D'après les chercheurs, la viande bovine et le soja OGM, achetés goulûment dans le monde entier, sont deux activités agricoles qui rongent l'Amazonie et expliquent la dramatique multiplication des incendies ravageant en ce moment la plus la grande forêt tropicale du monde.

Dix-sept ONG et 45 députés ont ainsi réclamé à l'Europe dans une tribune publiée par le Journal du Dimanche, d'établir un dialogue avec le Brésil, premier exportateur mondial de boeuf, pour "l'élaboration d'une loi garantissant qu'aucun produit issu de la déforestation, de la conversion d'écosystèmes naturels n'entre sur le marché commun".

"L'Europe a le pouvoir de demander aux entreprises d'assainir leurs chaînes d'approvisionnements, elle l'a déjà fait en interdisant l'importation de pêche illicite et de bois illégal. Il est impératif qu'elle en fasse de même avec les commodités agricoles", indique le texte.

"La transparence sur l'origine des produits doit être totale vis-à-vis des consommateurs, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui", souligne la tribune sous le titre "Des actions pour ne pas être complices de la destruction".

D'après eux, "la France est l'un des principaux importateurs européens de soja, et peut-être demain de boeuf avec l'accord de libre-échange Mercosur", désormais critiqué par le président Emmanuel Macron qui a reproché à son homologue Jair Bolsonaro son inaction face aux incendies.

"Les consommateurs français sont, malgré eux, complices de la déforestation", indiquent-ils.

ONG et députés préconisent un plan d'action permettant aux PME "l'accès à un système de traçabilité simple et efficace permettant aux entreprises de s'assurer qu'elles n'importent pas de produits issus de la destruction des forêts ou des écosystèmes brésiliens".