En 2020, une enquête démographique de grande ampleur réalisée par l'Institute for Jewish Policy Research a révélé que la proportion de Juifs dans la population européenne est aussi faible aujourd'hui qu'il y a 1 000 ans. Et elle diminue encore...
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En 2020, une enquête démographique de grande ampleur réalisée par l'Institute for Jewish Policy Research a révélé que la proportion de Juifs dans la population européenne est aussi faible aujourd'hui qu'il y a 1 000 ans. Et elle diminue encore...Les chercheurs ont tenté de retracer l'histoire des populations juives dans les pays européens, en chiffres. Car les " Juifs ont, non seulement, fait partie intégrante de l'Histoire et de la culture européennes, mais sont en fait l'un de ses groupes les plus anciens ", peut-on lire dans le rapport."Cependant, tout au long de l'histoire, la faiblesse inhérente d'une minorité sans terre et sans pouvoir vis-à-vis des sociétés basées sur un territoire et de leurs pouvoirs constitués a souvent mis le peuple juif dans une condition de dépendance et d'instabilité, et s'est traduite par d'importantes variations de la présence juive".Dans le graphique suivant : on constate qu'entre 1939 et 2020, la population juive d'Europe est passée de 9 500 000 personnes à 1 329 000, soit une baisse de 58,9%.Ce déclin, on le doit non seulement à l'effondrement de l'Union soviétique et l'ouverture des frontières, mais aussi au génocide du peuple juif durant la Seconde Guerre mondiale.Suite à la chute du Rideau de fer, plus de 1,5 million de Juifs ont émigré, entraînant " un déplacement drastique du centre de gravité de la population juive de l'est vers l'ouest du continent ". La majeure partie de cette baisse globale s'est en effet produite en Europe de l'Est, où la part de la population globale totale est passée de 26% en 1945 à 2% en 2020.Sans l'impact de la Shoah, la démographie du judaïsme européen aurait sans doute été "totalement différente", a déclaré le démographe italo-israélien, M. Della Pergola, à la Jewish Telegraphic Agency. "Mais c'était il y a 75 ans, et certaines tendances que nous constatons aujourd'hui, qui sont à l'origine du déclin, n'ont pas grand-chose à voir avec le génocide ", a-t-il ajouté.Parmi les tendances que nous constatons aujourd'hui, on peut par exemple noter l'augmentation du nombre de mariages mixtes et la baisse de la natalité des couples juifs. Les mariages mixtes ont été "un facteur important de l'érosion de la taille de la population juive", car les enfants de ces familles ne sont souvent pas élevés comme juifs.Au final, "la combinaison de ces deux facteurs crée une situation où la capacité de reproduction de nombreuses populations juives européennes est faible et propice à un déclin numérique futur ", indique le rapport.C'est d'ailleurs en Pologne que les taux de mariages mixtes sont les plus importants, avec une proportion équivalente à 76 %. En Belgique, par contre, les taux de mariages mixtes sont les plus faibles : on estime que seulement 14 % des Juifs sont mariés à des non-Juifs.Un déclin généralisé ? Pas nécessairement. Les populations juives de Belgique, d'Autriche, du Royaume-Uni et de Suisse "pourraient être en augmentation, ou du moins ne pas décliner", selon le rapport.Malgré ces quelques cas, cette restructuration du judaïsme européen marquée par une tendance à la baisse n'est pas susceptible de s'inverser, conclut le rapport. La montée de l'extrême droite en Europe et la peur de l'antisémitisme ont certainement leur rôle à jouer dans ces déplacements de masse de la population juive, et continueront sans doute à modifier le paysage démographique européen.