"Il nous faut être prudents, ce n'est pas chose aisée", a-t-il nuancé, interrogé en marge d'une réunion ministérielle à Luxembourg.

Le Royaume-Uni et l'Union européenne abordent une semaine cruciale pour le Brexit avec d'ultimes et laborieuses tractations pour tenter de parvenir à un accord de divorce, à 17 jours de la sortie prévue du bloc européen.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson doit mettre l'accent sur sa volonté de réaliser le Brexit le 31 octobre en présentant lundi son programme de politique nationale lors du traditionnel discours de la reine Elizabeth II, qui marque l'ouverture d'une nouvelle session parlementaire.

Londres et l'UE se sont montrés prudents dimanche sur leurs chances d'éviter un "no deal" douloureux pour l'économie, des négociations intensives à Bruxelles durant le week-end n'ayant pas permis d'enregistrer de percée sur la question clé de la frontière irlandaise.

Des discussions techniques se poursuivront lundi, mais il reste très peu de temps aux deux camps pour réussir.

Les dirigeants européens se réuniront jeudi et vendredi pour un sommet à Bruxelles, présenté comme celui de la dernière chance pour éviter une sortie de l'UE sans accord aux conséquences douloureuses, ou un troisième report prolongeant l'incertitude sur le chemin que prendra le Royaume-Uni après 46 ans dans le giron européen.

Dans l'idéal, les 27 partenaires du Royaume-Uni voudraient avoir une proposition complète sur laquelle voter d'ici là.

Londres et Bruxelles ne parviennent pas à s'entendre sur la manière d'éviter, après le Brexit, un retour à une frontière physique entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande, Etat membre de l'UE, et d'ainsi préserver la paix sur l'île qui a connu plusieurs décennies de violences.

Depuis que son plan de Brexit présenté début octobre a été rejeté par les Européens, Boris Johnson a présenté de nouvelles propositions à son homologue irlandais Leo Varadkar jeudi.

Très peu de détails ont filtré mais selon la presse britannique, Londres a proposé que l'Irlande du Nord forme une union douanière avec la Grande-Bretagne tout en appartenant à une sorte de zone douanière avec l'UE. Inacceptable pour l'UE comme pour l'allié nord-irlandais du gouvernement minoritaire britannique, le parti unioniste DUP.

S'il parvient à conclure un accord, Boris Johnson aura encore la lourde tâche de convaincre le Parlement, très divisé sur le Brexit, entre partisans du maintien de liens étroits avec l'UE et zélateurs d'une coupure nette.

Faute d'accord d'ici là, une loi adoptée en septembre impose à Boris Johnson de demander un report du Brexit de trois mois. Le dirigeant exclut catégoriquement de repousser cette date, déjà reportée deux fois. Il n'a cependant jamais dit comment il pourrait s'y soustraire.

Dans cette période nimbée d'incertitude, le ministre britannique des Finances Sajid Javid a annoncé lundi qu'il présenterait le 6 novembre son "premier budget après le départ de l'UE", une annonce qui a fait tiquer certains, l'avenir du gouvernement étant loin d'être évident. Les partis d'opposition espérent le renverser et Boris Johnson presse lui même pour des élections anticipées.