Ce 27 janvier, on commémore l'anniversaire de la libération des camps. Il y a septante-cinq ans, les armées alliées et russes découvraient l'impensable, des centres de concentration où des millions de personnes ont été massacrées de façon industrielle. Cet après-midi, des chefs de l'Etat réitéreront à Auschwitz-Birkenau le "Plus jamais ça" qui résonne depuis plusieurs décennies. Sans pour autant empêcher le retour des idéologies exclusives, des réponses simplistes aux complexités du monde.

A l'heure où les derniers survivants disparaissent, à l'heure où leurs témoignages résonnent comme un dernier avertissement, l'importance du relais de la mémoire semble plus important que jamais. Pourtant, en cette ère de passage de flambeau, des voix de plus en plus nombreuses s'élèvent pour s'interroger sur le caractère judicieux de la moralisation de ce "Plus jamais ça". Dans une interview passionnante accordée au Vif/L'Express, Nico Wouters, directeur du Centre d'études et de documentation guerre et sociétés contemporaines (Cegesoma), soulignait combien on faisait peut-être pire que bien en diabolisant sans cesse les messages de haine, sans laisser la place au travail plus "froid" des historiens pour raconter les errements humains.

Ces dernières, la montée des extrémismes en Europe, caractérisée chez nous par le boom du Vlaams Belang en mai, et la diffusion de plus en plus large du racisme sur les réseaux sociaux (comme en témoigne le dernier incident de La Panne) illustrent s'il le fallait encore que nous ne sommes pas immunisés face à de nouveaux dérapages. Les causes ne sont pas les mêmes, les réponses non plus, les comparaisons entre les années 1930 et les années 2010-20 sont toujours hasardeuses, mais on cherche à trouver les réponses.

Un beau signal nous vient d'Italie. La victoire du Parti démocrate aux élections régionales d'Emilie-Romagne, ce dimanche, montre peut-être la voie à suivre pour mettre à mal le populisme d'extrême-droite. Le chemin s'écrit en quatre temps. Premièrement la Ligue est arrivée au pouvoir avec une démonstration permanente de Matteo Salvini jusqu'à l'excès d'arrogance. Deuxièmement, l'union des forces démocraties - fusse-t-elle contre-nature - pour faire barrage à l'extrême. Troisièmement, et c'est peut-être le plus important, une mobilisation citoyenne spontanée : dieu sait combien ce mouvement des Sardines a fait du bien tant dans son originalité que dans sa persistance. Enfin, quatrièmement, une autre mobilisation importante pour aller voter, en reprenant conscience de l'importance de ce geste : déposer un bulletin dans l'urne.

En ce jour de commémoration, le printemps démocratique européen ne vient peut-être pas des messages de circonstance, mais d'une victoire salvatrice. S'inspirera-t-on en Belgique ou en France de ce message-là?

Ce 27 janvier, on commémore l'anniversaire de la libération des camps. Il y a septante-cinq ans, les armées alliées et russes découvraient l'impensable, des centres de concentration où des millions de personnes ont été massacrées de façon industrielle. Cet après-midi, des chefs de l'Etat réitéreront à Auschwitz-Birkenau le "Plus jamais ça" qui résonne depuis plusieurs décennies. Sans pour autant empêcher le retour des idéologies exclusives, des réponses simplistes aux complexités du monde.A l'heure où les derniers survivants disparaissent, à l'heure où leurs témoignages résonnent comme un dernier avertissement, l'importance du relais de la mémoire semble plus important que jamais. Pourtant, en cette ère de passage de flambeau, des voix de plus en plus nombreuses s'élèvent pour s'interroger sur le caractère judicieux de la moralisation de ce "Plus jamais ça". Dans une interview passionnante accordée au Vif/L'Express, Nico Wouters, directeur du Centre d'études et de documentation guerre et sociétés contemporaines (Cegesoma), soulignait combien on faisait peut-être pire que bien en diabolisant sans cesse les messages de haine, sans laisser la place au travail plus "froid" des historiens pour raconter les errements humains. Ces dernières, la montée des extrémismes en Europe, caractérisée chez nous par le boom du Vlaams Belang en mai, et la diffusion de plus en plus large du racisme sur les réseaux sociaux (comme en témoigne le dernier incident de La Panne) illustrent s'il le fallait encore que nous ne sommes pas immunisés face à de nouveaux dérapages. Les causes ne sont pas les mêmes, les réponses non plus, les comparaisons entre les années 1930 et les années 2010-20 sont toujours hasardeuses, mais on cherche à trouver les réponses.Un beau signal nous vient d'Italie. La victoire du Parti démocrate aux élections régionales d'Emilie-Romagne, ce dimanche, montre peut-être la voie à suivre pour mettre à mal le populisme d'extrême-droite. Le chemin s'écrit en quatre temps. Premièrement la Ligue est arrivée au pouvoir avec une démonstration permanente de Matteo Salvini jusqu'à l'excès d'arrogance. Deuxièmement, l'union des forces démocraties - fusse-t-elle contre-nature - pour faire barrage à l'extrême. Troisièmement, et c'est peut-être le plus important, une mobilisation citoyenne spontanée : dieu sait combien ce mouvement des Sardines a fait du bien tant dans son originalité que dans sa persistance. Enfin, quatrièmement, une autre mobilisation importante pour aller voter, en reprenant conscience de l'importance de ce geste : déposer un bulletin dans l'urne.En ce jour de commémoration, le printemps démocratique européen ne vient peut-être pas des messages de circonstance, mais d'une victoire salvatrice. S'inspirera-t-on en Belgique ou en France de ce message-là?