Les chefs d'Etat ou de gouvernement doivent également faire un point sur les négociations du budget post-Brexit de l'UE, au coeur d'un intense bras de fer entre capitales européennes. Et ils devraient reconduire des sanctions contre la Russie pour l'annexion de la Crimée.

- Migrations -

Dans le dossier hautement inflammable des migrations, les dirigeants européens devraient appeler à "conclure rapidement" les négociations autour de l'Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, le nouveau nom de Frontex.

Le principe de son renforcement est largement accepté, mais l'étendue de ses futures prérogatives inquiète les pays situés aux confins de l'UE, soucieux de préserver leur souveraineté sur la gestion de leurs frontières.

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Plusieurs pays, dont la France et l'Allemagne, doutent par ailleurs de la faisabilité de l'objectif de 10.000 garde-côtes mobilisables dès 2020, fixé par la Commission.

Sur le front de la réforme du système d'asile européen, enlisée depuis plus de deux ans dans une querelle sur l'accueil obligatoire de demandeurs d'asile, aucun progrès n'est attendu lors du sommet. Les dirigeants européens devraient se contenter d'appeler à des "efforts supplémentaires".

- Budget post-Brexit -

Les dirigeants européens devraient se fixer comme objectif d'arriver à un accord politique sur le budget post-Brexit de l'UE d'ici "l'automne 2019", selon un projet de conclusions vu par l'AFP. La Commission voulait y parvenir avant les élections européennes de mai 2019, mais de nombreux pays trouvent ce calendrier irréalisable.

"C'est la première fois que l'on va vraiment parler de la substance de ce budget", a estimé un haut diplomate européen.

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Le projet mis sur la table par la Commission comprend un cocktail d'ingrédients explosifs pour le "cadre financier pluriannuel" qui fixera les plafonds de dépenses entre 2021 et 2027, une période qui sera marquée par la disparition de l'importante contribution britannique.

Pour compenser cette perte et financer de nouveaux besoins, l'exécutif européen propose des coupes dans la politique agricole commune et les fonds de cohésion, et veut établir un lien inédit entre versement des fonds européens et respect de l'Etat de droit.

- Zone euro -

Les dirigeants européens devraient approuver des réformes pour la zone euro, destinées à mieux protéger l'Union monétaire des crises à venir.

Parmi ces avancées, le renforcement des prérogatives du Mécanisme européen de stabilité (MES), le pompier de la zone euro, créé en 2012 en pleine crise de la dette, qui se verra confier le rôle de "prêteur en dernier ressort" pour les banques en difficulté.

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Donald Tusk proposera également que les Etats membres travaillent dans les mois à venir "sur un instrument budgétaire pour la zone euro", une idée chère à Emmanuel Macron.

La question des déficits publics excessifs de l'Italie et de la France n'est pas à l'agenda du sommet, mais pourraient faire l'objet d'échanges informels.

- Relations extérieures -

Les dirigeants européens devraient reconduire pour 6 mois les sanctions économiques et financières adoptées en 2014 après l'annexion jugée illégale de la Crimée par Moscou.

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Des "conclusions" sont également prévues concernant l'arraisonnement fin novembre par la Russie de trois navires de guerre ukrainiens qui tentaient de pénétrer de la mer Noire dans celle d'Azov et l'arrestation de 24 marins à leur bord.

- Désinformation -

Le Conseil européen a prévu d'appeler à la mobilisation contre la désinformation en ligne, à quelques mois des élections européennes.

La semaine passée, la Commission a présenté un plan d'action prévoyant la création d'un "système d'alerte rapide" entre les institutions et les pays de l'UE pour partager leurs données sur des campagnes de diffusion d'informations fausses.

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"Nous avons vu des tentatives d'ingérence dans les élections et les référendums, avec des preuves désignant la Russie comme une source principale de ces campagnes", a mis en garde l'Estonien Andrus Ansip, vice-président de la Commission en charge du marché unique numérique.