Le Premier ministre a gagné haut la main son pari d'obtenir une majorité absolue de députés à la Chambre des communes. Il pourra faire voter au Parlement l'accord de retrait qu'il a négocié avec l'UE et de réaliser le Brexit fin janvier, après trois reports.

Avec ce résultat sans appel s'évanouit le dernier espoir des europhiles de revenir sur le résultat du référendum de 2016 qui a vu 52% des Britanniques voter pour quitter l'UE.

Le chef du principal parti d'opposition, le Labour, Jeremy Corbyn, a essuyé une défaite cuisante et historique.

Quand au petit parti europhile libéral-démocrate, il peut oublier pour l'instant ses ambitions de devenir une grande formation centriste: il recule et sa cheffe depuis seulement cet été, Jo Swinson, a été évincée de la Chambre des communes.

Les seuls europhiles qui se frottaient les mains jeudi soir étaient les indépendantistes écossais du SNP, qui raflent une grande partie des sièges en Ecosse, seule partie du Royaume-Uni où ils se présentaient. Ils constituent la troisième force politique au Parlement.

Ces résultats "signifient la fin définitive de l'idée qu'on pourrait empêcher le Brexit", a commenté jeudi soir devant la presse Sara Hobolt, professeure de sciences politiques à la London School of Economics (LSE).

"Grosse déception"

Les "Lib-Dem" étaient pourtant arrivés deuxièmes aux élections européennes de mai dernier avec 20% des voix, et avaient en outre été rejoints par des députés conservateurs dissidents pro-UE.

Mais la promesse d'annuler le Brexit purement et simplement, sans nouveau référendum, martelée par la cheffe du parti Jo Swinson, a été jugée antidémocratique même parmi les europhiles.

Cette stratégie a été un "désastre", a jugé Simon Hix, professeur de science politique et directeur de recherche à la LSE. Selon lui, Jo Swinson s'est ainsi "complètement aliéné le vote des Tories en faveur du maintien dans l'Union européenne" dont beaucoup ont finalement voté conservateur.

Le parti avait pourtant connu un regain de popularité en raison de son positionnement clair contre le Brexit, face aux atermoiements du Labour, principal parti d'opposition. Et les Lib Dem misaient sur leur nouvelle cheffe Jo Swinson, une Ecossaise de 39 ans élue il y a 5 mois à peine, pour concrétiser cet élan.

Le pacte pro "Remain", formé par le parti libéral démocrate avec deux autres petites formations, les Verts et le parti nationaliste gallois Plaid Cymru, n'a en outre pas fonctionné.

L'idée de cette alliance était de présenter un candidat commun aux trois partis dans 60 circonscriptions, dans le but d'élire le maximum de députés en faveur du maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne. Mais cette tentative a échoué. En outre, le Labour n'y a pas participé, ce qui a fortement réduit son impact.

Le vote utile "a été un échec total", a estimé Simon Hix. "Les partisans du Labour n'ont pas souhaité voter Lib Dem. Les partisans des Lib dem n'ont pas souhaité voter Labour."

"Le Parti conservateur a attiré de façon beaucoup plus efficace le vote +Leave+", a dit à l'AFP le professeur Tony Travers, de la LSE, alors que le vote "Remain" s'est "dispersé" entre plusieurs partis. Le second référendum sur le Brexit que promettait le Labour est "mort et enterré", a-t-il souligné.

"Avec une majorité, Boris Johnson va maintenant pouvoir faire voter son accord de Brexit et formaliser le Brexit", a commenté dans un communiqué Matthew Goodwin, professeur de l'Université du Kent. "La bataille du Brexit est terminée."

Le Premier ministre a gagné haut la main son pari d'obtenir une majorité absolue de députés à la Chambre des communes. Il pourra faire voter au Parlement l'accord de retrait qu'il a négocié avec l'UE et de réaliser le Brexit fin janvier, après trois reports.Avec ce résultat sans appel s'évanouit le dernier espoir des europhiles de revenir sur le résultat du référendum de 2016 qui a vu 52% des Britanniques voter pour quitter l'UE.Le chef du principal parti d'opposition, le Labour, Jeremy Corbyn, a essuyé une défaite cuisante et historique.Quand au petit parti europhile libéral-démocrate, il peut oublier pour l'instant ses ambitions de devenir une grande formation centriste: il recule et sa cheffe depuis seulement cet été, Jo Swinson, a été évincée de la Chambre des communes.Les seuls europhiles qui se frottaient les mains jeudi soir étaient les indépendantistes écossais du SNP, qui raflent une grande partie des sièges en Ecosse, seule partie du Royaume-Uni où ils se présentaient. Ils constituent la troisième force politique au Parlement.Ces résultats "signifient la fin définitive de l'idée qu'on pourrait empêcher le Brexit", a commenté jeudi soir devant la presse Sara Hobolt, professeure de sciences politiques à la London School of Economics (LSE). "Grosse déception" Les "Lib-Dem" étaient pourtant arrivés deuxièmes aux élections européennes de mai dernier avec 20% des voix, et avaient en outre été rejoints par des députés conservateurs dissidents pro-UE.Mais la promesse d'annuler le Brexit purement et simplement, sans nouveau référendum, martelée par la cheffe du parti Jo Swinson, a été jugée antidémocratique même parmi les europhiles.Cette stratégie a été un "désastre", a jugé Simon Hix, professeur de science politique et directeur de recherche à la LSE. Selon lui, Jo Swinson s'est ainsi "complètement aliéné le vote des Tories en faveur du maintien dans l'Union européenne" dont beaucoup ont finalement voté conservateur.Le parti avait pourtant connu un regain de popularité en raison de son positionnement clair contre le Brexit, face aux atermoiements du Labour, principal parti d'opposition. Et les Lib Dem misaient sur leur nouvelle cheffe Jo Swinson, une Ecossaise de 39 ans élue il y a 5 mois à peine, pour concrétiser cet élan.Le pacte pro "Remain", formé par le parti libéral démocrate avec deux autres petites formations, les Verts et le parti nationaliste gallois Plaid Cymru, n'a en outre pas fonctionné.L'idée de cette alliance était de présenter un candidat commun aux trois partis dans 60 circonscriptions, dans le but d'élire le maximum de députés en faveur du maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne. Mais cette tentative a échoué. En outre, le Labour n'y a pas participé, ce qui a fortement réduit son impact.Le vote utile "a été un échec total", a estimé Simon Hix. "Les partisans du Labour n'ont pas souhaité voter Lib Dem. Les partisans des Lib dem n'ont pas souhaité voter Labour.""Le Parti conservateur a attiré de façon beaucoup plus efficace le vote +Leave+", a dit à l'AFP le professeur Tony Travers, de la LSE, alors que le vote "Remain" s'est "dispersé" entre plusieurs partis. Le second référendum sur le Brexit que promettait le Labour est "mort et enterré", a-t-il souligné."Avec une majorité, Boris Johnson va maintenant pouvoir faire voter son accord de Brexit et formaliser le Brexit", a commenté dans un communiqué Matthew Goodwin, professeur de l'Université du Kent. "La bataille du Brexit est terminée."