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Peut-on renoncer à ses devoirs et obligations, tout en conservant un titre prestigieux et des subventions publiques et familiales ? No, a répondu Buckingham Palace, qui n'a pas voulu accorder au duc et la duchesse de Sussex un statut inédit dans la famille royale britannique. Le 8 janvier, le prince Harry, 35 ans, et son épouse Meghan, 38 ans, avaient annoncé avec fracas leur retrait des affaires royales et leur installation à l'étranger. Une première depuis Edouard VIII, qui avait dû renoncer au trône en 1936 pour pouvoir épouser Wallis Simpson, roturière américaine divorcée. La sortie des Sussex sucite incompréhension et indignation dans la presse britannique, le public et l'administration royale. Elizabeth II a mis fin à dix jours de crise en entérinant un Hard Megxit : puisqu'ils ne sont plus des membres actifs de la famille royale, Harry et Meghan ne pourront plus utiliser leur titre d'altesse royale et ne recevront plus de fonds publics. Ils ont quelques semaines pour s'organiser : les décisions prennent effet au printemps.
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Peut-on renoncer à ses devoirs et obligations, tout en conservant un titre prestigieux et des subventions publiques et familiales ? No, a répondu Buckingham Palace, qui n'a pas voulu accorder au duc et la duchesse de Sussex un statut inédit dans la famille royale britannique. Le 8 janvier, le prince Harry, 35 ans, et son épouse Meghan, 38 ans, avaient annoncé avec fracas leur retrait des affaires royales et leur installation à l'étranger. Une première depuis Edouard VIII, qui avait dû renoncer au trône en 1936 pour pouvoir épouser Wallis Simpson, roturière américaine divorcée. La sortie des Sussex sucite incompréhension et indignation dans la presse britannique, le public et l'administration royale. Elizabeth II a mis fin à dix jours de crise en entérinant un Hard Megxit : puisqu'ils ne sont plus des membres actifs de la famille royale, Harry et Meghan ne pourront plus utiliser leur titre d'altesse royale et ne recevront plus de fonds publics. Ils ont quelques semaines pour s'organiser : les décisions prennent effet au printemps. Le retrait des Sussex aura d'autres conséquences financières très concrètes. Puisqu'ils comptent vivre désormais en Amérique du Nord, Harry et Meghan se sont engagés à rembourser la note salée (2,7 millions d'euros) de la rénovation récente de Frogmore Cottage, leur résidence à Windsor. Ils avaient entrepris, aux frais du contribuable, des travaux pour réaménager à leur goût cette demeure historique, dépense qui a fait beaucoup jaser. Pour conserver l'usage de la maison, ils devront s'acquitter d'un loyer, qui pourrait atteindre 12 000 euros par mois, selon des experts immobiliers. Et cela alors que Frogmore restera fermé la plupart du temps - une partie du personnel a déjà été remerciée -, une fois le couple installé au Canada. Jusqu'ici, les époux Sussex touchaient une allocation de Sa Majesté au titre de leurs fonctions de représentation. La suppression de ce défraiement sera peu douloureuse pour eux : la somme représente 5 % de leurs revenus. Les 95 % restants leur sont versés par Charles, le père d'Harry. Ils proviennent de la dotation du prince de Galles, le duché de Cornouailles, un portefeuille privé de propriétés et d'investissements. Charles continuera à soutenir son fils et sa bru dans leur nouvelle vie à Vancouver, mais avec ses propres revenus. Le montant alloué sera réexaminé dans un an. Harry dispose en outre d'un patrimoine de plusieurs dizaines de millions d'euros : les héritages touchés par le prince à la mort de sa mère Diana et de son arrière-grand-mère. Meghan, elle, a gagné des centaines de milliers de dollars à l'époque où elle était actrice - elle a notamment joué dans la série américaine Suits - et où elle tenait son blog lifestyle californien The Tig. Harry et Meghan comptent trouver outre-Atlantique de nouveaux moyens de subsistance. Netflix s'est montré intéressé à l'idée de travailler avec le couple. Plus concrètement, Harry serait en train de préparer, pour la plateforme Apple TV, une série documentaire sur la santé mentale avec l'animatrice et productrice américaine Oprah Winfrey. Meghan a signé un contrat avec Disney pour doubler des personnages d'animation. Les Sussex se sont toutefois engagés à respecter les " valeurs " de Sa Majesté. En clair, pas question pour l'actrice d'accepter n'importe quel rôle à Hollywood ! Reste aussi à voir dans quelle mesure Harry et Meghan auront le droit d'exploiter commercialement leur marque déposée, Sussex Royal. La presse britannique, qui les accusait de " vouloir le beurre et l'argent du beurre ", s'est félicitée du fait que le couple, délesté de ses devoirs royaux, ne puisse plus représenter la reine. Le duc et la duchesse de Sussex ont depuis des mois des relations houleuses avec les tabloïds, qui s'acharnent sur Meghan, Américaine métisse et divorcée, traitée de " manipulatrice " et considérée comme la responsable de la crise. La presse populaire a aussi répandu des rumeurs sur la brouille entre Harry et son frère William, ou entre Meghan et sa belle-soeur Kate. La reine a fait allusion à la pression qui pèse sur les Sussex : " Je reconnais les défis qu'ils ont traversés avec autant d'attention portée sur eux ces deux dernières années. " Le contraste entre le " Megxit dur " décidé par Elizabeth II et le ton chaleureux de ses deux communiqués à l'égard du duc et de la duchesse de Sussex a frappé les observateurs. La reine tient apparemment à ce que le " divorce " ne soit pas conflictuel : " Je suis ravie que nous ayons trouvé une solution constructive et qui soutienne mon petit-fils et sa famille ", a-t-elle écrit après l'annonce des détails du fonctionnement à venir de la famille royale. " Harry, Meghan et Archie resteront des membres très chers de ma famille ". Le prince, lui, ne cache pas sa " grande tristesse d'en être arrivé là " et reconnaît " ne pas avoir toujours bien fait les choses ". En retirant à Harry et Meghan leur statut, la reine a posé l'acte majeur de la recomposition monarchique. La mise à l'écart, fin 2019, du prince Andrew, fils préféré d'Elizabeth, après le scandale des relations du duc d'York avec le financier pédophile américain Jeffrey Epstein, avait ouvert la voie à la réforme pour une monarchie allégée. William et Kate sortent gagnant du deal royal, le duc de Cambrige reprenant les responsabilités de son frère Harry et confortant son statut de second dans l'ordre de succession.