"Nous, députés européens des groupes politiques de gauche et écologistes, appelons à une résolution immédiate" de "la crise juridique et humanitaire du sauvetage en mer", écrivent 14 eurodéputés dans une tribune parue mercredi sur le site internet du journal français Le Monde.

Parmi eux figurent Guillaume Balas, troisième sur la liste Générations de Benoît Hamon, l'ancien candidat socialiste à la présidentielle française de 2017.

Les élus réclament le "rétablissement des opérations navales de l'opération Sophia".

Depuis 2015, la mission militaire Sophia est chargée de lutter contre le trafic de migrants en Méditerranée via des patrouilles aériennes, la formation des gardes-côtes libyens et des moyens navals, ce qui l'a amenée à secourir des migrants.

La semaine dernière, l'Union européenne, tout en prolongeant la mission jusque septembre 2019, a suspendu le déploiement des bateaux utilisés pour le sauvetage, sous la pression du gouvernement italien. Le quartier général de cette mission militaire est installé à Rome.

Faute d'accord sur un partage de l'accueil des migrants secourus en mer, le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini exige que l'UE revienne sur la règle voulant que les migrants secourus par Sophia soient systématiquement débarqués en Italie.

C'est ce bras de fer qui menace l'existence de l'opération et qui a conduit au compromis provisoire entre les Etats membres.

"Par la suspension des opérations navales Sophia, le conseil des chefs d'Etat et de gouvernement a décidé que ce serait pire en 2019", dénoncent les eurodéputés.

"Le refus du Conseil de régler la question du débarquement des naufragés met en péril un principe vieux comme l'humanité : on ne laisse personne se noyer", ajoutent-ils.

L'opération Sophia a concouru à sauver des dizaines de milliers de vies humaines en Méditerranée centrale en quatre ans. En 2018, 2.299 migrants sont morts ou portés disparus sur l'ensemble des axes migratoires de la Méditerranée, selon les chiffres de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Les eurodéputés demandent également qu'"aucune poursuite ne soit engagée contre les marins sauveteurs", le respect par les Etats membres des obligations internationales ainsi que l'adoption de "mécanismes régionaux de débarquement rapides (des navires de sauvetage) dans des lieux sûrs".