A Nairobi, au Kenya, l'utilisation, la fabrication et l'importation de sacs plastique décidée il y a un an et mise en application il y a 8 mois a eu des effets positifs directs sur la population. Les voies navigables sont plus propres, la chaîne alimentaire n'est plus contaminée avec des particules de plastique, et on ne rencontre (presque) plus ces "flying toilets", coutume locale qui consiste à enfermer ses excréments dans un sac plastique et de le déposer sur les toits de tôle des villes et villages. Le nombre de sacs accrochés dans les arbres ou polluant les bas-côtés des routes a aussi drastiquement diminué.
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A Nairobi, au Kenya, l'utilisation, la fabrication et l'importation de sacs plastique décidée il y a un an et mise en application il y a 8 mois a eu des effets positifs directs sur la population. Les voies navigables sont plus propres, la chaîne alimentaire n'est plus contaminée avec des particules de plastique, et on ne rencontre (presque) plus ces "flying toilets", coutume locale qui consiste à enfermer ses excréments dans un sac plastique et de le déposer sur les toits de tôle des villes et villages. Le nombre de sacs accrochés dans les arbres ou polluant les bas-côtés des routes a aussi drastiquement diminué. "Nos rues sont, en général, beaucoup plus propres, ce qui a amené un sentiment de bien-être", déclare David On'gare, directeur du projet au sein du ministère de l'Environnement, cité par The Guardian. "On ne voit plus de sacs virevoltant quand il y a du vent, les voies navigables sont moins obstruées, les pêcheurs sur la côte et le lac Victoria capturent moins de plastique dans leurs filets." En moyenne, les abattoirs trouvaient auparavant du plastique dans les boyaux de trois animaux sur les dix qu'on leur amenait, maintenant, ce n'est plus le cas que pour une bête sur dix, ajoute le responsable. Il faut dire que la loi kényane est particulièrement stricte pour les délits les plus graves, avec des amendes pouvant aller jusqu'à 32 000 euros et des peines de prison de quatre ans maximum à l'encontre de toute personne qui produirait, vendrait et même se baladerait en rue, un sac plastique à la main.Au vu de ces changements prometteurs, d'autres nations africaines, comme l'Ouganda, la Tanzanie et le Burundi comptent suivre l'exemple du Kenya. Des dizaines d'autres pays ont déjà interdit ou limité l'usage des sacs en plastique, c'est le cas notamment du Rwanda, de l'Afrique du Sud, du Sénégal, ou encore, de la Côte d'Ivoire.Voilà pour les côtés positifs, car la loi n'enchante pas les commerçants et autres sociétés actives au Kenya. L'interdiction tourne carrément au casse-tête pour les commerçants et vendeurs de rues. Alors, des alternatives se créent, certains négociants encouragent leurs clients à utiliser des contenants en plastique ou des sacs plus traditionnels en fibre de sisal. Avec l'inconvénient que les sacs fabriqués dans cette matière sont chers. "L'interdiction a secoué l'économie du pays. Dans plusieurs secteurs, le commerce est au point mort", déplore Samuel Matonda, de l'association des commerçants kenyans. L'association se plaint que la mesure ait été mise en application de manière trop radicale et non de manière progressive. Elle critique le gouvernement de ne pas avoir proposé d'alternatives à l'utilisation du plastique. Selon Samuel Matonda, la loi impacte 80% des sociétés et près de 100 000 personnes. Pour On'gare, c'est plutôt un stimulus pour que les entreprises apportent des solutions. Avec les bouteilles en plastique prochainement dans le viseur du gouvernement, les entreprises proposent désormais des procédures de collectes et de recyclage qu'elles prennent elle-mêmes en charge. "Cela devrait encourager d'autres pays du monde, et pas seulement en Afrique, à interdire les sacs en plastique et le plastique à usage unique", déclare Dr Arnold Kreilhuber, à la tête du programme des Nations Unies pour l'Environnement. "Il est par ailleurs important de consulter plus largement la population pour assurer une transition plus douce de cette interdiction. Bannir les sacs en plastique est déjà une grande victoire, mais ce n'est qu'un début. Nous avons besoin de plus d'investissements en gestion des déchets pour garantir aux Kenyans un environnement propre et sain",conclut l'expert.