Interrogée sur la Pologne qui a récemment remis en cause la primauté du droit européen, la chancelière, aux côtés du Premier ministre Alexander De Croo, a plaidé le dialogue et le compromis.

"En tant qu'États membres, nous sommes obligés de trouver toujours des compromis, sans pour autant renoncer à nos principes. Il est temps de parler de manière approfondie avec le gouvernement (polonais) pour aller au-delà de nos différends", a-t-elle affirmé.

À ses yeux, le recours à la Justice européenne ne permettra pas à lui seul de résoudre les différences de perceptions ou de manière de travailler au sein de l'UE, "ce serait une erreur de le penser".

Évoquant l'ultimatum fixé au 2 novembre par le Parlement européen à la Commission Von der Leyen pour activer le mécanisme conditionnant l'octroi de fonds européens au respect de l'État de droit, sous peine de citer l'exécutif européen en justice, Angela Merkel s'est dite "un peu triste" de cette menace. "Trouvons des compromis en nous parlant", a-t-elle exhorté.

"Cela ne sert à rien de nous pointer du doigt, cela ne mènera pas à des solutions", a renchéri Alexander De Croo.

Le chef du gouvernement belge avait eu l'occasion, juste avant, de louer "la patience, la détermination, le discernement et l'humanisme" avec lequel la chancelière allemande a, à ses yeux, cogéré au niveau européen les multiples crises (financières, géopolitiques, migratoire, sanitaire) auxquelles l'UE a été confrontée ces quinze dernières années.

Il a particulièrement insisté sur "le regard humain" dont Mme Merkel a fait preuve en 2015 dans la crise migratoire, ce qui a constitué selon lui l'acte politique "le plus inspirant" de la chancelière. Elle avait alors ouvert son pays à des centaines de milliers de demandeurs d'asile syriens et irakiens.

Interrogée sur ce dont elle a été la plus fière dans son parcours politique, Mme Merkel s'est souvenue des quatre élections que lui a fait remporter le peuple allemand, mais aussi de son action pour aider à sauvegarder l'euro et à maîtriser l'impact de la crise économique mondiale.

Plus récemment, c'est le grand fonds européen de relance post-covid, soutenu par un emprunt commun des Vingt-sept inédit à cette ampleur, qui l'a rendue fière, alors que l'Allemagne était traditionnellement réticente à ce type de politique. Ce fonds "permet de soutenir des pays qui connaissent des difficultés dont ils ne sont pas responsables", a-t-elle insisté.

"L'Union est un trésor rare, la sortie du Royaume-Uni a été un drame. Entre Malte et la Lituanie, entre l'Espagne et la Pologne, l'Allemagne et la France, ou même entre pays du Benelux, il peut y avoir des divergences, mais tout l'art est de trouver des solutions, car sans unité nous n'irons nulle part", a-t-elle plaidé.

Pour l'avenir de son pays, Angela Merkel s'est dite convaincue que le prochain gouvernement sera "pro-européen", un "message important" pour les autres pays de l'Union. Elle s'exprimait ainsi après l'annonce à Berlin d'un pré-accord sur la future coalition gouvernementale, associant sociaux-démocrates, verts et libéraux, à l'exclusion de son propre parti, la CDU.

Angela Merkel reçoit du roi Philippe la plus haute distinction honorifique belge

La chancelière allemande Angela Merkel était en visite officielle vendredi à Bruxelles, à l'invitation de la Belgique qui lui témoigne ainsi son respect pour ses seize années à la tête du gouvernement de la première économie de l'Union européenne.

Mme Merkel (67 ans), qui quittera ses fonctions lorsque sera nommé son remplaçant à Berlin à la suite des élections du 26 septembre dernier, est reçue ces derniers temps dans plusieurs pays de l'Union, comme ce fut le cas ce jeudi encore en Espagne.

A Bruxelles, la démocrate-chrétienne a déjeuné vendredi midi au château de Laeken, où le roi Philippe lui a décerné le grand cordon de l'ordre de Léopold, la distinction la plus élevée des ordres nationaux de Belgique.

"Vos fonctions vous ont souvent amenée à Bruxelles et vous avez noué des relations personnelles fortes en Belgique", a déclaré le souverain à la chancelière qui aura connu, au sein du Conseil européen, pas moins de sept Premiers ministres belges (Guy Verhofstadt, Yves Leterme, Herman Van Rompuy, Elio Di Rupo, Charles Michel, Sophie Wilmès et Alexander De Croo).

"Nos pays entretiennent une relation privilégiée et oeuvrent ensemble au projet européen", a souligné Philippe, en remettant la distinction "pour votre leadership, votre engagement européen et votre attachement à notre pays".

