Entamée jeudi à 15 heures, la réunion a rapidement confirmé les fortes divergences de vues entre Etats membres soucieux de défendre leurs intérêts nationaux, malgré l'important travail préparatoire mené par le Belge ces dernières semaines aux quatre coins du continent.

Le sommet s'est prolongé toute la nuit de jeudi à vendredi par des bilatérales sous différents formats, puis durant la journée de vendredi, avant une seconde réunion plénière qui a entériné l'impasse. Les Vingt-sept devront se revoir à une date que M. Michel doit encore leur proposer.

La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, n'en a pas moins tenu à remercier le Belge pour ses efforts. "C'est cela la démocratie. Nous avons 27 Etats membres avec 27 intérêts différents", a-t-elle souligné.

Le temps commence à presser: le Conseil (Etats membres) est la dernière des trois grandes institutions de l'UE à n'avoir pas encore adopté sa position de négociation sur le "cadre financier pluriannuel" (CFP) pour 2021-2027.

Une fois qu'il l'aura fait, il devra encore s'entendre avec le Parlement européen puis traduire l'accord en textes légaux pour éviter que ne soient bloqués, début 2021, des programmes neufs ou des efforts supplémentaires pour Erasmus, la recherche, l'innovation, la politique climatique, la défense, la sécurité ou la politique migratoire.

"Plus de temps"

"Nous avons travaillé dur, mais malheureusement, ce jour, nous avons constaté que cela nécessitait plus de temps", a commenté M. Michel à l'issue du sommet.

Il s'est dit convaincu que cette réunion aura été "utile et nécessaire". "Il n'y avait pas de raison de tarder, alors que tout était sur la table pour en venir au débat politique. Beaucoup de positions ont été clarifiées et nous pourrons en tirer un certain nombre de conclusions pour augmenter les chances de progresser vers un accord", a-t-il ajouté.

L'équation ressemblait à la "quadrature du cercle", selon les termes de la Première ministre belge Sophie Wilmès. Brexit oblige, les Etats membres doivent compenser la perte de la contribution britannique, estimée à 60 à 75 milliards d'euros sur 2021-2027, tout en finançant les politiques nouvelles.

M. Michel avait proposé de fixer le plafond à 1,074% du revenu national brut (RNB) du bloc à 27, soit 1.095 milliards d'euros sur sept ans. C'est moins que ce que la Commission propose (1,114%), bien moins que le Parlement (1,3%), mais bien plus que le maigre 1% réclamé par un groupe de quatre pays soucieux d'en faire davantage avec moins d'argent.

Ce "frugal four" composé des Pays-Bas, de la Suède, du Danemark et de l'Autriche s'est aussi présenté en bloc au long du sommet pour préserver ses rabais historiques.

De l'autre côté de la table, une douzaine de pays de l'est et méridionaux bataillaient pour donner plus d'ambition à un budget européen dont ils tirent davantage profit via les fonds de la politique de cohésion (rattrapage économique des régions les plus pauvres) ou les fonds agricoles.

"Ce n'est pas la PAC qui peut payer pour le Brexit"

Les deux plus grandes économies de l'Union, la France et l'Allemagne, n'étaient pas non plus sur la même longueur d'onde. Plus grande bénéficiaire de la Politique agricole commune (PAC), la première n'entendait pas couper dans ces aides autant que le proposait le texte initial. "Ce n'est pas la PAC qui peut payer pour le Brexit", a confirmé M. Macron à la fin du sommet, alors qu'il est attendu ce samedi au salon de l'agriculture de Paris.

La chancelière allemande Angela Merkel défendait quant à elle un budget modéré et le rabais dont profite aussi son pays. Elle était parvenue en fin de journée de vendredi à écarter de la table une contribution au budget de l'UE via le système d'échange des quotas de CO2 (ETS).

Et s'il existe bien "un grand accord" sur une taxe "plastique" pour alimenter le projet européen, "les Vingt-sept répondent de manière différente sur le type et la forme des autres ressources propres", a fait observer Mme Von der Leyen.

Dans ce grand marchandage où l'unanimité sera requise au final, les plus petits Etats se battaient eux aussi pour défendre leurs avantages. Ainsi la Belgique voyait-elle d'un mauvais oeil le traitement de faveur qui était proposé aux Néerlandais sur les droits de douane, un poste important pour elle aussi à la suite du Brexit.

A l'est, l'idée de conditionner des fonds européens au respect de l'Etat de droit passait toujours très mal, alors qu'elle était défendue par les gouvernements progressistes. Dans ces conditions, le Premier ministre hongrois Viktor Orban avait beau jeu de clamer dans la journée de vendredi qu'un accord dès ce sommet relèverait du "miracle".

