions de doses vers 33 pays, sans compter les contributions à l'initiative internationale Covax en faveur des pays défavorisés. Et 88 millions de doses sont restées dans l'UE pour approvisionner les Etats membres.

Les Vingt-Sept soulignent qu'"accélérer la production, les livraisons et le déploiement des vaccins reste essentiel et urgent pour surmonter la crise", et que "les efforts doivent être intensifiés" dans leur déclaration finale du sommet qui s'est achevé dans la nuit de jeudi.

L'UE s'est fixé comme objectif de vacciner 70% de sa population adulte d'ici la fin de l'été. Un objectif réaffirmé par Ursula von der Leyen, qui table sur une nette augmentation de la production comme des livraisons dans les prochaines semaines.

Autre question sensible, la répartition des vaccins au sein des Vingt-Sept: six pays, dont l'Autriche, qui s'estiment lésés, ont demandé une correction du système de répartition. L'UE est prête à chercher une solution pour aider les pays les plus en difficulté comme la Bulgarie, la Lettonie et la Croatie, mais cela ne concerne pas l'Autriche, qui "n'est pas en mauvaise posture pour le moment" dans ses vaccinations, selon Mark Rutte.

"L'Amérique de retour"

Dans la soirée, le président américain Joe Biden s'est joint à la réunion virtuelle, peu après sa première conférence de presse à la Maison Blanche, lors de laquelle il a annoncé doubler son objectif de vaccinations contre le Covid-19 pour ses 100 premiers jours.

"L'Amérique est de retour. Nous sommes heureux que vous soyez de retour", a déclaré le président du Conseil Charles Michel en accueillant le responsable démocrate, appelant à "un nouvel état d'esprit transatlantique".

La dernière participation d'un président américain à une réunion des chefs d'Etat et de gouvernement européens remonte à 2009, quand Barack Obama avait participé à un sommet UE-Etats-Unis.

Charles Michel a tweeté :

Dominée par les problèmes d'approvisionnements en vaccins, cette réunion par visioconférence a aussi été l'occasion d'un court échange avec le président américain Joe Biden, symbole fort du renouveau de la relation transatlantique après les années Trump.La rencontre s'est tenue dans un contexte politique tendu: la troisième vague de la pandémie a conduit plusieurs pays, dont la France et l'Allemagne, à durcir à nouveau les restrictions imposées à la population, et les campagnes de vaccination sont à la peine.Critiquée pour sa stratégie et soucieuse d'améliorer l'accès aux précieux flacons, Bruxelles a décidé de muscler son jeu, notamment face au Royaume-Uni -- premier destinataire des doses exportées par l'UE.La Commission européenne a donc renforcé mercredi son mécanisme de contrôle des exportations, afin de les restreindre drastiquement vers les pays qui en produisent eux-mêmes ou dont la population est déjà largement vaccinée.Le laboratoire suédo-britannique AstraZeneca, qui n'a livré aux Vingt-Sept que 30 des 120 millions de doses promises au 1er trimestre, "devra d'abord rattraper son retard" et honorer son contrat avant de pouvoir exporter hors du continent, a prévenu jeudi Ursula von der Leyen, la présidente de l'exécutif européen.Le durcissement du mécanisme de contrôle a déclenché l'ire du Royaume-Uni -- même si Londres et Bruxelles se sont engagés à trouver une solution et pourraient parvenir à un accord dès samedi, croit savoir le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, dont le pays héberge une usine produisant le vaccin AstraZeneca et dont les débouchés sont au coeur des pourparlers.L'UE a exporté depuis décembre quelque 21 millions de doses au Royaume-Uni, selon des chiffres de la Commission, soit les deux tiers de celles administrées à ce jour aux Britanniques, sans que les Vingt-Sept ne reçoivent en retour le moindre vaccin fabriqué dans les usines d'outre-Manche.Le contrôle des exportations, un moyen de pression comparé à un "pistolet chargé sous la table" par une source européenne, est soutenu par plusieurs pays dont l'Italie et la France.C'est "la fin de la naïveté", a jugé le président français Emmanuel Macron devant la presse. "Nous devons bloquer toutes les exportations aussi longtemps que des laboratoires ne respectent pas leurs engagements avec des Européens", a-t-il soutenu.Certaines capitales sont beaucoup plus réservées: "Nous avons toute confiance dans l'action de la Commission" mais il est "souhaitable que les chaînes d'approvisionnement ne soient pas remises en question", dans un secteur pharmaceutique mondialisé, a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel.Une préoccupation partagée par la Belgique et les Pays-Bas, terres de nombreux sites de production pharmaceutique. "Je ne suis pas certain que cela nous aidera à obtenir davantage de vaccins", a commenté Mark Rutte, tout en reconnaissant l'utilité de cet outil.Au total, l'UE a exporté depuis décembre quelque 77 millions de doses vers 33 pays, sans compter les contributions à l'initiative internationale Covax en faveur des pays défavorisés. Et 88 millions de doses sont restées dans l'UE pour approvisionner les Etats membres.Les Vingt-Sept soulignent qu'"accélérer la production, les livraisons et le déploiement des vaccins reste essentiel et urgent pour surmonter la crise", et que "les efforts doivent être intensifiés" dans leur déclaration finale du sommet qui s'est achevé dans la nuit de jeudi.L'UE s'est fixé comme objectif de vacciner 70% de sa population adulte d'ici la fin de l'été. Un objectif réaffirmé par Ursula von der Leyen, qui table sur une nette augmentation de la production comme des livraisons dans les prochaines semaines.Autre question sensible, la répartition des vaccins au sein des Vingt-Sept: six pays, dont l'Autriche, qui s'estiment lésés, ont demandé une correction du système de répartition. L'UE est prête à chercher une solution pour aider les pays les plus en difficulté comme la Bulgarie, la Lettonie et la Croatie, mais cela ne concerne pas l'Autriche, qui "n'est pas en mauvaise posture pour le moment" dans ses vaccinations, selon Mark Rutte.Dans la soirée, le président américain Joe Biden s'est joint à la réunion virtuelle, peu après sa première conférence de presse à la Maison Blanche, lors de laquelle il a annoncé doubler son objectif de vaccinations contre le Covid-19 pour ses 100 premiers jours."L'Amérique est de retour. Nous sommes heureux que vous soyez de retour", a déclaré le président du Conseil Charles Michel en accueillant le responsable démocrate, appelant à "un nouvel état d'esprit transatlantique".La dernière participation d'un président américain à une réunion des chefs d'Etat et de gouvernement européens remonte à 2009, quand Barack Obama avait participé à un sommet UE-Etats-Unis.Charles Michel a tweeté :