S'ils disposent normalement des ressources nécessaires pour y résister, la succession d'événements météorologiques inhabituels peut provoquer des phénomènes de dépérissement, souligne mercredi Marc Herman, directeur de l'Observatoire wallon de la santé des forêts. L'arbre "évapotranspire" plusieurs centaines de litres d'eau par jour, explique M. Herman. Il s'agit du même phénomène que la transpiration humaine: cela permet de réguler la température. "Un bon hêtre va transpirer 300 à 400 litres d'eau par jour pour réguler son métabolisme", illustre le directeur de l'Observatoire, relié au service public de Wallonie.

"Lorsqu'il y a un excès ou un déficit important de chaleur ou de précipitations, ce sont toujours des stress pour un arbre. Pour autant qu'il soit en bonne condition, il peut y résister", souligne M. Herman. "Ce qui est plus embêtant est la succession d'événements inhabituels." Normalement, les arbres et forêts ont les ressources nécessaires à mobiliser mais si des sécheresses, canicules, gelées tardives, froids extrêmes, inondations se succèdent, cela met à mal leurs mécanismes de défense. Si l'arbre ne trouve pas dans le sol l'eau ou les minéraux nécessaires, il peut entrer dans un phénomène de stress, ce qui entraîne l'attaque d'insectes et champignons. L'arbre peut alors entrer dans une spirale de dépérissement. Celle-ci n'est pas obligatoirement fatale, elle peut se résorber.

Il est toutefois difficile d'évaluer, au moment d'un phénomène ponctuel comme la vague de chaleur qui déferle en ce moment sur la Belgique, son impact sur la santé des arbres. "Nous avons installé un dispositif avec des suivis annuels sur l'état des forêts. Pour 2019, les relevés sont en cours", signale M. Herman. "Nous n'avons en tout cas pas attendu la canicule pour s'inquiéter de l'état des forêts", glisse-t-il. Des mesures de régénération des forêts ont été prévues par le SPW, mettant notamment en oeuvre l'amélioration des connaissances scientifiques sur les espèces. Un fichier écologique des essences a ainsi été élaboré qui permet aux propriétaires forestiers d'opter pour la meilleure espèce à planter sur leur terrain. "Cela limite les risques de stress et on obtient à terme une forêt plus résiliente", conclut M. Herman.