Les abeilles et autres pollinisateurs sont en train de disparaitre progressivement. Et si ce phénomène n'était pas inéluctable ? Stefanie Christmann, du Centre international de recherche agricole dans les zones arides (ICARDA), va présenter à la conférence de l'ONU sur la biodiversité les résultats d'une nouvelle étude sur le sujet, annonce The Guardian. Cette recherche montre les gains substantiels, en termes de biodiversité mais aussi de revenus, générés en consacrant un quart des terres cultivées à des cultures fleuries et rentables, comme les épices, les graines oléagineuses, les plantes médicinales et fourragères.
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Les abeilles et autres pollinisateurs sont en train de disparaitre progressivement. Et si ce phénomène n'était pas inéluctable ? Stefanie Christmann, du Centre international de recherche agricole dans les zones arides (ICARDA), va présenter à la conférence de l'ONU sur la biodiversité les résultats d'une nouvelle étude sur le sujet, annonce The Guardian. Cette recherche montre les gains substantiels, en termes de biodiversité mais aussi de revenus, générés en consacrant un quart des terres cultivées à des cultures fleuries et rentables, comme les épices, les graines oléagineuses, les plantes médicinales et fourragères. La conférence des Nations Unies envisage de nouvelles lignes directrices sur les pollinisateurs, comme la réduction, puis l'élimination progressive, des pesticides. Mais les recherches de Christmann suggèrent que cela puisse se faire sans difficulté financière ou perte de production pour les agriculteurs. Et la situation demande une réaction urgente : plus de 80% des cultures alimentaires nécessitent une pollinisation, mais les populations d'insectes qui s'en chargent ne cessent de s'amenuiser. S'il est difficile d'avoir des chiffres exacts, tous les pays font état d'une baisse alarmante, même si les réponses politiques varient. L'Union européenne, par exemple, a décidé d'interdire les insecticides néonicotinoïdes et de nombreux pays européens plantent des fleurs sauvages pour attirer les insectes. Une politique néanmoins coûteuse et qui ne profite pas aux agriculteurs. Durant cinq ans, Stefanie Christmann a travaillé sur une approche différente, qu'elle nomme "l'agriculture avec des pollinisateurs alternatifs". Cette technique consiste à consacrer une bande de culture sur quatre aux cultures florifères. Elle a également mis en place des aides pour la nidification et des tournesols à proximité pour abriter du vent. Un modèle destiné à tous, même à ceux qui n'ont pas beaucoup de moyens : "Il n'y a pas d'équipement, pas de technologie, et seulement un petit investissement à faire dans les semences. C'est très facile", explique-t-elle. Comparée à des champs témoins de monocultures pures, la méthode a montré des avantages "étonnants" pour les agriculteurs et une augmentation de l'abondance et de la diversité des pollinisateurs. Selon la recherche, les cultures ont ainsi été pollinisées plus efficacement, il y a eu moins de parasites et les rendements ont augmenté en quantité et en qualité, poursuit The Guardian. Stefanie Christmann s'apprête à présent à mettre à l'essai un plan sur cinq ans, financé par le ministère allemand de l'Environnement, pour tester sa méthodologie à plus grande échelle. Elle souhaite sensibiliser le public aux avantages économiques des pollinisateurs sauvages et encourager la plantation de fleurs sauvages, d'arbres fruitiers ou à fleurs. Mais elle espère également voir des changements dans les politiques nationales. "L'environnement tout entier serait plus riche, plus beau et plus résistant au changement climatique. Nous aurions beaucoup plus d'insectes, de fleurs et d'oiseaux. Et ce serait davantage autosuffisant. Même les pays les plus pauvres pourraient le faire", s'enthousiasme-t-elle.