Sur son site de Louvain-la-Neuve, l'université a constaté que le nombre de nids naturels occupés a quasiment diminué de moitié entre 2009 et 2018. "La faute à qui? L'usage de pesticides en agriculture et dans les jardins cause la disparition des insectes, qui constituent le régime alimentaire exclusif des hirondelles. Le réchauffement climatique pose aussi problème dans les migrations, en augmentant les zones désertiques à parcourir", avance-t-elle.

Par ailleurs, "fatiguées après un long voyage de 5.000 ou 6.000 km, les hirondelles ont tendance à 'aller au plus facile' pour construire leur nid. Elles peuvent alors choisir des matériaux peu solides si elles ne trouvent pas de boue à proximité directe", explique Sébastien Lambay, ornithologue amateur et cheville ouvrière de l'opération "Sauver les hirondelles" de l'UCLouvain. Cela peut compromettre la viabilité du nid et la survie des petits.

Face à ces constats, l'UCLouvain a décidé d'agir pour préserver la biodiversité en installant 196 nids pour hirondelles et 36 nids pour martinets noirs. Ces futurs habitats ont été placés à la fois dans le bas de Louvain-la-Neuve, places Cardinal Mercier et Montesquieu, et dans le haut de la ville, au bâtiment Pythagore (à proximité de la place des Sciences).

Quatre bacs de boue ont également été mis en place "pour permettre aux oiseaux de se sentir 'comme à la maison' et aux colonies pré-existantes de consolider leur nid". En outre, des chants d'hirondelle sont diffusés pour attirer les hirondelles au Pythagore, où il n'y avait pas de colonie auparavant.