" Que faites-vous de vos culottes ? Je n'en vois pas dans le bocal ! " Entre les emballages de médicaments, quelques blisters et un efface-encre, effectivement aucune trace d'un quelconque tissu. Le petit pot en verre abrite pourtant tous les déchets produits par Sylvie Droulans (plus son mari et ses deux filles) durant une année. Deux cents grammes à tout casser. Dans le public - une septantaine de personnes réunies dans une salle communale à Braives -, cette participante insiste. C'est qu'elle, elle a beau acheter des sous-vêtements de qualité, un trou finit toujours par poindre. Alors, elle en fait quoi, Sylvie Droulans, de sa vieille lingerie ?
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" Que faites-vous de vos culottes ? Je n'en vois pas dans le bocal ! " Entre les emballages de médicaments, quelques blisters et un efface-encre, effectivement aucune trace d'un quelconque tissu. Le petit pot en verre abrite pourtant tous les déchets produits par Sylvie Droulans (plus son mari et ses deux filles) durant une année. Deux cents grammes à tout casser. Dans le public - une septantaine de personnes réunies dans une salle communale à Braives -, cette participante insiste. C'est qu'elle, elle a beau acheter des sous-vêtements de qualité, un trou finit toujours par poindre. Alors, elle en fait quoi, Sylvie Droulans, de sa vieille lingerie ? Ça dépend : parfois, elle la découpe en lambeaux pour rembourrer des coussins. Ou s'en sert comme loque, deuxième vie toute trouvée pour les vêtements devenus immettables. De conférence en conférence, la Bruxelloise a l'habitude de tout déballer sur son papier-toilette, ses méthodes de rasage, son déodorant et ses cotons-tiges. Ou, plutôt, son oriculi : ça fait trois ans qu'elle a abandonné les bâtonnets en plastique au profit d'un cure-oreille en bambou, lavable, utilisable à vie. Il paraît que ça ne tasse pas le cérumen, en prime. Bannis aussi, les tubes de dentifrice, bidons de gel douche, coton démaquillant... Remplacés par de la pâte " maison ", du savon solide, des lingettes lavables en tissu... Chez les Droulans, dans la salle de bains comme partout ailleurs, tout ce qui est susceptible de terminer à la poubelle ne passe plus le pas de la porte. Sylvie Droulans avait " déjà un certain engagement environnemental ", amplifié au fur et à mesure des années et renforcé après la naissance de ses deux filles. " J'étais impliquée dans des mouvements citoyens, dans des groupes d'achats en direct avec le producteur, des composts collectifs... " Puis, en novembre 2015, elle participe à une conférence de Béa Johnson, Française exilée aux Etats-Unis, qui a écrit, deux ans plus tôt, le livre Zéro déchet (Les Arènes), traduit depuis dans 25 langues. " J'ai été chamboulée. Ça a été un moment choc dans ma vie. " Elle aussi, elle veut faire tenir l'ensemble de ses ordures annuelles dans un bocal. Sylvie Droulans a écrit un blog (Zéro carabistouille), puis un livre ( Le Zéro déchet sans complexe), dont le succès ravit son éditeur, Racine. " Nous sommes en train de le réimprimer pour la deuxième fois en une année ", se réjouit Pascale Stavaux, responsable marketing. Trois mille exemplaires papier vendus, plus " des dizaines " en version numérique, " un très beau score vu le nombre élevé de parutions sur le sujet et notre petit marché. Après un an, les ventes ne faiblissent pas, que du contraire. " " Quelque chose se passe ", estime l'auteure. Elle le voit dans ses conférences : le public non seulement s'amplifie, mais se diversifie. " Jusqu'il y a peu, on était dans l'entre-soi, confirme Marc Sautelet, président de l'asbl Zero Waste Belgium. Mais, aujourd'hui, on sent qu'on dépasse le cercle des premiers convaincus pour atteindre des gens qui n'avaient pas une conscience écologique élevée, mais qui ont l'impression que le zéro déchet leur est accessible. " Le premier " salon zéro déchet " organisé à Bruxelles, en novembre dernier, a attiré plus de 8 000 visiteurs. " Le but n'est évidemment