Donald Trump, Angela Merkel ou Boris Johnson seront accueillis avec faste jusqu'à lundi dans la station balnéaire, ancien village de pêcheur devenu le rendez-vous des têtes couronnées au XIXe siècle, puis aujourd'hui celui des surfeurs.

A une vingtaine de km, des milliers d'opposants ont déjà entamé leur "contre-sommet" à Hendaye et Irun (Espagne).

Les "anti-sommet" dénoncent un G7 placé par la France sous le signe de la lutte contre les inégalités - alors que, selon eux, Emmanuel Macron les creuse avec une politique trop libérale. Ils regrettent aussi la "démesure" d'un dispositif de sécurité "ahurissant".

Eprouvées par la crise des "gilets jaunes, les autorités françaises conviennent avoir mis en place un "dispositif exceptionnel" et une "vigilance maximale": robots démineurs, drones, sauveteurs, plongeurs, brigades canines... avec l'appui de l'armée et de la sécurité civile.

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a identifié "trois menaces majeures": des débordements lors de manifestations, l'hypothèse terroriste et la menace de cyberattaques.

"Nous ne tolérerons aucun débordement. S'ils surviennent, nous y répondrons", a-t-il prévenu.

La France loue aussi sa "coopération exceptionnelle" avec Madrid, qui a mobilisé près de 3.000 forces de l'ordre, sans compter la police de la région autonome basque. La vue de véhicules de la "Guardia Civil" sur les routes côté français fait toutefois grincer des dents certains sympathisants de la cause indépendantiste basque.

Après de longs mois de crise des "gilets jaunes", policiers et gendarmes doivent à nouveau se mobiliser. Leur moral est "excellent", assure les autorités françaises. Mais pour des syndicats de police qui dénoncent depuis des mois l'épuisement dans les rangs, le G7 vient comme "une cerise sur le gâteau" au goût amer.

"Répression crescendo"

Si les organisateurs du "contre-sommet" assurent que leur mouvement s'inscrit dans la non violence, la grande manifestation prévue samedi d'Hendaye à Irun (Espagne) fait redouter des débordements.

Selon des sources dans les milieux d'ultra-gauche français, le ton n'est pas à la confrontation massive avec les forces de l'ordre, mais plutôt au blocage pour perturber le sommet. "Ce sont peut-être plutôt les (black blocs) étrangers qui vont peser", dit un militant parisien. En France, "la répression crescendo a dissuadé un certain nombre de gens".

Pour un éventuel traitement judiciaire de fauteurs de trouble, un dispositif spécial a été mis en place sur la Côte basque, avec 17 procureurs et 300 places de gardes à vue.

Deux ressortissants allemands visés par une interdiction de séjour en France avant la tenue du G7 ont été arrêtés cette semaine et expulsés. L'un d'eux, interpellé non loin de Biarritz, "s'était fait connaître pour une action violente lors d'un sommet du G20", selon une source judiciaire.

A Biarritz, la ville sera bouclée à double tour dès jeudi soir: deux zones très strictes ont été délimitées en centre-ville, la rouge et la bleue, et il faudra montrer patte blanche, un casse-tête pour habitants et commerçants.

Pour le maire Michel Veunac (Modem), critiqué par ses administrés pour avoir gaché la saison touristique, il n'était pas question de dire non à Emmanuel Macron, qui a personnellement choisi Biarritz.

"Comment notre ville, qui a historiquement une vocation d'accueil, aurait pu refuser le plus grand évènement de la planète ? ça ne se discute pas!", plaide l'édile.

"Il ne faut pas me faire croire qu'en trois jours, les commerçant vont perdre leur recette de l'année...", a-t-il ajouté, évoquant un mécanisme de compensation en cas de pertes importantes.

Il ne craint pas non plus les violences: "les gens du contre-sommet ont intérêt à ce que tout se passe bien. S'ils sont pollués par des casseurs, leur message sera inaudible. Regardez ce qui est arrivé aux gilets jaunes..."