Giuseppe Conte, choisi jeudi pour essayer de former un exécutif, terminera des entrevues étalées sur deux jours, par le PD (Parti démocrate, centre-gauche) et le M5S (antisystème). Il devrait présenter d'ici mardi ou mercredi prochain la composition du gouvernement au président Sergio Mattarella avant de prêter serment.

Outre la répartition des portefeuilles ministériels, plusieurs inconnues demeurent dont l'attribution du poste de vice-Premier ministre, que son actuel titulaire Luigi Di Maio (patron du M5S) voudrait conserver.

Les postes stratégiques de l'Economie et de l'Intérieur sont aussi au coeur des discussions.

Les Cinq Etoiles ont en outre décidé de soumettre l'accord de coalition au vote de leurs militants sur sa plateforme participative "Rousseau". Cette consultation en ligne des 100.000 inscrits devrait se dérouler dans les prochains jours, en tout cas avant le vote de confiance au gouvernement du parlement, selon les médias.

Le ministre l'Intérieur et chef de la Ligue, le souverainiste Matteo Salvini, a décliné l'invitation de M. Conte et envoyé de simples représentants. Pour les mois à venir, son plan de bataille est clair.

Il a lancé un appel, sur Facebook, à manifester le 19 octobre lors d'une "journée d'orgueil italien" et contre le futur gouvernement qu'il a qualifié de "vol de démocratie".

"Vous ne vous débarrasserez pas de moi aussi facilement, je n'ai pas peur de quelques mois, d'une année ou deux d'opposition, nous reviendrons", a promis le dirigeant souverainiste à l'origine de l'éclatement de la coalition qu'il formait depuis 14 mois avec le M5S.

Lors de sa rencontre avec M. Conte, le patron de Forza Italia (droite) et ancien chef du gouvernement Silvio Berlusconi a aussi souhaité des élections législatives anticipées.

"Nous sommes convaincus que pour être une garantie d'efficacité et de stabilité, les gouvernements doivent être formés par des forces politiques homogènes", a-t-il déclaré.

"Il aurait été absolument préférable de redonner la parole aux Italiens", a affirmé l'ancien chef du gouvernement, dont le parti est allié à la ligue dans les exécutifs de plusieurs régions.

L'accord trouvé mercredi entre les Cinq Etoiles et le PD a sorti l'Italie d'une crise politique dans laquelle elle était plongée depuis que Matteo Salvini avait dynamité le 8 août l'alliance avec le M5S.