Avant de se mettre au travail, il rejoint souvent le jardin avec ses arbres, ses buissons et ses fleurs qu'il coupe, taille, cueille, redessinant ainsi sans cesse cet espace de nature dont il multiplie les points de vue. Puis, il entre car "quand on est artiste, dit-il, on a des obsessions et on se calme en réalisant des oeuvres." Ses brosses et ses pinceaux sont bien rangés comme la marmite qui bientôt va chantonner sous le feu doux en mêlant les pigments à la cire d'abeille. Ainsi se répandra-t-il une odeur qui lui rappelle les artisans béninois du batik qui ont enchanté son enfance africaine. Libre. Là, il est libre. Et seul, face au mur vide qui devient cette fois, le sujet de la toile à venir.

Cela fait plus de vingt ans qu'il explore et réinvente les possibles de la peinture à l'encaustique en ajoutant à la patience du pinceau, les désobéissances du dripping en une suite d'opérations d'écrasements, de projections, de grattages et de floutages au fer chaud. Cette toile en porte une fois encore témoignage.

Si, prendre pour sujet, son propre atelier, est courant chez les peintres, il est le plus fréquemment associé à un autoportrait de l'artiste au travail avec ou sans modèle devant lui. Mais en 1666, dans cette formule, Vermeer en titrant son tableau, "L'art de la peinture", suggère comme l'écrira plus tard le peintre matiériste Eugène Leroy que "le sujet d'un tableau n'est qu'un fantôme, l'ombre de la peinture." Or c'est bien à cela que nous convie la toile de Philippe Cognée : "la peinture confiait-il est un mur auquel on se confronte." Un mur dont l'acte de peindre, peu à peu, révèle les bonnes résonnances telluriques que le peintre ressent quand, dans son jardin, il fixe le lever du soleil. Un mur du fond comme l'indique le titre. Un mur de beauté.

Bruxelles, Galerie Templon, 13A rue Veydt. Jusqu'au23 octobre. Du mardi au samedi de 11h à 18h. www.templon.com

Avant de se mettre au travail, il rejoint souvent le jardin avec ses arbres, ses buissons et ses fleurs qu'il coupe, taille, cueille, redessinant ainsi sans cesse cet espace de nature dont il multiplie les points de vue. Puis, il entre car "quand on est artiste, dit-il, on a des obsessions et on se calme en réalisant des oeuvres." Ses brosses et ses pinceaux sont bien rangés comme la marmite qui bientôt va chantonner sous le feu doux en mêlant les pigments à la cire d'abeille. Ainsi se répandra-t-il une odeur qui lui rappelle les artisans béninois du batik qui ont enchanté son enfance africaine. Libre. Là, il est libre. Et seul, face au mur vide qui devient cette fois, le sujet de la toile à venir. Cela fait plus de vingt ans qu'il explore et réinvente les possibles de la peinture à l'encaustique en ajoutant à la patience du pinceau, les désobéissances du dripping en une suite d'opérations d'écrasements, de projections, de grattages et de floutages au fer chaud. Cette toile en porte une fois encore témoignage. Si, prendre pour sujet, son propre atelier, est courant chez les peintres, il est le plus fréquemment associé à un autoportrait de l'artiste au travail avec ou sans modèle devant lui. Mais en 1666, dans cette formule, Vermeer en titrant son tableau, "L'art de la peinture", suggère comme l'écrira plus tard le peintre matiériste Eugène Leroy que "le sujet d'un tableau n'est qu'un fantôme, l'ombre de la peinture." Or c'est bien à cela que nous convie la toile de Philippe Cognée : "la peinture confiait-il est un mur auquel on se confronte." Un mur dont l'acte de peindre, peu à peu, révèle les bonnes résonnances telluriques que le peintre ressent quand, dans son jardin, il fixe le lever du soleil. Un mur du fond comme l'indique le titre. Un mur de beauté.