Homard et grands vins

Alors président de l'Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement, M. de Rugy et son épouse ont multiplié les dîners privés fastueux à l'Hôtel de Lassay, la résidence de fonction, entre 2017 et 2018, affirme Mediapart mercredi.

Documents, photos et témoignages à l'appui, le journal en ligne recense une dizaine de ces dîners, qui rassemblaient dans les murs de la résidence du président de l'Assemblée des invités appartenant pour l'essentiel au cercle relationnel et amical de son épouse Séverine de Rugy, journaliste au magazine people Gala.

A table, homards, champagne et grands crus issus des caves de l'Assemblée apparaissent sur une photo mise en ligne par Mediapart, sur laquelle Mme de Rugy pose. C'est à chaque fois le personnel de l'Hôtel de Lassay qui était mobilisé pour l'occasion, affirme le site.

François de Rugy met en avant "un travail de représentation" requis par ses fonctions, niant toute "soirée fastueuse".

Convoqué jeudi à Matignon, le ministre s'engage le cas échéant à "rembourser chaque euro contesté".

Logement de sa direcrice de cabinet

Mercredi soir, Mediapart publie des informations concernant un logement social à Paris occupé depuis 2001 par la directrice de cabinet de M. de Rugy au ministère de la Transition écologique, Nicole Klein, et conservé de 2006 à 2018 alors qu'elle n'habitait plus la capitale.

Le ministre met fin jeudi aux fonctions de Mme Klein, qui avait rejoint fin 2018 le cabinet. "Il a voulu sauver sa tête en offrant la mienne", a déclaré l'intéressée, affirmant par ailleurs avoir "péché par négligence, pas par intérêt financier".

Travaux à l'Hôtel de Roquelaure

Jeudi, un article de Mediapart révèle des travaux réalisés par le désormais ministre dans son nouveau logement de fonction, l'Hôtel de Roquelaure, pour un montant de 63.000 euros. Travaux qu'il justifie sur Twitter par la nécessité de rénover "régulièrement" ce bâtiment.

M. de Rugy publie aussi sur son compte Facebook des mails relatifs aux devis, y détaillant des travaux de peinture, de menuiserie visant à installer des rangements, la rénovation de sols, d'une salle de bain et d'une salle de douche.

Loyer préférentiel

Jeudi, le ministre doit encore se défendre de nouvelles révélations de Mediapart concernant un appartement qu'il loue près de Nantes (ouest) et qui serait "à loyer social préférentiel".

Il s'agit, selon le ministre, d'un "deux-pièces de 48 m2, loué au prix de 622 euros par mois (appartement et parking), un montant conforme aux prix du marché", où il accueille ses enfants lorsqu'il en a la garde le week-end.

M. de Rugy affirme n'avoir jamais su qu'il s'agissait d'un appartement à "loyer social préférentiel" et se dit "victime d'une tricherie" de son agence immobilière ou du propriétaire de l'appartement.

Sèche-cheveux doré

Le ministre qualifie de "mensonge" une information, parue vendredi dans le Parisien, selon laquelle son épouse aurait acheté sur l'argent de l'Assemblée un sèche-cheveux doré à la feuille d'or, pour 499 euros.

Dîner hors agenda

Vendredi, le quotidien régional Ouest-France affirme que M. de Rugy a organisé en mars un dîner avec des lobbyistes du monde de l'énergie, en demandant que ce rendez-vous "informel" n'apparaisse pas "dans l'agenda public".

Ce dîner "surprend certains membres de son entourage. D'autant que François de Rugy décide de ne pas convier certains membres de son cabinet", indique le journal sur son site internet.