Cette pétition à destination du Parlement britannique exige que celui-ci "ne soit ni suspendu ni dissous à moins que et jusqu'à ce que" le Brexit ait été reporté ou annulé.

Le parlement doit prendre en considération lors d'un débat toute pétition dépassant plus de 100.000 signatures, et le gouvernement doit y répondre lorsque plus de 10.000 signatures ont été récoltées.

La pétition avait été mise en ligne la veille de l'annonce par le Premier ministre britannique de suspendre le Parlement pendant cinq semaines jusqu'au 14 octobre, soit deux semaines seulement avant la date du Brexit. Sa décision a mis en fureur ceux qui, parmi les députés, espéraient bloquer une sortie sans accord de l'UE.

Des milliers de personnes ont aussi manifesté à Londres, Manchester, Edimbourg et d'autres grandes villes mercredi soir.

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées devant le Parlement en scandant "Arrêtez le coup d'Etat" et en brandissant le drapeau européen, puis à Downing Street où est installé le Premier ministre, a constaté un journaliste de l'AFP.

Boris Johnson s'est défendu en affirmant sur la chaîne Sky News que le calendrier fixé "laissera amplement le temps aux députés de débattre de l'UE et du Brexit".

La livre sterling a chuté de 0,6% face à l'euro et au dollar après cette nouvelle qui a renforcé l'hypothèse d'un "no deal", faisant craindre des pénuries et le rétablissement de droits de douane.

Mercredi, le négociateur en chef de la Commission européenne, Michel Barnier, s'est dit "toujours prêt à étudier" les propositions britanniques. Toutefois, les députés ont déjà rejeté trois fois l'accord de sortie de l'UE conclu avec le gouvernement précédent de Theresa May. Ils n'ont pas réussi à se mettre d'accord sur la forme que doit prendre le Brexit, voté en juin 2016 par 52% des Britanniques.