Ce dirigeant libéral de 53 ans et sa coalition gouvernementale ont annoncé vendredi leur démission en raison d'un scandale lié à des allocations familiales, dans lequel des milliers de familles ont été accusées à tort de fraude.

L'affaire a finalement eu raison de cet homme politique parfois surnommé "Le Premier Téflon" - en référence au revêtement antiadhésif de certaines poêles - pour sa capacité à esquiver les questions délicates.

Avec une partie des parents concernés victimes de profilage ethnique, l'affaire a soulevé de nombreuses critiques à l'encontre de l'Etat néerlandais sous l'ère de Mark Rutte.

Une dépendance à la frugalité et une incapacité à lutter contre le racisme systémique lui sont notamment reprochés.

Le scandale a aussi terni son image de responsable politique franc et pragmatique dont les valeurs traditionnelles étaient bien perçues par les électeurs depuis 2010.

Cependant, avec des élections initialement prévues dans deux mois et un Mark Rutte prêt à rester d'ici là Premier ministre par intérim afin de faire face à la pandémie, sa démission ne devrait pas avoir beaucoup d'impact sur le paysage politique national.

M. Rutte s'est rendu vendredi au conseil des ministres, avec le même style discret employé lors de n'importe quelle autre journée de travail, seul sur son vélo.

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. © Belga Images

"Il semble tout simplement être particulièrement bien adapté au métier d'homme politique", avait déclaré l'année dernière Pepijn Bergsen, chercheur au sein d'un programme sur l'Europe à Chatham House, un institut politique basé à Londres. "Surtout dans un système politique comme celui des Pays-Bas, où, plus encore que dans d'autres pays, il s'agit de garder ensemble ces très grandes coalitions de différents types de groupes, et il est vraiment doué pour cela", avait-il expliqué à l'AFP.

Pourtant, cette fois, Rutte a été incapable de garder sa coalition à flot, mise à mal par ce scandale administratif qui a vu des milliers de parents forcés à restituer des allocations qu'ils étaient accusés, à tort, d'avoir reçues sans y avoir droit, laissant beaucoup d'entre eux avec d'importants problèmes financiers.

"Monsieur Non"

Mark Rutte, dernier d'une famille de sept enfants a vécu toute sa vie à La Haye où il habite le même appartement qu'il a acheté après avoir obtenu son diplôme, conduit une Saab d'occasion lorsqu'il ne se déplace pas à vélo et enseigne l'instruction civique en tant que bénévole dans un collège.

Son père Izaak Rutte avait d'abord été marié à Petronella Dilling, la soeur de Mieke, sa deuxième épouse et mère de Mark Rutte, mais elle est décédée dans un camp d'internement japonais en Indonésie, alors colonie néerlandaise, au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Rêvant d'abord d'une carrière de pianiste, Mark Rutte étudie finalement l'histoire, avant de devenir directeur des ressources humaines chez le géant Unilever.

Affichant une personnalité affable qui cache des instincts politiques aiguisés, Rutte devient le chef du parti libéral-conservateur VVD en 2006, avant d'être élu Premier ministre quatre ans plus tard.

Personnage jovial à l'allure dégingandée, il possède de solides alliés qui lui ont permis de former trois gouvernements de coalition dans un paysage politique parfois fragmenté.

Il a parfois été accusé de courir après les voix, comme lorsqu'il a durci sa politique sur l'immigration en marge des législatives de 2017, alors que le député d'extrême droite Geert Wilders gagnait du terrain.

Au sein de l'Union européenne, il s'est distingué l'an passé en tant que leader officieux des pays dits "frugaux", et est devenu "Monsieur Non" pour son intransigeance sur un vaste plan de relance post-coronavirus.

Ses qualités de chef d'Etat n'ont elles jamais été ébranlées, jusqu'à cette affaire des allocations familiales. Malgré cet épisode, il est toutefois peu probable que Rutte décide de mettre fin à sa carrière politique. Reste à savoir si l'aval de ses concitoyens, qui ont continué à le soutenir durant sa gestion de la pandémie, restera intact face à la crise sanitaire, désormais doublée d'une crise politique.

