"L'isolement des cas et des contacts est le moyen le plus efficace et le plus ciblé de lutter contre le virus et briser les chaînes de transmission. Les pays qui ont l'ont fait efficacement ont connu moins de confinements et des taux de mortalité nettement plus faibles", déclarait l'Organisme mondial de la santé (OMS) dès le 29 janvier 2020.
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"L'isolement des cas et des contacts est le moyen le plus efficace et le plus ciblé de lutter contre le virus et briser les chaînes de transmission. Les pays qui ont l'ont fait efficacement ont connu moins de confinements et des taux de mortalité nettement plus faibles", déclarait l'Organisme mondial de la santé (OMS) dès le 29 janvier 2020.Dans le cadre de leur étude, les chercheurs britanniques ont établi un classement de 17 pays (la Belgique ne figure pas dans le classement). Celui se base sur une série de critères : le nombre de décès par million d'habitants, les résultats de test, la couverture du tracing, le soutien financier durant la quarantaine, le logement proposé durant cette quarantaine et le suivi clinique des cas confirmés et de leurs contacts.Quatre pays asiatiques en tête du classement Pour chaque pays du classement (dont le Vietnam, la Chine, la France, le Brésil, la Nouvelle-Zélande, la Suède et bien évidemment le Royaume-Uni), les chercheurs ont étudié les critères et leur ont attribué une cote. Le top cinq du classement ne comprend aucun pays européen, mais quatre pays asiatiques: Taiwan, le Vietnam, la Chine, la Nouvelle-Zélande, et la Corée du Sud. Taiwan et le Vietnam déplorent chacun 0,4 décès par million d'habitants, un chiffre très bas par rapport au Royaume-Uni, en queue de classement, où ce taux est de 1848 morts par million d'habitants.Les chercheurs expliquent pourquoi les pays asiatiques déplorent aussi peu de décès. Peu de pays d'Asie ont connu des lockdowns nationaux. Ceux-ci se concentrent selon eux sur une action rapide pour interrompre la transmission, à l'aide de confinements locaux, de tests intensifs dans les zones sensibles, d'une recherche et d'un suivi des contacts. Leurs dispositions prévoient la surveillance des symptômes, l'isolement dans un hôtel, un foyer ou un centre communautaire si l'isolement à domicile était difficile, ainsi qu'un soutien financier généreux pendant l'isolement.Les scientifiques estiment que le Royaume-Uni, l'un des pays les plus touchés du monde par la pandémie, aurait très bien pu suivre l'exemple asiatique. Celui-ci ne satisfait aucun des critères jugés nécessaires pour limiter le nombre de décès. Les personnes censées se mettre en quarantaine n'ont donc pas bénéficié de soutien de la part du gouvernement.L'épidémie britannique a commencé par des foyers à Londres et dans les West Midlands. "Nous aurions pu briser les chaînes de transmission si nous avions mobilisé les capacités locales de test et de dépistage en février et début mars, avec des incitations appropriées pour isoler les foyers et des installations communautaires pour les cas moins graves".Soutien financier Les experts concluent qu'il est primordial de soutenir les patients contaminés durant leur quarantaine. "Les politiques actuelles en matière de test et de traçage se sont écartées des conseils fournis par le SAGE (Scientific Advisory Group for Emergencies). "Sans soutien financier à l'auto-isolement, toute amélioration nécessaire du système de recherche, de test, de traçage, d'isolation et de soutien n'aura qu'un impact marginal. La poursuite de cet échec augmente le risque de nouvelles épidémies et de nouvelles mutations du virus", concluent les scientifiques.Dans le rapport, les auteurs louent la couverture "congé maladie" de la Belgique, même si elle n'est pas reprise dans le classement. Le microbiologiste Emmanuel André estime que notre pays aurait dû utiliser ce levier pour soutenir les personnes en quarantaine. La Belgique a préféré "pénaliser les personnes en quarantaine en appliquant le chômage temporaire", estime le scientifique.