Au soir du 26 mai dernier, cinq des 28 commissaires européens ont été élus eurodéputés: Frans Timmermans (Pays-Bas), Andrus Ansip (Estonie), Valdis Dombrovskis (Lettonie), Mariya Gabriel (Bulgarie) et Corina Cretu (Roumanie). Au final, seuls M. Ansip et Mme Cretu ont pris leur siège d'eurodéputé. Or, le mandat de la Commission Juncker court jusqu'au 1er novembre prochain et chacun des 28 États membres a le droit d'avoir un commissaire dans l'exécutif européen. Début juin, M. Juncker avait cependant proposé de ne pas procéder aux remplacements. Le travail des commissaires partants serait repris pendant quatre mois par les commissaires restants. Motif: cela coûterait au contribuable européen un million d'euros par commissaire en frais de déménagement et de personnel ainsi que pour la pension de retraite, selon le Luxembourgeois. "Aucun citoyen ne comprendrait que les chefs de gouvernement insistent malgré tout pour les remplacer", insistait-il. C'est pourtant la direction qu'ont prise les Vingt-huit lundi dernier. Le point figurait à l'ordre du jour du Conseil Emploi et les ministres ont confirmé l'absence d'unanimité. L'Estonie et la Roumanie ont déjà annoncé les noms des remplaçants: l'ex-ministre Kadri Simson pour la première, l'ancien eurodéputé Ioan Mircea Pascu pour la seconde. Jeudi, M. Juncker a rencontré ces ceux candidats et a reconnu leurs compétences. Mais le Luxembourgeois a décidé de ne pas leur attribuer de portefeuilles spécifiques, "compte tenu de la brièveté du reste du mandat", a indiqué vendredi la Commission. "Ils prendront part aux activités du collège et pourront participer aux équipes de projet", commente-t-elle. Les compétences de M. Ansip et Mme Cretu ont quant à elles déjà été redistribuées à d'autres commissaires. Ainsi déshabillé, le duo doit à présent se préparer à un échange de vues avec le Parlement. La Conférence des présidents devrait entendre les candidats mardi prochain à Strasbourg. Un vote en plénière pourrait avoir lieu jeudi.