"Nous avons demandé au Royaume-Uni de rester ouvert aux compromis pour viser un accord. Bien entendu, cela signifie également que nous devons accepter des compromis", alors même que "chaque camp a ses lignes rouges", a-t-elle dit, à son départ du premier jour du sommet européen.

Le Premier ministre belge Alexander De Croo confirme que sur les 11 dossiers ouverts à discussion entre Londres et Bruxelles, ce sont essentiellement la pêche, les conditions d'une concurrence équitable et le règlement des différends qui coincent. Pour autant, les Européens ne sont pas prêts à lâcher d'un côté pour obtenir des concessions du Royaume-Uni d'un autre, laisse-t-il entendre. "Il y a consensus, que l'on ne fera pas un accord où un élément peut être utilisé comme monnaie d'échange par ailleurs", indique-t-il. Il faut un accord "équilibré" dans chaque branche, répète-t-il.

Il souligne par ailleurs que "l'UE met sur la table un accès complet sans restrictions à son marché, ce qu'elle n'a jamais fait auparavant". Ce qui justifie les préoccupations quant aux aides d'État par exemple, où il faut y avoir un moyen de "bloquer" l'autre s'il crée artificiellement un avantage concurrentiel.

"Ce serait fou de ne pas avoir un bon deal, mais encore plus fou d'en avoir un mauvais", conclut-il.

Les dirigeants des 27 ont aussi évoqué le climat et le coronavirus

Après avoir adopté des conclusions au sujet des négociations post-Brexit qui patinent, les dirigeants des 27 ont abordé jeudi soir la question climatique. Plus précisément, ils se sont penchés sur l'objectif intermédiaire 2030 de réduction des émissions de gaz à effet de serre, que l'UE doit revoir à la hausse et intégrer dans sa "contribution nationale" à l'accord de Paris, à remettre avant la fin de l'année. La Commission européenne a proposé de viser -55%, par rapport au niveau de 1990, en route vers la "neutralité" carbone en 2050. Le Parlement européen, plus ambitieux, s'est prononcé pour -60% d'ici 2030.

La question de l'ampleur de la réduction des émissions de gaz à effet de serre qu'il faudrait viser, "c'est surtout, pour moi, une discussion à long terme sur la technologie, sur le leadership à prendre dans ce domaine", a indiqué jeudi soir le Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld), à l'issue de la première journée du sommet européen à Bruxelles. Vendredi sera consacré aux dossiers de politique étrangère et aux relations avec l'Afrique. "La Belgique ne va pas sauver le climat, mais la technologie belge le pourrait, ou la technologie européenne. Avec une ambition élevée, c'est l'occasion de prendre le 'lead' dans ce domaine", résume Alexander De Croo.

Les chefs d'Etat et de gouvernement quant à eux, comme attendu, ont décidé qu'ils décideraient en décembre, lors d'un prochain sommet. Dans ses conclusions sur le sujet "climat", le Conseil rappelle cependant déjà qu'il estime que l'objectif sera à atteindre "collectivement", de la manière la plus efficiente et économique (cost-effective) possible. Cela veut dire que "tous les Etats membres participeront à l'effort", mais en tenant compte des "circonstances nationales et de considérations d'équité et de solidarité", peut-on lire dans les conclusions. Cela suppose donc la possibilité d'une contribution variable à l'effort global, d'un pays à l'autre, comme le souhaitent par exemple les pays encore fort dépendants du charbon.

Le Premier ministre tchèque Andrej Babis avait insisté là-dessus à son arrivée au sommet, ainsi que son homologue bulgare Boïko Borissov, qui a souligné les coûts potentiels dans son pays d'une fermeture rapide des mines. Les chefs d'Etat et de gouvernement invitent d'ailleurs la Commission à entamer des consultations avec les Etats pour rendre compte des situations spécifiques et des impacts potentiels sur chaque pays.

"C'est clair que certains pays ont mentionné le fait qu'il faut des stratégies, des flexibilités", commente Alexander De Croo. "D'autres pays, comme la Belgique, ont souligné l'importance de prendre en compte le 'cost-effectiveness'", soit la rentabilité, et il se réjouit donc de la formulation des conclusions.

