Des milliers de gorilles sont morts après avoir contracté Ebola. Eux aussi sont touchés par cette terrible maladie qui s'attrape au contact du sang, de la sueur ou encore des larmes des malades et des morts. L'un des principaux facteurs dans la propagation d'Ebola est d'ailleurs les traditions mortuaires qui veulent qu'on embrasse et touche les morts, pourtant particulièrement contagieux. Or, comme nous, ces animaux ont un lien émotionnel avec leurs morts et prennent soin de leur dépouille. Or dans la nature il n'y a aucune consigne sanitaire, du coup l'épidémie se propage.
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Des milliers de gorilles sont morts après avoir contracté Ebola. Eux aussi sont touchés par cette terrible maladie qui s'attrape au contact du sang, de la sueur ou encore des larmes des malades et des morts. L'un des principaux facteurs dans la propagation d'Ebola est d'ailleurs les traditions mortuaires qui veulent qu'on embrasse et touche les morts, pourtant particulièrement contagieux. Or, comme nous, ces animaux ont un lien émotionnel avec leurs morts et prennent soin de leur dépouille. Or dans la nature il n'y a aucune consigne sanitaire, du coup l'épidémie se propage. Des chercheurs du Rwanda et du Congo ont en effet pu observer un comportement de deuil dans trois décès de gorilles, peut-on lire dans PeerJ. Les deux premiers cas, un mâle et une femelle, ont été filmés dans le parc national des volcans au Rwanda et étaient membre d'une même tribu. Les animaux seraient morts de vieillesse. Un autre cas a été observé avec des gorilles des plaines orientales dans le parc national de Kahuzi-Biega au Congo. Dans les trois cas, les gorilles veillaient à côté du corps. Il leur arrivait de le toucher, de le renifler ou même de le lécher pour le nettoyer. Comme le rappelle de Standaard, il se peut cependant que ce soit de la simple curiosité et non du respect. Néanmoins, comme pour les humains, il y a tout de même une différence lorsqu'on connaît le défunt. Dans le cas des animaux rwandais, ceux qui avaient le mieux connu l'animal défunt étaient aussi ceux qui étaient le plus en contact avec le corps. Certains dormant jusqu'à deux jours à côté de lui. Si cela peut sembler touchant, un tel comportement a en réalité de grosses conséquences parmi cette population de singes ou Ebola fait des ravages et qui est déjà soumise à de lourdes épreuves suite à la réduction de leur habitat par l'homme.D'autres animaux montrent aussi des signes de deuilDes chercheurs ont récemment regroupé des centaines d'observations de cétacés faites sur plusieurs décennies dans tous les océans du monde et dans divers aquariums. Ils ont ainsi découvert qu'il n'était pas rare qu'un ou plusieurs individus restaient proches d'un mort en maintenant un contact physique avec la carcasse, et, pour certains, allaient jusqu'à la transporter durant plusieurs jours. De telles observations ont aussi été faites auprès des bélugas du Saint-Laurent. Il s'agirait de ce qu'on appelle des comportements d'épimélétique, soit un réflexe altruiste qui veut qu'un individu en bonne santé prenne soin d'un congénère plus faible. Chez les mammifères terrestres, on observe également de nombreuses interactions entre une mère et son petit décédé. On a par exemple observé des girafes qui inspectaient ou reniflaient des carcasses. Les éléphants resteraient aussi, dans un état de stress, à proximité de leur petit mort ou mourant. On a aussi vu des individus qui recouvrent les corps de leurs congénères de feuille ou de palmes. On a également remarqué que des chimpanzés faisaient la toilette de leur nouveau-né mort ou le conservait auprès d'eux parfois pendant des jours. Chacune de ces espèces a comme point commun de former des groupes très soudés, avec de nombreuses interactions sociales. Les mammifères ne sont cependant pas les seuls animaux démontrant ce type de comportements. Au Canada on a observé des pies qui semblaient faire comme un rituel autour d'une autre pie morte sur la rue. Elles ont entouré le cadavre et piaillé bruyamment. Néanmoins, comme le précisent de nombreux scientifiques, il faut tout de même se méfier de trop d'anthropomorphisme et des interprétations trop hâtives, parce qu'en réalité personne ne sait ce qui se passe dans la tête d'un animal.