Entamée jeudi à 15 heures, la réunion a rapidement confirmé les fortes divergences de vues entre Etats membres soucieux de défendre leurs intérêts nationaux, malgré l'important travail préparatoire mené par le Belge ces dernières semaines aux quatre coins du continent. Le sommet s'est prolongé toute la nuit de jeudi à vendredi par des bilatérales sous différents formats, puis durant la journée de vendredi, avant une seconde réunion plénière qui a entériné l'impasse. Les Vingt-sept devront se revoir à une date que M. Michel doit encore leur proposer. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, n'en a pas moins tenu à remercier le Belge pour ses efforts. "C'est cela la démocratie. Nous avons 27 Etats membres avec 27 intérêts différents", a-t-elle souligné. Le temps commence à presser: le Conseil (Etats membres) est la dernière des trois grandes institutions de l'UE à n'avoir pas encore adopté sa position de négociation sur le "cadre financier pluriannuel" (CFP) pour 2021-2027. Une fois qu'il l'aura fait, il devra encore s'entendre avec le Parlement européen puis traduire l'accord en textes légaux pour éviter que ne soient bloqués, début 2021, des programmes neufs ou des efforts supplémentaires pour Erasmus, la recherche, l'innovation, la politique climatique, la défense, la sécurité ou la politique migratoire. "Nous avons travaillé dur, mais malheureusement, ce jour, nous avons constaté que cela nécessitait plus de temps", a commenté M. Michel à l'issue du sommet. Il s'est dit convaincu que cette réunion aura été "utile et nécessaire". "Il n'y avait pas de raison de tarder, alors que tout était sur la table pour en venir au débat politique. Beaucoup de positions ont été clarifiées et nous pourrons en tirer un certain nombre de conclusions pour augmenter les chances de progresser vers un accord", a-t-il ajouté. L'équation ressemblait à la "quadrature du cercle", selon les termes de la Première ministre belge Sophie Wilmès. Brexit oblige, les Etats membres doivent compenser la perte de la contribution britannique, estimée à 60 à 75 milliards d'euros sur 2021-2027, tout en finançant les politiques nouvelles. M. Michel avait proposé de fixer le plafond à 1,074% du revenu national brut (RNB) du bloc à 27, soit 1.095 milliards d'euros sur sept ans. C'est moins que ce que la Commission propose (1,114%), bien moins que le Parlement (1,3%), mais bien plus que le maigre 1% réclamé par un groupe de quatre pays soucieux d'en faire davantage avec moins d'argent. Ce "frugal four" composé des Pays-Bas, de la Suède, du Danemark et de l'Autriche s'est aussi présenté en bloc au long du sommet pour préserver ses rabais historiques. De l'autre côté de la table, une douzaine de pays de l'est et méridionaux bataillaient pour donner plus d'ambition à un budget européen dont ils tirent davantage profit via les fonds de la politique de cohésion (rattrapage économique des régions les plus pauvres) ou les fonds agricoles. Les deux plus grandes économies de l'Union, la France et l'Allemagne, n'étaient pas non plus sur la même longueur d'onde. Plus grande bénéficiaire de la Politique agricole commune (PAC), la première n'entendait pas couper dans ces aides autant que le proposait le texte initial. "Ce n'est pas la PAC qui peut payer pour le Brexit", a confirmé M. Macron à la fin du sommet, alors qu'il est attendu ce samedi au salon de l'agriculture de Paris. La chancelière allemande Angela Merkel défendait quant à elle un budget modéré et le rabais dont profite aussi son pays. Elle était parvenue en fin de journée de vendredi à écarter de la table une contribution au budget de l'UE via le système d'échange des quotas de CO2 (ETS). Et s'il existe bien "un grand accord" sur une taxe "plastique" pour alimenter le projet européen, "les Vingt-sept répondent de manière différente sur le type et la forme des autres ressources propres", a fait observer Mme Von der Leyen. Dans ce grand marchandage où l'unanimité sera requise au final, les plus petits Etats se battaient eux aussi pour défendre leurs avantages. Ainsi la Belgique voyait-elle d'un mauvais oeil le traitement de faveur qui était proposé aux Néerlandais sur les droits de douane, un poste important pour elle aussi à la suite du Brexit. A l'est, l'idée de conditionner des fonds européens au respect de l'Etat de droit passait toujours très mal, alors qu'elle était défendue par les gouvernements progressistes. Dans ces conditions, le Premier ministre hongrois Viktor Orban avait beau jeu de clamer dans la journée de vendredi qu'un accord dès ce sommet relèverait du "miracle".