pas que tout le monde arrive à un bocal de déchets par an, insiste Marc Sautelet. C'est une philosophie, une volonté de changer notre état d'esprit par rapport à tous nos achats. " Chacun à son rythme. Lorsque la venue de Jérémie Pichon, blogueur vedette en France et auteur du livre Famille presque zéro déchet (éd. Thierry Souccar, préfacé par Nicolat Hulot), a été annoncée à Bruxelles, en septembre dernier, les 600 places disponibles se sont vendues en dix minutes. Sept cents autres personnes ont tenté d'acheter un billet. Deux millions de visiteurs uniques le suivent sur le Web. Lui aussi constate qu'il ne s'adresse plus qu'" à des gens de gauche, voire d'extrême gauche, mais à des personnes ni de gauche, ni de droite. Les émissions de CO2, l'extinction de masse de certaines espèces... Ça ne se voit pas. Alors que des plastiques dans l'océan, oui. Le déchet fait consensus. " Ce sont effectivement des images qui ont convaincu David Samin. Celles de catastrophes naturelles, " à chaque fois que j'allumais la télé ". Pompier, humoriste sur YouTube à ses heures, il se lance dans le zéro déchet en 2017, sa contribution pour " changer le monde ". Julie Picard, professeure dans le secondaire, s'est, quant à elle, convertie après la naissance de sa fille. " J'avais envie d'agir le mieux possible pour elle. J'ai lu le livre de Béa Johnson et la prise de conscience a été radicale, j'ai compris que tout ce à quoi j'aspirais était réalisable. " Béa Johnson, encore elle. Madame " bocal annuel de 183 grammes ". Le genre à demander à son invité de reprendre avec lui l'emballage des fleurs offertes en remerciement du dîner. Ou à se boucher les oreilles avec des boulettes de cire entourant le gouda, histoire de se passer de boules Quies. La Franco-Américaine, obsédée par la substitution de son papier-toilette, avait même été jusqu'à récolter de la... mousse dans la forêt. Avant de se rendre compte qu'elle allait sans doute un brin trop loin. Son ouvrage a, à lui seul, lancé le zéro déchet. Ses conférences aux quatre coins du monde, les blogs de ses adeptes, les groupes sur Facebook puis les " instagrammeurs " l'ont propagé. Un mouvement purement citoyen, dopé çà et là par un événement ponctuel enrôlant de nouveaux adhérents, comme le film Demain ou la manifestation pour le climat de décembre dernier. Béa Johnson a inventé une théorie en cinq verbes. D'abord refuser. Tout ce dont on n'a pas réellement besoin : les échantillons, les cadeaux gratuits, les journaux publicitaires, les cartes de visite, les produits à usage unique... Ensuite, réduire. Sa consommation, son gaspillage. Aspirer au minimalisme. Quand Béa Johnson ouvrait son tiroir à couverts, elle recensait trois louches... pour deux mains. " On emmagasine inutilement, comme si on vivait perpétuellement en temps de guerre ", prolonge Sylvie Droulans. D'où l'importance de réutiliser. En réparant tout ce qui peut l'être, en achetant d'occasion, en trouvant de nouvelles affectations aux choses. Sa garde-robe tient dans une valise-cabine. Une dizaine de pièces. Chaque membre de sa famille possède son ordinateur, mais de seconde main. On connaît déjà le destin de la cire du gouda... Recycler arrive seulement à ce stade. Car " le meilleur déchet est celui qui n'existe pas ", répètent les adeptes comme un mantra. Puis, les produits recyclés ne peuvent pas l'être indéfiniment. " Le modèle de croissance verte qu'on nous propose au niveau politique, c'est un mensonge, une illusion, un mythe duquel il va falloir sortir rapidement, considère Jérémie Pichon. Il faut aller vers la réduction, ça, ça marche. " Arrive enfin composter, tous les déchets " verts ". Pas une évidence pour tous les ménages. En Wallonie, seules 156 communes sur 262 organisent la récolte des organiques. " Le compost, assure Sylvie Droulans, c'est 30 % en moins dans les poubelles et des éléments qui retournent à la terre plutôt que dans des incinérateurs. " Julie Picard, elle, est carrément passée aux poules. Pour éliminer