Pour la plupart des produits achetés en supermarchés, les industriels n'ont pas l'obligation de mentionner l'origine géographique exacte des matières premières sur l'emballage. Les étiquettes sont souvent truffées d'informations que le consommateur a parfois bien du mal à décrypter. Les fabricants, pour encore plus appâter le consommateur, n'hésitent pas à estampiller leurs produits de références régionales qui se révèlent parfois douteuses, voire fausses.
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Pour la plupart des produits achetés en supermarchés, les industriels n'ont pas l'obligation de mentionner l'origine géographique exacte des matières premières sur l'emballage. Les étiquettes sont souvent truffées d'informations que le consommateur a parfois bien du mal à décrypter. Les fabricants, pour encore plus appâter le consommateur, n'hésitent pas à estampiller leurs produits de références régionales qui se révèlent parfois douteuses, voire fausses. Actuellement, seuls quelques produits doivent être mentionnés obligatoirement leur origine géographique, c'est le cas notamment de la viande de boeuf, des fruits et légumes, du miel... La Zone de Pêche (ZDP) ou le pays d'élevage doit aussi être donnés pour les poissons et crustacés. Pour les autres denrées, la charcuterie, les légumes en conserve, les plats préparés... c'est parfois le flou le plus total sur les emballages même si certaines enseignes font de plus en plus d'efforts dans ce sens. Exemples parmi d'autres relevés par L'Express : un cassoulet toulousain dont le canard vient de Pologne ou du jambon de Paris issu d'un porc qui a été élevé en Espagne. Ou encore, des compotes de pommes pour enfant avec la mention "Entreprise familiale française" mais dont la phrase en petites lettres "Andros parcourt le monde à la recherche des meilleurs fruits" laisse entendre que ces compotes sont préparées avec des fruits du monde entier. En jouant sur la mention "préparé en...", les industriels jouent aussi adroitement sur la provenance de leurs denrées. Business Insider prend l'exemple d'une boîte de thon dont la mention "à Douarnenez en Bretagne" laisse croire qu'elle est originaire à 100% de Bretagne. Pourtant, en y regardant de plus près, la zone de pêche qui doit être inscrite de manière obligatoire sur l'emballage renvoie à l'"Océan Pacifique Centre Est", pas vraiment la Bretagne, donc. Pour pousser les fabricants à indiquer de manière claire et transparente l'origine précises de leurs matières premières, le think tank Agroalimentaire Des Echos en France, a lancé l'opération "Balance ton origine". "L'origine n'est mise en avant que quand elle est vertueuse, il y a une vraie hypocrisie sur le sujet", affirme à Business Insider Olivier Dauvers, spécialiste de la grande distribution et fin connaisseur de l'agroalimentaire qui a initié cette opération. Car pour lui, il n'y a rien de pire que l'origine UE, "ce cache-misère de l'origine de la matière première agricole, lorsqu'une marque ou une enseigne n'assume pas de s'approvisionner en Espagne, en Allemagne, en Pologne ou encore ailleurs", argumente-t-il. Et cela, bien souvent au détriment des producteurs locaux. "Industriels, distributeurs et même coopératives agricoles cultivent l'ambiguïté. Par exemple, si une marque indique que son civet de lapin est 'cuisiné en France' avec un beau logo bleu, blanc, rouge sur l'étiquette, elle doit aussi préciser le lieu de production du lapin, qui a peu de chance d'être en France. C'est la symétrie de la promesse d'origine", explique-t-il à L'Express. L'opération est certes empreinte d'un chauvinisme marqué et d'une promotion intensive des produits "made in France".Et la sauce prend, depuis quelques semaines le hashtag #balancetonorigine se répand sur les réseaux sociaux, principalement dans l'Hexagone. Il ne demande qu'à faire le buzz dans d'autres contrées, dont la Belgique, pour la défense des agriculteurs et petits producteurs locaux face aux mastodontes de l'agroalimentaire. En espérant que les consommateurs avertis puissent contribuer à modifier l'approvisionnement des supermarchés par leurs actes d'achat.