La grève était massivement suivie dans tous les secteurs -transports, éducation, police, culture...- et plus de 510.000 personnes, selon les comptages provisoires effectués par l'AFP, ont battu le pavé dans environ 70 villes pour dénoncer cette réforme emblématique promise par le président français. Ce comptage ne prenait pas encore en compte l'importante manifestation parisienne, forte de 250.000 personnes selon le syndicat CGT.

Sujet éminemment inflammable en France, qui avait déjà été paralysée pendant près d'un mois en 1995 contre une réforme des retraites, le projet vise à supprimer les régimes spéciaux et créer un système de retraite universel par points. Il survient dans un contexte social déjà très tendu dans plusieurs secteurs (hôpitaux, étudiants..) et dans un pays secoué depuis un an par la contestation inédite des "gilets jaunes".

"Plus de retraite, plus de planète, qu'est-ce qu'il nous reste?", "Retraite par points, retraite très loin, retraite sans rien", pouvait-on lire sur des pancartes brandies par des manifestants. "C'est beau cette manifestation avec les avocats, les gilets jaunes, les soignants, les pompiers, ça fait plaisir", s'est réjoui Pascal Marichala, un chercheur venu en famille à Bordeaux. "Ca me rappelle 68 ! C'est bourré, il y a plein de monde !", commentait un manifestant parisien.

A Paris, traumatisé par les violences lors des manifestations de "gilets jaunes" pendant l'année écoulée, le cortège était encadré par un important service d'ordre syndical et quelque 6.000 policiers et gendarmes. Des incidents entre casseurs et forces de l'ordre ont cependant éclaté non loin de la place de la République, dans l'est de la capitale. Une remorque de chantier a été retournée et incendiée et plusieurs vitrines brisées tandis que les forces de l'ordre essuyaient des jets de projectiles et répliquaient par des tirs de lacrymogène. En fin d'après-midi, la police avait procédé à 87 interpellations. En dépit des incidents, le Premier ministre, Edouard Philippe, a "rendu hommage" aux syndicats, notant que dans "un très grand nombre de villes", les manifestations "se sont bien passées car elles ont été bien organisées".

Transports paralysés

Le chef de file de l'opposition de gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon, a estimé que ce 5 décembre marquerait "une date dans l'histoire sociale de ce pays" et a estimé que "le bras de fer" ne faisait que commencer. Le mouvement a été reconduit dans les transports parisiens, où 10 lignes de métro sur 14 seront de nouveau fermées vendredi, et ferroviaire, où la compagnie SNCF a annoncé l'annulation de 90% des trains à grande vitesse et de 70% des trains régionaux. Le trafic à l'international (Eurostar, Thalys) sera de nouveau très perturbé.

Dans le secteur aérien, Air France a annulé 30% de ses vols intérieurs et près de 10% de ses vols moyen-courrier pour vendredi, et la direction générale de l'aviation civile a appelé les compagnies aériennes à réduire de 20% leur programme de vol le même jour. Le mouvement touche également les enseignants, les retraités, les étudiants, les avocats, le secteur de l'énergie, ou encore les policiers, qui ont bloqué des commissariats jeudi. La tour Eiffel et plusieurs des principaux musées de Paris étaient totalement ou partiellement fermés jeudi. De nombreuses écoles sont restées portes closes.

A l'origine de la mobilisation, le futur "système universel" de retraites par points, censé remplacer les 42 régimes existants (fonctionnaires, privés, régimes spéciaux, complémentaires). L'exécutif promet un système "plus lisible" et "plus juste", les détracteurs de la réforme s'attendent à une "précarisation" des retraités.

"Marges de négociation"

Face au mouvement, Emmanuel Macron est "calme et déterminé à mener cette réforme, dans l'écoute et la consultation", a affirmé l'Élysée, précisant que "le Premier ministre s'exprimerait vers le milieu de la semaine prochaine sur l'architecture générale de la réforme". Le projet précis n'est en effet pas encore connu et l'exécutif est resté dans le flou sur plusieurs points. "Il reste des marges de négociation" d'ici là, a assuré la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, précisant que le système prendrait en compte les "situations spécifiques", notamment les métiers dangereux et les carrières longues.

Plusieurs récents sondages ont montré que le mouvement était majoritairement soutenu par les Français. Fin novembre, M. Macron avait déclaré porter un "projet d'ambition pour notre pays". "Je n'y renoncerai pas", avait-il ajouté.

