L'ivresse des sondages n'a pas profité à Matteo Salvini. Fort de ses 34,2 % aux élections européennes du printemps et des 36 à 38 % d'intentions de vote dans les enquêtes d'opinion, le ministre de l'Intérieur et vice-président du Conseil se voyait déjà à la tête du pays. Le chef de la Ligue (extrême droite) n'imaginait pas, en déposant une motion de censure contre son propre gouvernement, que son geste amènerait la majeure partie de la classe politique à former une sorte de " front républicain " pour lui barrer la route, au moins provisoirement. En raison du danger que représentent les accents mussoliniens de son appel aux " pleins pouvoirs ", mais aussi au regard du péril, pour la troisième économie de la zone euro, d'un Salvini aux commandes s'il emportait des élections anticipées. Le danger était d'autant plus pressant que l'Italie doit présenter, d'ici à la fin de septembre, son budget pour 2020 à la Commission européenne.
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