ses épluchures, mais aussi pour les oeufs. Qu'elle utilise par exemple pour confectionner des pâtisseries pour sa fille - le rituel du dimanche après-midi. Plus question d'acheter des collations suremballées. L'enseignante cuisine elle-même et achète en vrac, dans des magasins où elle peut débarquer avec ses propres bocaux en verre et ses sacs en tissu. Plus compliqué pour la levure et les... chips, tant appréciés par monsieur. " En trouver sans emballage, c'est impossible ! Pendant six mois, je ne lui en avais plus acheté, mais il en mangeait en cachette, rigole-t-elle. Le problème, c'est que quand on commence, on ne peut plus s'arrêter : chaque fois qu'on a un déchet en main, on se demande ce qu'il faut faire pour l'éliminer. On a envie de tout changer d'un coup mais, humainement, ce n'est pas possible. " La Liégeoise a donc décidé d'instaurer un changement par mois, estimant que trente jours sont nécessaires pour établir une nouvelle habitude. Les récentes fêtes de fin d'année sont les premières depuis trois ans qu'elle a abordées sereinement. Faire accepter à sa famille qu'on préfère ne pas recevoir de cadeaux ou offrir les siens emballés dans du tissu (cela s'appelle le furoshiki, une tendance japonaise)... " Au départ, je me sentais marginalisée. Mais désormais, ma mère teste ma recette de lessive et mes collègues me demandent comment je fais mon savon pour les mains ! " " On ne fait que répéter ce qui se faisait dans le temps ", poursuit David Samin. Cette époque où " nous n'étions pas les esclaves de la surconsommation ". A ceux qui les accusent d'être rétrogrades, les " ZD " (comme ils se surnomment) répliquent par les statistiques-slogans. Un camion-poubelle finirait chaque minute dans les océans, 12 % de nos détritus seraient des produits périmés ou non consommés, 500 kilos d'ordures ménagères représenteraient 70 tonnes de déchets cachés, engendrés durant le processus de fabrication... Difficilement vérifiable. Selon la Banque mondiale, la planète aurait produit 2,01 milliards de tonnes de détritus en 2016, et ce volume pourrait croître de 70 % d'ici à 2050. Beaucoup. Trop. Selon Statbel, les Belges ont atteint 63,2 millions de tonnes en 2016, soit quatre millions de plus en dix ans. Mais la planète respirera-t-elle mieux parce qu'un habitant de Montignies-sur-Sambre décide de boycotter les pailles en plastique et qu'un autre de Rochefort apporte son sac à pain en tissu à la boulangerie ? Les ménages, toujours selon Statbel, ne sont que les quatrièmes producteurs de déchets (5,04 millions de tonnes en 2016), loin derrière l'industrie (32,9), le secteur de la construction (19,6) et les services (5,4). Les citoyens lambda en viendraient même à ne plus rien envoyer du tout vers les incinérateurs que ceux-ci s'en ficheraient presque : les industriels ne demandent qu'à prendre leur place. " Nous avons beaucoup de sollicitations de partenaires privés qui, faute de possibilités de traitement, amènent leurs déchets en décharge, explique Luc Joine, directeur général d'Intradel, l'intercommunale liégeoise. Alors, même si la part résiduelle diminue, nous savons que nous tournerons toujours à la même capacité (NDLR : 300 000 tonnes). " En plus, l'industriel paie son incinération 20 % plus cher que l'acteur public. Inutile, insuffisant, le zéro déchet ? " Si on parvient tous à changer notre modèle de consommation, on acquerra un poids politique et économique ", répond Sylvie Droulans, sur le mode " les petits ruisseaux forment les grandes rivières ". Et si tout le monde s'approvisionnait chez les producteurs locaux, et si tout le monde privilégiait les fruits et légumes de saison, et si tout le monde ostracisait le plastique, et si tout le monde renonçait à la fast fashion... " On est habitué à être des moutons, reprend-elle. Ici, on montre que c'est fini. Si on n'achète plus, on force les industriels à se remettre en question. " Impossible n'est pas italien. A Capannori, dans les années 1990, il a suffi d'un