Il restait finalement du temps dans la soirée pour évoquer le coronavirus, principalement pour que les dirigeants finissent par appeler "le Conseil, la Commission et les Etats membres à poursuivre l'effort de coordination" qui a souvent fait cruellement défaut depuis le début de la pandémie sur le continent. Il semble cependant y avoir eu des avancées dans cette direction, selon Alexander De Croo, qui parle d'un "pré-accord" pour s'échanger davantage d'informations entre pays

"Nous avons demandé au Royaume-Uni de rester ouvert aux compromis pour viser un accord. Bien entendu, cela signifie également que nous devons accepter des compromis", alors même que "chaque camp a ses lignes rouges", a-t-elle dit, à son départ du premier jour du sommet européen. Le Premier ministre belge Alexander De Croo confirme que sur les 11 dossiers ouverts à discussion entre Londres et Bruxelles, ce sont essentiellement la pêche, les conditions d'une concurrence équitable et le règlement des différends qui coincent. Pour autant, les Européens ne sont pas prêts à lâcher d'un côté pour obtenir des concessions du Royaume-Uni d'un autre, laisse-t-il entendre. "Il y a consensus, que l'on ne fera pas un accord où un élément peut être utilisé comme monnaie d'échange par ailleurs", indique-t-il. Il faut un accord "équilibré" dans chaque branche, répète-t-il. Il souligne par ailleurs que "l'UE met sur la table un accès complet sans restrictions à son marché, ce qu'elle n'a jamais fait auparavant". Ce qui justifie les préoccupations quant aux aides d'État par exemple, où il faut y avoir un moyen de "bloquer" l'autre s'il crée artificiellement un avantage concurrentiel. "Ce serait fou de ne pas avoir un bon deal, mais encore plus fou d'en avoir un mauvais", conclut-il.Après avoir adopté des conclusions au sujet des négociations post-Brexit qui patinent, les dirigeants des 27 ont abordé jeudi soir la question climatique. Plus précisément, ils se sont penchés sur l'objectif intermédiaire 2030 de réduction des émissions de gaz à effet de serre, que l'UE doit revoir à la hausse et intégrer dans sa "contribution nationale" à l'accord de Paris, à remettre avant la fin de l'année. La Commission européenne a proposé de viser -55%, par rapport au niveau de 1990, en route vers la "neutralité" carbone en 2050. Le Parlement européen, plus ambitieux, s'est prononcé pour -60% d'ici 2030. La question de l'ampleur de la réduction des émissions de gaz à effet de serre qu'il faudrait viser, "c'est surtout, pour moi, une discussion à long terme sur la technologie, sur le leadership à prendre dans ce domaine", a indiqué jeudi soir le Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld), à l'issue de la première journée du sommet européen à Bruxelles. Vendredi sera consacré aux dossiers de politique étrangère et aux relations avec l'Afrique. "La Belgique ne va pas sauver le climat, mais la technologie belge le pourrait, ou la technologie européenne. Avec une ambition élevée, c'est l'occasion de prendre le 'lead' dans ce domaine", résume Alexander De Croo. Les chefs d'Etat et de gouvernement quant à eux, comme attendu, ont décidé qu'ils décideraient en décembre, lors d'un prochain sommet. Dans ses conclusions sur le sujet "climat", le Conseil rappelle cependant déjà qu'il estime que l'objectif sera à atteindre "collectivement", de la manière la plus efficiente et économique (cost-effective) possible. Cela veut dire que "tous les Etats membres participeront à l'effort", mais en tenant compte des "circonstances nationales et de considérations d'équité et de solidarité", peut-on lire dans les conclusions. Cela suppose donc la possibilité d'une contribution variable à l'effort global, d'un pays à l'autre, comme le souhaitent par exemple les pays encore fort dépendants du charbon. Le Premier ministre tchèque Andrej Babis avait insisté là-dessus à son arrivée au sommet, ainsi que son homologue bulgare Boïko Borissov, qui a souligné les coûts potentiels dans son pays d'une fermeture rapide des mines. Les chefs d'Etat et de gouvernement invitent d'ailleurs la Commission à entamer des consultations avec les Etats pour rendre compte des situations spécifiques et des impacts potentiels sur chaque pays. "C'est clair que certains pays ont mentionné le fait qu'il faut des stratégies, des flexibilités", commente Alexander De Croo. "D'autres pays, comme la Belgique, ont souligné l'importance de prendre en compte le 'cost-effectiveness'", soit la rentabilité, et il se réjouit donc de la formulation des conclusions. Il restait finalement du temps dans la soirée pour évoquer le coronavirus, principalement pour que les dirigeants finissent par appeler "le Conseil, la Commission et les Etats membres à poursuivre l'effort de coordination" qui a souvent fait cruellement défaut depuis le début de la pandémie sur le continent. Il semble cependant y avoir eu des avancées dans cette direction, selon Alexander De Croo, qui parle d'un "pré-accord" pour s'échanger davantage d'informations entre pays