Plus d'un an et demi après le référendum catalan, le procès historique de douze dirigeants indépendantistes catalans suite à leur rôle dans la tentative de sécession d'octobre 2017 s'ouvre mardi à Madrid, alors que la question catalane enflamme toujours autant les esprits en Espagne. Les dix-huit accusés, dont neuf anciens ministres, risquent jusqu'à 25 ans de prison pour rébellion, sédition et détournement de fonds publics. Ni l'ancien Premier ministre Carles Puigdemont, ni l'ancien ministre Meritxell Serret ne seront poursuivis. Ils sont en exil en Belgique et l'Espagne ne juge pas en absence pour les délits graves.
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Plus d'un an et demi après le référendum catalan, le procès historique de douze dirigeants indépendantistes catalans suite à leur rôle dans la tentative de sécession d'octobre 2017 s'ouvre mardi à Madrid, alors que la question catalane enflamme toujours autant les esprits en Espagne. Les dix-huit accusés, dont neuf anciens ministres, risquent jusqu'à 25 ans de prison pour rébellion, sédition et détournement de fonds publics. Ni l'ancien Premier ministre Carles Puigdemont, ni l'ancien ministre Meritxell Serret ne seront poursuivis. Ils sont en exil en Belgique et l'Espagne ne juge pas en absence pour les délits graves. Si l'Espagne a retiré le mandat d'arrêt européen à leur encontre l'été dernier, un mandat d'arrêt espagnol reste en vigueur. Cela signifie que dès qu'ils arriveront sur le sol espagnol, ils seront arrêtés. Serret, qui représente aujourd'hui le gouvernement catalan auprès de l'Union européenne à Bruxelles reste motivée : " Nous n'abandonnerons pas le combat." Rencontre.Quel regard portez-vous sur le référendum sur l'indépendance ?Meritxell Serret : Nous ignorions de quelle manière le gouvernement espagnol allait exactement réagir. Nous ne nous attendions certainement pas à autant de violence. Ceux qui sont au pouvoir à Madrid attaquent les droits politiques et civils. Après toutes ces années, le régime franquiste reste fermement ancré dans l'État espagnol.Avez-vous déjà songé à retourner en Catalogne ?Rester en Belgique a été une décision très difficile à prendre. J'ai dû laisser ma famille et mes amis derrière moi. Malheureusement, je n'ai pas eu le choix.Qu'en est-il de l'indépendance catalane ?Nous sommes toujours prêts à négocier avec Madrid. Mais il est très difficile d'entamer des pourparlers lorsque les figures clés de votre mouvement sont privées de leur liberté.Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, et son gouvernement minoritaire doivent constamment chercher des partenaires. Le gouvernement de l'État catalan ne pourrait-il pas en profiter pour demander plus d'autonomie ?Les élections régionales en Andalousie ont été remportées par trois partis opposés à l'indépendance catalane. Sanchez, lui aussi, sait que maintenir ce cap fait gagner des voix. Nous ne pouvons donc espérer aucune concession. L'ancien Premier ministre catalan Carles Puigdemont voulait une indépendance totale. Est-ce toujours l'objectif ?Oui, nous ne voulons pas être privés de notre droit à l'autodétermination.Croyez-vous à un verdict favorable lors du procès des prisonniers catalans ?Malheureusement, tout porte à croire que le verdict a déjà été rendu dans les coulisses. La Cour suprême espagnole a refusé d'entendre l'appel interjeté l'année dernière par les prisonniers contre leur détention. Quelle est la crédibilité d'une Cour suprême lorsqu'elle ne respecte pas la primauté du droit ?Le parti de Puigdemont a été exclu du Parti libéral européen (ADLE) de Guy Verhofstadt en octobre.Qu'est-ce que Verhofstadt pense être le plus important : les valeurs qu'il prêche continuellement ou le pouvoir politique ?Les partisans de l'indépendance catalane n'ont guère pu compter sur du soutien venu de l'étranger. N'avez-vous pas sous-estimé le pouvoir diplomatique de l'Espagne ?Il y a plus de 40 membres du Parlement européen qui appellent à une solution politique au problème. Les Nations unies critiquent également le fait que l'État espagnol a violé nos droits. Toutefois, de nombreux pays ne sont apparemment pas prêts à se heurter à Madrid par crainte de représailles.Entre-temps, près de 5 000 entreprises ont quitté la Catalogne. Le référendum en valait-il la peine ?Après le référendum, le secteur du tourisme a traversé une période difficile. Et sous la direction du roi d'Espagne Felipe, Madrid a lancé une campagne pour attirer les entreprises hors de Catalogne. Mais globalement, notre économie a continué de croître, tout comme le nombre d'investissements étrangers. Nous le devons à notre attitude conciliante : nous voulons renforcer les économies espagnole et catalane en travaillant ensemble.Les Catalans restent profondément divisés sur la question de l'indépendance.En effet, certains Catalans ont peur de l'indépendance. Nous devrions en tenir davantage compte à l'avenir. Mais 80 % des Catalans veulent que la Catalogne organise un nouveau référendum en consultation avec Madrid. Cette idée est soutenue même parmi les unionistes.La N-VA a été l'un des rares partis au pouvoir dans l'Union européenne à soutenir le gouvernement catalan.Nous sommes très reconnaissants à la N-VA pour son soutien. Mais nous ciblons tous les partis démocratiquement élus qui prônent une solution politique en Catalogne.Le gouvernement catalan a récemment manifesté sa volonté d'accueillir 49 réfugiés venus par bateau, alors que l'Espagne a refusé de le faire.La lutte catalane pour l'indépendance prône l'égalité entre les différents groupes de population, qu'ils soient nord-africains ou madrilènes.