En plein étirement, une quinzaine de footballeurs islandais ponctuent leur entraînement par quelques rictus à destination d'Afríka, l'équipe colocataire du terrain synthétique de Leiknir, en banlieue de Reykjavik. Khalid, Ali, Ronald, Mohammed et leurs coéquipiers ont en effet pas mal de difficultés à s'échanger le ballon correctement. Originaires du Maroc, d'Irak, du Chili, d'Ethiopie, ils font partie des 12 % d'immigrés d'Islande. Au début du siècle, ils ne représentaient que 2 % de la population, mais celle-ci s'est notamment mobilisée pour inciter le gouvernement à augmenter le nombre de bénéficiaires d'un droit d'asile. L'Islande, qui affronte la Belgique, ce 15 novembre, en Ligue des nations, cet élève modèle ? " Lors d'un match, tout le monde est contre nous : les adversaires, l'arbitre et les spectateurs. Les Islandais veulent montrer qu'ils sont chez eux et qu'ils maîtrisent mieux le foot ", contrecarre le coach d'Afríka, Zakaria Anbari, qui brave la bise islandaise vêtu d'un simple K-Way. " C'est pareil dans la vie de tous les jours ", abonde Gregor, un milieu de terrain polonais. " Les Islandais sont égoïstes, ils pensent à leur propre développement et se foutent de savoir si vous les comprenez ou non. " L'Islande, ce cancre dissimulé ? La réponse est manifestement entre les deux positions.
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