Acte 18 des "gilets jaunes": quand Paris bascule de nouveau dans la violence

16/03/19 à 19:34 - Mise à jour à 20:36

Source: Afp

Des milliers de "gilets jaunes" qui convergent place de l'Etoile avant que la manifestation ne dégénère en scènes d'émeutes urbaines : samedi, l'acte 18, présenté comme un "ultimatum" lancé au président Macron, a rivalisé avec les épisodes les plus violents de la mobilisation, début décembre.

Acte 18 des "gilets jaunes": quand Paris bascule de nouveau dans la violence

- © AFP

Macron à la cellule de crise au ministère de l'Intérieur vers 22H30

Le président Emmanuel Macron, qui a écourté son week-end au ski après les violences à Paris lors de l'acte 18 des "gilets jaunes", se rendra vers 22H30 à la cellule de crise du ministère de l'Intérieur, a indiqué l'Elysée.

Boutiques et restaurants pillés et incendiés sur les Champs-Elysées, affrontements avec les forces de l'ordre: pour son acte 18, la mobilisation des "gilets jaunes" a été marquée par un très fort regain de violences à Paris, où plus de 150 personnes ont été interpellées.

09H00 - Marée jaune en direction de l'Etoile

Munis de sifflets et de fumigènes, des manifestants venus de toute la France débarquent dans les gares parisiennes.

"Ca risque de chauffer aujourd'hui", met en garde Greg, un "street medic" de 38 ans muni d'un casque et d'un masque. "Le mot d'ordre c'est faire attention devant, pour les LBD, et derrière, pour les casseurs", explique-t-il.

Sur les Champs-Elysées, un touriste japonais photographie sa petite amie. En arrière plan, l'Arc de Triomphe, encerclé par des "gilets jaunes".

Acte 18 des "gilets jaunes": quand Paris bascule de nouveau dans la violence

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René Lejal, militaire à la retraite, est venu manifester "pour toutes les personnes âgées qui ne peuvent pas se déplacer". Y'a des injustices à tous les niveaux. Je viens d'un village de 1.500 habitants, une grosse partie a le coeur +gilet jaune+. Les forces de l'ordre nous provoquent", dit-il.

11H30 - Pluie de pavés sur les gendarmes mobiles

Pavés, pierres et autres projectiles : une pluie s'abat sur les gendarmes mobiles qui protègent l'Arc de Triomphe. Face à eux, peu de "gilets jaunes" mais beaucoup de manifestants vêtus de noir, capuche sur la tête, masque sur le visage.

Les forces les noient dans des nuages de gaz lacrymogène et sous la pression des canons à eau.

"Ils croyaient nous dompter mais on est indomptables. Les +gilets jaunes+ ne lâcheront rien, il faut qu'ils le comprennent", s'enthousiasme auprès de l'AFP un manifestant masqué.

Sur Twitter, la gendarmerie nationale lance un appel: "+Gilets jaunes+, dissociez-vous des casseurs !".

12H00 - "On va tout brûler!"

Les premières vitrines volent en éclat. Le Fouquet's, restaurant inscrit à l'inventaire des monuments historiques et fréquenté par de nombreuses personnalités, est pris pour cible à coups de pierres et de marteau.

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Sur les Champs-Elysées, des petits groupes scandent des slogans anticapitalistes et antipoliciers et s'attaquent aux magasins et aux restaurants.

Des boutiques sont pillées. Des kiosques incendiés. Au milieu, des barricades en feu. "On va tout brûler!", hurle un manifestant.

Parmi les "7.000 à 8.000 manifestants", "plus de 1.500 ultra-violents qui sont venus pour casser, pour en découdre, pour attaquer", dénonce le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

13H30 - Une banque incendiée, onze blessés

"Ils auraient pu tuer", souffle Reda. Avec sa femme et leur quatre enfants, il vient de fuir son immeuble dont le rez-de-chaussée, une banque, vient de prendre feu.

Acte 18 des "gilets jaunes": quand Paris bascule de nouveau dans la violence

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"Deux personnes ont été sauvées des flammes. Une femme et son bébé étaient coincés au deuxième étage", relatent les pompiers à l'AFP.

Bilan : onze blessés légers.

14H30 - Reprise des hostilités

Après une légère accalmie, les pavés volent de nouveau sur la place de l'Etoile, saturée de gaz lacrymogène.

Sur les Champs-Elysées, complètement bouclés, kiosque incendiés, abri-bus détruits et les vitrines en miettes dessinent un paysage de désolation.

Morgane Jotterand, auxiliaire de vie à domicile venue de Beauvais, prévient : "Aujourd'hui, c'est ce qu'on appelle l'acte final, qui est un début. C'est très bien, il y a de l'action. Il en faudra encore plus si Macron bouge pas", dit-elle.

16H30 - Pillages et incendies sur les Champs-Elysées

Des pilleurs qui jettent à la foule vêtement et bijoux, l'auvent du Fouquet's qui flambe, des devantures de magasins dévorés par les flammes : le saccage des Champs-Elysées franchit un nouveau palier.

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"Révolution!", scandent des manifestants alors que des casseurs courent les bras chargés de marchandises volés et que les pompiers passent d'un foyer à l'autre.

"Pillage = justice sociale", dit un des nombreux graffitis.

16H40 - Gilets jaunes "complices"?

Le Premier ministre arrive dans un commissariat non loin des Champs-Elysées. "Ce que nous voyons aujourd'hui doit laisser à penser à tous ceux qui excusent ou qui encouragent les actes que je dénonçais, en les excusant, en les encourageant, s'en rendent complices", lance-t-il.

Edouard Philippe interroge un policier : les violences sont-elles comparables à celles du 1er décembre, samedi où le mouvement a connu un pic ? "On a ramassé pareil, on aurait pu perdre du monde", lui répond le fonctionnaire. Pendant ce temps-là, les heurts se poursuivent à quelques centaines de mètres de là.

18H00 - Des groupes sur les grands boulevards et aux Halles

Quelques centaines de personnes ont quitté le secteur des Champs-Elysées et remontent rapidement les grands boulevards vers la place de la République incendiant poubelles et véhicules sur leur passage notamment des scooters.

Devant les Halles, une voiture de police a été incendiée.

Peu avant 19H00, le bilan des interpellations est montée à 192 personnes et 64 placées en garde à vue.