"Les nouveaux Bienheureux ont souffert et sacrifié leur vie, en s'opposant à un système idéologique totalitaire et coercitif", a lancé le pape devant quelque 60.000 fidèles, selon les organisateurs, rassemblées sur le Champ de la liberté de cette ville de 20.000 habitants, siège de l'Eglise uniate (dite aussi gréco-catholique).

"Ces pasteurs, martyrs de la foi, ont recueilli et laissé au peuple roumain un précieux héritage que nous pouvons synthétiser en deux mots : liberté et miséricorde", a-t-il ajouté, évoquant la "diversité des expressions religieuses" qui enrichit la Roumanie, majoritairement orthodoxe.

Dans la nuit du 28 au 29 octobre 1948, ces hauts prélats étaient arrêtés par des agents du régime communiste, sous l'accusation de "haute trahison", pour avoir refusé de se convertir à l'orthodoxie.

Torturés et humiliés, ils sont morts en détention ou en réclusion dans un monastère orthodoxe et enterrés furtivement, les lieux de sépulture demeurant secrets pour quatre d'entre eux.

Symboliquement, des barreaux des cellules où ils ont été emprisonnés ont été incorporés dans le trône créé spécialement pour la venue du pape.

Les uniates sont des catholiques de rite byzantin issus d'une scission au sein de l'orthodoxie remontant à la fin du 17e siècle, lorsque la région de Transylvanie (centre) faisait partie de l'empire austro-hongrois: tout en conservant leurs pratiques orthodoxes, ils ont reconnu l'autorité du pape.

Une allégeance que les communistes ne pouvaient tolérer: un décret adopté fin 1948 a interdit de facto le gréco-catholicisme et affirmé que ses fidèles étaient "revenus au culte orthodoxe". L'Eglise orthodoxe s'est ainsi vu attribuer les biens, et notamment les lieux de culte, de ces nouveaux hors-la-loi.

"Cette haine contre la foi émanait de Joseph Staline, qui avait liquidé de la même manière l'Eglise gréco-catholique ukrainienne", a indiqué à l'AFP le chercheur Emanuel Cosmovici. L'Eglise orthodoxe, complice de cette répression, allait à son tour être opprimée par les communistes, même si nombre de ses hauts hiérarques acceptèrent de collaborer.

Soumis à de fortes pressions, la plupart des fidèles uniates abandonnèrent leur foi : s'ils étaient plus de 1,5 million en 1948, il ne sont plus que 200.000 aujourd'hui pour une population de 20 millions de Roumains, dont 86% d'orthodoxes. Sur les plus de 2.000 églises saisies par les communistes, moins de 150 leur ont été restituées ces trente dernières années.

Ce différend patrimonial empoisonne toujours les relations entre les deux Eglises, même si, en prévision de la visite papale, les gréco-catholiques ont mis un bémol à leurs critiques.

AFP

"Les nouveaux Bienheureux ont souffert et sacrifié leur vie, en s'opposant à un système idéologique totalitaire et coercitif", a lancé le pape devant quelque 60.000 fidèles, selon les organisateurs, rassemblées sur le Champ de la liberté de cette ville de 20.000 habitants, siège de l'Eglise uniate (dite aussi gréco-catholique)."Ces pasteurs, martyrs de la foi, ont recueilli et laissé au peuple roumain un précieux héritage que nous pouvons synthétiser en deux mots : liberté et miséricorde", a-t-il ajouté, évoquant la "diversité des expressions religieuses" qui enrichit la Roumanie, majoritairement orthodoxe.Dans la nuit du 28 au 29 octobre 1948, ces hauts prélats étaient arrêtés par des agents du régime communiste, sous l'accusation de "haute trahison", pour avoir refusé de se convertir à l'orthodoxie.Torturés et humiliés, ils sont morts en détention ou en réclusion dans un monastère orthodoxe et enterrés furtivement, les lieux de sépulture demeurant secrets pour quatre d'entre eux.Symboliquement, des barreaux des cellules où ils ont été emprisonnés ont été incorporés dans le trône créé spécialement pour la venue du pape.Les uniates sont des catholiques de rite byzantin issus d'une scission au sein de l'orthodoxie remontant à la fin du 17e siècle, lorsque la région de Transylvanie (centre) faisait partie de l'empire austro-hongrois: tout en conservant leurs pratiques orthodoxes, ils ont reconnu l'autorité du pape.Une allégeance que les communistes ne pouvaient tolérer: un décret adopté fin 1948 a interdit de facto le gréco-catholicisme et affirmé que ses fidèles étaient "revenus au culte orthodoxe". L'Eglise orthodoxe s'est ainsi vu attribuer les biens, et notamment les lieux de culte, de ces nouveaux hors-la-loi. "Cette haine contre la foi émanait de Joseph Staline, qui avait liquidé de la même manière l'Eglise gréco-catholique ukrainienne", a indiqué à l'AFP le chercheur Emanuel Cosmovici. L'Eglise orthodoxe, complice de cette répression, allait à son tour être opprimée par les communistes, même si nombre de ses hauts hiérarques acceptèrent de collaborer.Soumis à de fortes pressions, la plupart des fidèles uniates abandonnèrent leur foi : s'ils étaient plus de 1,5 million en 1948, il ne sont plus que 200.000 aujourd'hui pour une population de 20 millions de Roumains, dont 86% d'orthodoxes. Sur les plus de 2.000 églises saisies par les communistes, moins de 150 leur ont été restituées ces trente dernières années.Ce différend patrimonial empoisonne toujours les relations entre les deux Eglises, même si, en prévision de la visite papale, les gréco-catholiques ont mis un bémol à leurs critiques.AFP