Héroïne discrète

Dans une interview accordée à Der Spiegel et reprise par nos confrères de Knack, elle explique ne pas avoir été surprise par son arrestation immédiate par la police italienne. Considérée par une héroïne pour certains, détestée par d'autres, elle est immédiatement devenue la figure de proue médiatique de la défense des migrants. Un rôle qu'elle a encore un peu de mal à appréhender : "Je préfère retrousser mes manches plutôt que de faire des dis...

Dans une interview accordée à Der Spiegel et reprise par nos confrères de Knack, elle explique ne pas avoir été surprise par son arrestation immédiate par la police italienne. Considérée par une héroïne pour certains, détestée par d'autres, elle est immédiatement devenue la figure de proue médiatique de la défense des migrants. Un rôle qu'elle a encore un peu de mal à appréhender : "Je préfère retrousser mes manches plutôt que de faire des discours. Et je pense que notre action a parlé d'elle-même", confie-t-elle.Mais elle n'est pas refroidie pour autant, assurant que le Sea-Watch compte bien repartir, même s'il est "difficile de trouver une capitaine qui accepte de prendre le risque". Si ses avocats lui déconseillent pour l'instant de repartir, elle jure de reprendre la mer si la justice abandonne les charges à son encontre.Consciente que l'Italie soutient en grande partie la politique migratoire de Matteo Salvini, elle ne perd pas pour autant espoir : "je sais comment l'Italie a voté aux élections européennes. (...) Mais il existe aussi des mouvements de solidarité en Italie", explique-t-elle, qualifiant le pays de "divisé", notamment sur cette épineuse question. Elle s'étonne également de la rapidité des évènements : "lorsque nous avions les réfugiés à bord, Salvini a fait passer un décret interdisant aux organisations humanitaires d'entrer dans les ports italiens. Cela s'est produit très rapidement. Mercredi nous menions l'opération de sauvetage, et vendredi le décret était adopté à Rome par le Parlement. Il y a eu beaucoup de pression politique pour ce soit fait aussi vite", explique Rackete. L'Allemande s'est également sentie en grande partie abandonnée par ses compatriotes : "j'avais l'impression que personne ne voulait vraiment aider, que ce soit au niveau national ou international. Tout le monde se renvoyait la patate chaude."Pour elle, l'attitude des pays européens envers la migration n'est pas la bonne et manque de solidarité. "Nous avons besoin d'une solution qui nous permettra d'accueillir les gens dans l'Union européenne lorsqu'ils fuient jusqu'ici. (...) Le règlement de Dublin, qui laisse la responsabilité aux pays aux frontières extérieures de l'Europe, est injuste", insiste-t-elle.