Ce dirigeant libéral de 53 ans et sa coalition gouvernementale ont annoncé vendredi leur démission en raison d'un scandale lié à des allocations familiales, dans lequel des milliers de familles ont été accusées à tort de fraude.L'affaire a finalement eu raison de cet homme politique parfois surnommé "Le Premier Téflon" - en référence au revêtement antiadhésif de certaines poêles - pour sa capacité à esquiver les questions délicates.Avec une partie des parents concernés victimes de profilage ethnique, l'affaire a soulevé de nombreuses critiques à l'encontre de l'Etat néerlandais sous l'ère de Mark Rutte. Le scandale a aussi terni son image de responsable politique franc et pragmatique dont les valeurs traditionnelles étaient bien perçues par les électeurs depuis 2010. Cependant, avec des élections initialement prévues dans deux mois et un Mark Rutte prêt à rester d'ici là Premier ministre par intérim afin de faire face à la pandémie, sa démission ne devrait pas avoir beaucoup d'impact sur le paysage politique national. M. Rutte s'est rendu vendredi au conseil des ministres, avec le même style discret employé lors de n'importe quelle autre journée de travail, seul sur son vélo."Il semble tout simplement être particulièrement bien adapté au métier d'homme politique", avait déclaré l'année dernière Pepijn Bergsen, chercheur au sein d'un programme sur l'Europe à Chatham House, un institut politique basé à Londres. "Surtout dans un système politique comme celui des Pays-Bas, où, plus encore que dans d'autres pays, il s'agit de garder ensemble ces très grandes coalitions de différents types de groupes, et il est vraiment doué pour cela", avait-il expliqué à l'AFP.Pourtant, cette fois, Rutte a été incapable de garder sa coalition à flot, mise à mal par ce scandale administratif qui a vu des milliers de parents forcés à restituer des allocations qu'ils étaient accusés, à tort, d'avoir reçues sans y avoir droit, laissant beaucoup d'entre eux avec d'importants problèmes financiers.Mark Rutte, dernier d'une famille de sept enfants a vécu toute sa vie à La Haye où il habite le même appartement qu'il a acheté après avoir obtenu son diplôme, conduit une Saab d'occasion lorsqu'il ne se déplace pas à vélo et enseigne l'instruction civique en tant que bénévole dans un collège.Son père Izaak Rutte avait d'abord été marié à Petronella Dilling, la soeur de Mieke, sa deuxième épouse et mère de Mark Rutte, mais elle est décédée dans un camp d'internement japonais en Indonésie, alors colonie néerlandaise, au cours de la Seconde Guerre mondiale.Rêvant d'abord d'une carrière de pianiste, Mark Rutte étudie finalement l'histoire, avant de devenir directeur des ressources humaines chez le géant Unilever.Affichant une personnalité affable qui cache des instincts politiques aiguisés, Rutte devient le chef du parti libéral-conservateur VVD en 2006, avant d'être élu Premier ministre quatre ans plus tard.Personnage jovial à l'allure dégingandée, il possède de solides alliés qui lui ont permis de former trois gouvernements de coalition dans un paysage politique parfois fragmenté.Il a parfois été accusé de courir après les voix, comme lorsqu'il a durci sa politique sur l'immigration en marge des législatives de 2017, alors que le député d'extrême droite Geert Wilders gagnait du terrain. Au sein de l'Union européenne, il s'est distingué l'an passé en tant que leader officieux des pays dits "frugaux", et est devenu "Monsieur Non" pour son intransigeance sur un vaste plan de relance post-coronavirus.Ses qualités de chef d'Etat n'ont elles jamais été ébranlées, jusqu'à cette affaire des allocations familiales. Malgré cet épisode, il est toutefois peu probable que Rutte décide de mettre fin à sa carrière politique. Reste à savoir si l'aval de ses concitoyens, qui ont continué à le soutenir durant sa gestion de la pandémie, restera intact face à la crise sanitaire, désormais doublée d'une crise politique.