Dans l'après-midi, la chancelière était reçue au Palais d'Egmont par le Premier ministre Alexander De Croo. Ce fut pour elle l'occasion de délivrer un message d'unité entre les États membres et de modération entre les institutions européennes, tandis que le chef du gouvernement belge vantait "la patience, la détermination, le discernement et l'humanisme" avec lequel la chancelière allemande a, à ses yeux, cogéré au niveau européen les multiples crises (financières, géopolitiques, migratoire, sanitaire) auxquelles l'UE a été confrontée ces quinze dernières années.

En soirée, un concert d'adieu était programmé au Palais des Beaux-Arts, sous la baguette du compositeur et chef d'orchestre Dirk Brossé. Avec l'orchestre de chambre Prima la Musica, il interprétait des compositions de Mozart, Beethoven, Brossé et Toots Thielemans.

Après le concert, le Premier ministre a invité la chancelière à un dîner privé, dans un restaurant situé non loin du Marché aux Poissons à Bruxelles. Un certain nombre d'invités belges actifs dans des domaines d'expertise pour lesquels Angela Merkel a un intérêt particulier s'y joindront. C'est le cas de Guido Gryseels, directeur général de l'AfricaMuseum, de Caroline Pauwels, rectrice de la Vrije Universiteit de Bruxelles, de Peter Piot, célèbre virologue et ancien conseiller spécial de la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, de Heidi Larson, anthropologue, fondatrice et directrice du projet "Vaccine Confidence", de Jean-Pascal Van Ypersele, climatologue et ancien vice-président du groupe d'experts des Nations unies sur le climat (GIEC), d'Ilham Kadri, la CEO de Solvay, de Peter De Caluwé, intendant et directeur général de La Monnaie, ainsi que de la ministre des Affaires étrangères Sophie Wilmès. La chancelière doit ensuite repartir pour Berlin.

Interrogée sur la Pologne qui a récemment remis en cause la primauté du droit européen, la chancelière, aux côtés du Premier ministre Alexander De Croo, a plaidé le dialogue et le compromis. "En tant qu'États membres, nous sommes obligés de trouver toujours des compromis, sans pour autant renoncer à nos principes. Il est temps de parler de manière approfondie avec le gouvernement (polonais) pour aller au-delà de nos différends", a-t-elle affirmé. À ses yeux, le recours à la Justice européenne ne permettra pas à lui seul de résoudre les différences de perceptions ou de manière de travailler au sein de l'UE, "ce serait une erreur de le penser". Évoquant l'ultimatum fixé au 2 novembre par le Parlement européen à la Commission Von der Leyen pour activer le mécanisme conditionnant l'octroi de fonds européens au respect de l'État de droit, sous peine de citer l'exécutif européen en justice, Angela Merkel s'est dite "un peu triste" de cette menace. "Trouvons des compromis en nous parlant", a-t-elle exhorté. "Cela ne sert à rien de nous pointer du doigt, cela ne mènera pas à des solutions", a renchéri Alexander De Croo. Le chef du gouvernement belge avait eu l'occasion, juste avant, de louer "la patience, la détermination, le discernement et l'humanisme" avec lequel la chancelière allemande a, à ses yeux, cogéré au niveau européen les multiples crises (financières, géopolitiques, migratoire, sanitaire) auxquelles l'UE a été confrontée ces quinze dernières années. Il a particulièrement insisté sur "le regard humain" dont Mme Merkel a fait preuve en 2015 dans la crise migratoire, ce qui a constitué selon lui l'acte politique "le plus inspirant" de la chancelière. Elle avait alors ouvert son pays à des centaines de milliers de demandeurs d'asile syriens et irakiens. Interrogée sur ce dont elle a été la plus fière dans son parcours politique, Mme Merkel s'est souvenue des quatre élections que lui a fait remporter le peuple allemand, mais aussi de son action pour aider à sauvegarder l'euro et à maîtriser l'impact de la crise économique mondiale. Plus récemment, c'est le grand fonds européen de relance post-covid, soutenu par un emprunt commun des Vingt-sept inédit à cette ampleur, qui l'a rendue fière, alors que l'Allemagne était traditionnellement réticente à ce type de politique. Ce fonds "permet de soutenir des pays qui connaissent des difficultés dont ils ne sont pas responsables", a-t-elle insisté. "L'Union est un trésor rare, la sortie du Royaume-Uni a été un drame. Entre Malte et la Lituanie, entre l'Espagne et la Pologne, l'Allemagne et la France, ou même entre pays du Benelux, il peut y avoir des divergences, mais tout l'art est de trouver des solutions, car sans unité nous n'irons nulle part", a-t-elle plaidé. Pour l'avenir de son pays, Angela Merkel s'est dite convaincue que le prochain gouvernement sera "pro-européen", un "message important" pour les autres pays de l'Union. Elle s'exprimait ainsi après l'annonce à Berlin d'un pré-accord sur la future coalition gouvernementale, associant sociaux-démocrates, verts et libéraux, à l'exclusion de son propre parti, la CDU.