Lire également "Comment l'UE veut mettre le climat au coeur de ses priorités"

"Certains disent que le coût de cette transformation est trop élevé, n'oublions jamais ce que le coût de l'inaction serait", a-t-elle déclaré devant le Parlement européen à Bruxelles réuni en session extraordinaire. Ce coût "augmente chaque année". "Les inondations coûtent à nos citoyens plus de 5 milliards par an, chaque année notre économie perd près de 10 milliards d'euros à cause de la sécheresse, et les agriculteurs paient le prix fort", a-t-elle poursuivi. "Et ce n'est que le début. Mais ce n'est pas une fatalité, nous pouvons résister (...) Il est grand temps mais il n'est pas trop tard", a-t-elle dit.

Objectif zéro carbone en 2050

Très attendue, c'est un premier test politique pour l'Allemande. Elle le dévoile en pleine COP25 de Madrid et à la veille d'un sommet européen. "C'est notre nouvelle stratégie de croissance", a déclaré Ursula von der Leyen lors d'une courte intervention, en préambule de sa présentation plus complète attendue devant le Parlement européen à 14H00. "Nous n'avons pas encore toutes les réponse, aujourd'hui c'est le début d'un voyage", a-t-elle ajouté, comparant ce moment dans l'histoire de l'Union européenne à la conquête spatiale américaine.

Le "Pacte vert" européen doit lister les propositions législatives, instruments financiers ou plans d'actions dans différents secteurs, le tout assorti d'un calendrier: réduction des émissions de carbone, économie circulaire, verdissement des transports et de l'agriculture, investissements verts, financement de la transition... "D'un côté il s'agit de réduire les émissions, de l'autre de créer des emplois et de doper l'innovation", a résumé Mme von der Leyen. Le pilier de ce pacte sera une grande "loi climatique", qui doit inscrire la date de 2050 comme horizon pour faire de l'Europe, le premier continent neutre en émission de carbone. Elle sera proposée d'ici mars.

Cette échéance n'a toutefois pas encore reçu le feu vert des dirigeants de l'UE. Le nouveau président du Conseil européen Charles Michel espère rallier les derniers récalcitrants lors d'un sommet jeudi. Trois pays, encore très dépendants des énergies fossiles et en particulier du charbon, font barrage: la Pologne, la Hongrie et la République tchèque. Pour les convaincre, la Commission prévoit l'établissement d'un "mécanisme de transition juste", une disposition très attendue par les pays les plus en retard, qu'elle présenterait en début d'année.

"Transition juste"

"Il faut un fonds qui soit bien ciblé sur des aspects sociaux et les pays dont le PIB est inférieur à la moyenne européenne", a estimé le président de la commission Environnement du Parlement européen Pascal Canfin (Renew Europe). Selon Ursula von der Leyen, ce "mécanisme de transition juste" doit permettre de mobiliser "100 milliards d'euros d'investissements" au cours des sept prochaines années, pour soutenir les régions et les secteurs "les plus vulnérables". L'Allemande soutient également des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre ambitieux à l'horizon 2030, de 50%, voire 55%. Ils sont pour l'instant fixés à 40%.

Dans une lettre adressée à Mme von der Leyen, l'ONG Greenpeace rappelle que l'accord de Paris sur le climat oblige les signataires à revoir leurs ambitions pour 2030 avant le prochain sommet sur le climat fin 2020. Or, "l'UE ne peut pas être un leader pour le climat si la Commission présente de tels objectifs qu'en octobre 2020". Le plan d'action doit également dévoiler les projets de la Commission pour le marché du carbone européen (Système d'échanges de quotas, SEQE, ou ETS selon son acronyme anglais) qu'elle veut étendre au secteur maritime, très pollueur.

Avec un "mécanisme d'ajustement aux frontières" (une nouvelle dénomination pour ne pas parler de taxe carbone qui froisserait l'OMC) visant les produits importés dans l'UE, la Commission entend s'assurer que les produits manufacturés en Europe ne soient pas pénalisés pour avoir suivi des conditions de fabrication en ligne avec l'accord de Paris.

La Commission doit également préciser le calendrier de sa stratégie "de la fourche à la fourchette", pour une agriculture durable et de qualité, ainsi que celle sur la biodiversité. L'ambition environnementale d'Ursula von der Leyen sera très dépendante de l'argent que l'UE est prête à y consacrer. Or, c'est pour l'instant l'inconnue: les négociations commencent à peine à entrer dans le dur sur le budget pluriannuel pour la période 2021-2027.