La grève était massivement suivie dans tous les secteurs -transports, éducation, police, culture...- et plus de 510.000 personnes, selon les comptages provisoires effectués par l'AFP, ont battu le pavé dans environ 70 villes pour dénoncer cette réforme emblématique promise par le président français. Ce comptage ne prenait pas encore en compte l'importante manifestation parisienne, forte de 250.000 personnes selon le syndicat CGT.Sujet éminemment inflammable en France, qui avait déjà été paralysée pendant près d'un mois en 1995 contre une réforme des retraites, le projet vise à supprimer les régimes spéciaux et créer un système de retraite universel par points. Il survient dans un contexte social déjà très tendu dans plusieurs secteurs (hôpitaux, étudiants..) et dans un pays secoué depuis un an par la contestation inédite des "gilets jaunes"."Plus de retraite, plus de planète, qu'est-ce qu'il nous reste?", "Retraite par points, retraite très loin, retraite sans rien", pouvait-on lire sur des pancartes brandies par des manifestants. "C'est beau cette manifestation avec les avocats, les gilets jaunes, les soignants, les pompiers, ça fait plaisir", s'est réjoui Pascal Marichala, un chercheur venu en famille à Bordeaux. "Ca me rappelle 68 ! C'est bourré, il y a plein de monde !", commentait un manifestant parisien.A Paris, traumatisé par les violences lors des manifestations de "gilets jaunes" pendant l'année écoulée, le cortège était encadré par un important service d'ordre syndical et quelque 6.000 policiers et gendarmes. Des incidents entre casseurs et forces de l'ordre ont cependant éclaté non loin de la place de la République, dans l'est de la capitale. Une remorque de chantier a été retournée et incendiée et plusieurs vitrines brisées tandis que les forces de l'ordre essuyaient des jets de projectiles et répliquaient par des tirs de lacrymogène. En fin d'après-midi, la police avait procédé à 87 interpellations. En dépit des incidents, le Premier ministre, Edouard Philippe, a "rendu hommage" aux syndicats, notant que dans "un très grand nombre de villes", les manifestations "se sont bien passées car elles ont été bien organisées".Le chef de file de l'opposition de gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon, a estimé que ce 5 décembre marquerait "une date dans l'histoire sociale de ce pays" et a estimé que "le bras de fer" ne faisait que commencer. Le mouvement a été reconduit dans les transports parisiens, où 10 lignes de métro sur 14 seront de nouveau fermées vendredi, et ferroviaire, où la compagnie SNCF a annoncé l'annulation de 90% des trains à grande vitesse et de 70% des trains régionaux. Le trafic à l'international (Eurostar, Thalys) sera de nouveau très perturbé.Dans le secteur aérien, Air France a annulé 30% de ses vols intérieurs et près de 10% de ses vols moyen-courrier pour vendredi, et la direction générale de l'aviation civile a appelé les compagnies aériennes à réduire de 20% leur programme de vol le même jour. Le mouvement touche également les enseignants, les retraités, les étudiants, les avocats, le secteur de l'énergie, ou encore les policiers, qui ont bloqué des commissariats jeudi. La tour Eiffel et plusieurs des principaux musées de Paris étaient totalement ou partiellement fermés jeudi. De nombreuses écoles sont restées portes closes.A l'origine de la mobilisation, le futur "système universel" de retraites par points, censé remplacer les 42 régimes existants (fonctionnaires, privés, régimes spéciaux, complémentaires). L'exécutif promet un système "plus lisible" et "plus juste", les détracteurs de la réforme s'attendent à une "précarisation" des retraités.Face au mouvement, Emmanuel Macron est "calme et déterminé à mener cette réforme, dans l'écoute et la consultation", a affirmé l'Élysée, précisant que "le Premier ministre s'exprimerait vers le milieu de la semaine prochaine sur l'architecture générale de la réforme". Le projet précis n'est en effet pas encore connu et l'exécutif est resté dans le flou sur plusieurs points. "Il reste des marges de négociation" d'ici là, a assuré la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, précisant que le système prendrait en compte les "situations spécifiques", notamment les métiers dangereux et les carrières longues.Plusieurs récents sondages ont montré que le mouvement était majoritairement soutenu par les Français. Fin novembre, M. Macron avait déclaré porter un "projet d'ambition pour notre pays". "Je n'y renoncerai pas", avait-il ajouté.