Le 20 mai dernier, la Première ministre britannique Theresa May écrivait au président du Conseil européen Donald Tusk pour lui un demander un délai jusqu'au 30 juin afin de lui laisser le temps de trouver un accord avec le Parlement britannique. Si ce dernier plaide en faveur d'une prolongation flexible, une "flextension" d'un an, jusqu'au 1er avril 2020, tous les états membres de l'...

Le 20 mai dernier, la Première ministre britannique Theresa May écrivait au président du Conseil européen Donald Tusk pour lui un demander un délai jusqu'au 30 juin afin de lui laisser le temps de trouver un accord avec le Parlement britannique. Si ce dernier plaide en faveur d'une prolongation flexible, une "flextension" d'un an, jusqu'au 1er avril 2020, tous les états membres de l'UE ne semblent pas partager cet avis. Certains États membres de l'UE sont extrêmement sceptiques quant au fait qu'une prolongation jusqu'au 30 juin résoudra quoi que ce soit à Westminster. Une note diplomatique consultée par The Guardian révèle que l'ambassadeur de France s'est assuré du soutien de ses confrères espagnols et belges en faisant valoir qu'il faudrait tout au plus une courte extension de l'article 50 pour éviter une crise financière immédiate: "Nous pourrions probablement prolonger de quelques semaines pour nous préparer sur les marchés". "Une absence d'accord reste le scénario le plus probable", conclut l'ambassadeur français, approuvé selon The Guardian par l'Espagne et la Belgique. Un sommet houleux Tout cela laisse présager un sommet européen, prévu pour le mercredi 10 avril, houleux. Ainsi, le président français Emmanuel Macron a déjà qualifié l'intention de Tusk de "prématurée". Il exige un plan clair et crédible de la part de May, sous peine d'aller de prolongation en prolongation. Amélie de Chalin, tout juste nommée secrétaire d'État aux Affaires européennes en France, partage son avis. "Le 21 mars, le conseil européen a pris une décision claire... Une autre extension exige que le Royaume-Uni présente un plan avec un soutien politique clair et crédible."Côté belge, un porte-parole du Premier ministre Charles Michel conteste toutefois que la Belgique s'oppose à un "report flexible". "Nous ne nous sommes jamais opposés, en public, ou en privé, à l'extension de l'article 50", déclare-t-il au Guardian.