Lire également "Comment l'UE veut mettre le climat au coeur de ses priorités""Certains disent que le coût de cette transformation est trop élevé, n'oublions jamais ce que le coût de l'inaction serait", a-t-elle déclaré devant le Parlement européen à Bruxelles réuni en session extraordinaire. Ce coût "augmente chaque année". "Les inondations coûtent à nos citoyens plus de 5 milliards par an, chaque année notre économie perd près de 10 milliards d'euros à cause de la sécheresse, et les agriculteurs paient le prix fort", a-t-elle poursuivi. "Et ce n'est que le début. Mais ce n'est pas une fatalité, nous pouvons résister (...) Il est grand temps mais il n'est pas trop tard", a-t-elle dit.Très attendue, c'est un premier test politique pour l'Allemande. Elle le dévoile en pleine COP25 de Madrid et à la veille d'un sommet européen. "C'est notre nouvelle stratégie de croissance", a déclaré Ursula von der Leyen lors d'une courte intervention, en préambule de sa présentation plus complète attendue devant le Parlement européen à 14H00. "Nous n'avons pas encore toutes les réponse, aujourd'hui c'est le début d'un voyage", a-t-elle ajouté, comparant ce moment dans l'histoire de l'Union européenne à la conquête spatiale américaine.Le "Pacte vert" européen doit lister les propositions législatives, instruments financiers ou plans d'actions dans différents secteurs, le tout assorti d'un calendrier: réduction des émissions de carbone, économie circulaire, verdissement des transports et de l'agriculture, investissements verts, financement de la transition... "D'un côté il s'agit de réduire les émissions, de l'autre de créer des emplois et de doper l'innovation", a résumé Mme von der Leyen. Le pilier de ce pacte sera une grande "loi climatique", qui doit inscrire la date de 2050 comme horizon pour faire de l'Europe, le premier continent neutre en émission de carbone. Elle sera proposée d'ici mars.Cette échéance n'a toutefois pas encore reçu le feu vert des dirigeants de l'UE. Le nouveau président du Conseil européen Charles Michel espère rallier les derniers récalcitrants lors d'un sommet jeudi. Trois pays, encore très dépendants des énergies fossiles et en particulier du charbon, font barrage: la Pologne, la Hongrie et la République tchèque. Pour les convaincre, la Commission prévoit l'établissement d'un "mécanisme de transition juste", une disposition très attendue par les pays les plus en retard, qu'elle présenterait en début d'année."Il faut un fonds qui soit bien ciblé sur des aspects sociaux et les pays dont le PIB est inférieur à la moyenne européenne", a estimé le président de la commission Environnement du Parlement européen Pascal Canfin (Renew Europe). Selon Ursula von der Leyen, ce "mécanisme de transition juste" doit permettre de mobiliser "100 milliards d'euros d'investissements" au cours des sept prochaines années, pour soutenir les régions et les secteurs "les plus vulnérables". L'Allemande soutient également des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre ambitieux à l'horizon 2030, de 50%, voire 55%. Ils sont pour l'instant fixés à 40%.Dans une lettre adressée à Mme von der Leyen, l'ONG Greenpeace rappelle que l'accord de Paris sur le climat oblige les signataires à revoir leurs ambitions pour 2030 avant le prochain sommet sur le climat fin 2020. Or, "l'UE ne peut pas être un leader pour le climat si la Commission présente de tels objectifs qu'en octobre 2020". Le plan d'action doit également dévoiler les projets de la Commission pour le marché du carbone européen (Système d'échanges de quotas, SEQE, ou ETS selon son acronyme anglais) qu'elle veut étendre au secteur maritime, très pollueur.Avec un "mécanisme d'ajustement aux frontières" (une nouvelle dénomination pour ne pas parler de taxe carbone qui froisserait l'OMC) visant les produits importés dans l'UE, la Commission entend s'assurer que les produits manufacturés en Europe ne soient pas pénalisés pour avoir suivi des conditions de fabrication en ligne avec l'accord de Paris.La Commission doit également préciser le calendrier de sa stratégie "de la fourche à la fourchette", pour une agriculture durable et de qualité, ainsi que celle sur la biodiversité. L'ambition environnementale d'Ursula von der Leyen sera très dépendante de l'argent que l'UE est prête à y consacrer. Or, c'est pour l'instant l'inconnue: les négociations commencent à peine à entrer dans le dur sur le budget pluriannuel pour la période 2021-2027.