instituteur, Rossano Ercolini, pour convaincre ses concitoyens de s'opposer au projet de construction d'un incinérateur dans les vertes vallées de cette ville toscane de 47 000 âmes. Les frondeurs réussirent à convaincre le maire de pousser le zéro déchet comme alternative. Vittoria ! Désormais, les sacs pour détritus non recyclables sont munis d'un code-barres identifiant l'habitant et sa production annuelle. Qui abuse paie. Un centre de recherche a été créé ; il décortique les fonds de poubelles pour essayer de les réduire toujours plus. Et il écrit des lettres aux industriels qui inondent le marché de produits non recyclables. Le producteur de café Lavazza en a reçu tellement qu'il a fini par développer des capsules compostables. " Empowerment. Nous avons beaucoup de pouvoir quand on se met ensemble, témoignait Rossano Ercolini dans un reportage de Notélé, en juin dernier. Si une goutte d'eau se sépare des autres, elle s'évapore. Si elles s'agrègent, ça devient la marée du changement. " Chez nous, les supermarchés ne craignent pas l'inondation, mais ne restent pas imperméables pour autant. Depuis novembre 2017, Carrefour permet à ses clients d'amener leurs propres boîtes aux comptoirs boucherie et poissonnerie. Cela ne devait être qu'un test, mais la mesure fut généralisée dans l'ensemble des magasins au bout de quinze jours, vu l'engouement sur les réseaux sociaux. Au cours de ce premier trimestre 2019, le distributeur supprimera couverts et pailles en plastique de son offre. Pour ses marques propres, d'ici à 2025, il compte éliminer les emballages qui peuvent l'être et substituer les autres par une alternative biodégradable ou recyclable. " Par exemple, on vient de remplacer le dessous de nos gobelets de tomates par du carton et le couvercle par un PET recyclé. Rien qu'en faisant ça, on économise 40 tonnes de plastique par an ", indique Baptiste van Outryve, porte-parole. Delhaize mise sur le marquage au laser de certains fruits et légumes bio, pour permettre leur identification sans empaquetage. " C'est vrai, emballer du bio n'est pas cohérent, concède Karima Ghozzi, porte-parole. Mais on utiliserait beaucoup plus de plastique si on emballait le non-bio. " L'enseigne au lion teste actuellement le vrac et les sacs en coton réutilisables dans son nouveau concept de magasin, à Nivelles. " Si la clientèle répond bien, on pourrait généraliser. " Bien essayé, mais non merci : pour les purs, les durs, le temps des grandes surfaces est à jamais révolu. " Mes tomates en filet chez Lidl, plus jamais ! " garantit le blogueur vedette Jérémie Pichon. Même Ekoplaza, l'autoproclamé " premier supermarché zéro déchet ", qui a ouvert en février 2018 à Amsterdam, ne trouve pas grâce aux yeux des plus engagés. Certes, le plastique y a totalement disparu, mais il a été substitué par des barquettes et emballages recyclables. Ce qui ne devrait être qu'un ultime recours... La grande distribution ne renoncera pas si facilement à ses conditionnements. " D'abord pour des raisons purement sanitaires, ou pour éviter que les clients ne touchent trop les produits, énumère Alexandra Balikdjian, chercheuse en psychologie économique à l'ULB. Parfois, comme pour le bio, parce que les denrées appartiennent à un circuit différent. Ensuite parce que ça incite à acheter en plus grandes quantités. " Mais il faut bien se nourrir, quand même. Bienvenue dans le réseau vrac, où tout se vend au poids, dans des bocaux ou des sacs en tissu. " Ces épiceries poussent comme des champignons ! " lance Stéphanie Grofils, chargée de communication de l'asbl Ecoconso, qui tient à jour une liste de tous les points de vente en Wallonie et à Bruxelles. Cent cinquante-sept au dernier décompte, alors que le premier belge du genre, Robuust, n'a ouvert à Anvers qu'en 2014. Les adeptes ne doivent plus parcourir quelques paradoxales dizaines de kilomètres en voiture pour se fournir en pâtes bio et en blocs de savon. Réseau vrac, une association interprofessionnelle fondée en France il y a deux ans et demi, aimerait s'étendre en Belgique, où elle ne compte que cinq membres actuellement (sur 600 au total). " Nous organisons une rencontre à Bruxelles en mars, annonce sa directrice, Célia Rennesson. Notre mission est d'aider les fournisseurs, les points de vente, les porteurs de projets à se familiariser au cadre juridique, à se former, à réseauter, à gagner en visibilité... " A faire du lobbying, aussi, face à des géants de l'emballage très résistants. Un combat, parmi d'autres : l'huile d'olive, dont un règlement européen impose la vente par contenants de cinq litres maximum. Selon Célia Rennesson, le vrac est " un marché à fort potentiel, qui représentait (NDLR : en France) 850 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2018, contre 100 millions en 2013. " Plus que des épiceries, c'est une économie parallèle qui tente de se développer. Des restaurants et bars (Le Local à Ixelles, Le Boentje à Schaerbeek, Le relais du triporteur à Watermael-Boitsfort, le Tea Late à Liège...), des sites de vente en ligne, du coaching, des fournisseurs... Lili Bulk, entreprise bruxelloise créée en 2016, propose aux points de vente des bocaux remplis (de farine, de biscuits, de riz, de lentilles...) et consignés, que les clients ramènent au prochain achat. " Les magasins peuvent se mettre le pied à l'étrier du vrac grâce à nous, se réjouit Florence Posschelle, cofondatrice. Ce secteur n'est pas toujours facile, car il demande beaucoup de temps et d'entretien, mais notre mission est de faire passer le plus de monde possible au zéro déchet. " Par conviction plus que par appât du gain. " Ceux qui se lancent dans ce domaine le font parce qu'ils sont passionnés, pas pour devenir milliardaires ! " Candice Enderlé, cocréatrice d'Alma Sana, s'est lancée depuis 2016 dans l'organisation d'ateliers payants. Apprendre à faire soi-même son produit de lessive (le plus prisé), son spray multiusage, ses cosmétiques... " On est assailli de demandes ! " De particuliers, d'écoles, de communes et même de plus en plus d'entreprises. Le public se diversifie, elle le constate également. " Avec une nouvelle adhésion, à laquelle on ne s'attendait pas : celle de personnes moins favorisées qui viennent pour une raison budgétaire. " La voilà, la cerise sur le gâteau zéro déchet : les économies. De quarante pour cent sur le budget du ménage, selon Béa Jonhson. " Je dois bien avouer que je ne la croyais pas, admet sa disciple belge Sylvie Droulans. Mais je me suis trompée. Aujourd'hui, on parvient à mettre de l'argent de côté, ce qui n'était pas le cas il y a trois ans. " Les autres " ZD " acquiescent : ils dépensent moins qu'avant. Les magasins en vrac, souvent bio, coûtent forcément plus cher qu'un hard discounter. " Mais on n'y achète que les quantités dont on a besoin, souligne Marc Sautelet (Zero Waste Belgium). Le gaspillage, c'est onéreux. Même si le budget alimentation peut potentiellement augmenter, le reste (produits réalisés soi-même, achats de seconde main...) diminue. " Ses adeptes le jurent également : la vie sans ordures ne serait pas chronophage. " Le produit de lessive, ça me prend cinq minutes tous les deux à trois mois, affirme Marc Sautelet. C'est vrai qu'il n'y a pas d'hypermarché où l'on trouve tout ce dont on a besoin au même endroit, mais une fois qu'on a identifié ses différents magasins, ça devient une habitude. " " On gagne du temps, aussi, parce qu'on ne passe plus des heures dans les centres commerciaux à chercher la bonne affaire ", continue Julie Picard, qui assure passer désormais plus de temps en famille et pour des activités " qui comptent vraiment ". Sur son blog, Béa Johnson aime poster des photos de ses nombreux voyages (plus de soixante pays visités) ou du saut en parachute qu'elle a offert à l'un de ses fils pour son anniversaire. " Parce que le zéro déchet, c'est être axé sur le verbe être, pas avoir. " Reste à savoir si elle replante quelques arbres pour compenser son empreinte carbone aéronautique.