Dans son bulletin de 12H00 (16H00 GMT), le Centre national des ouragans (NHC) a mis en garde contre une montée des eaux dangereuse pour les vies humaines, des vents, des pluies diluviennes et des tornades sur des parties des Etats de Caroline du Sud et du Nord.

Si la force des vents a un peu diminué, avec des bourrasques soufflant jusqu'à 175 km/h, Dorian n'est qu'à 75 km de Charleston. L'ouragan devrait encore s'approcher jeudi des côtes de cet Etat avant de bifurquer en direction de la Caroline du Nord, selon le NHC.

A Charleston, le vent secouait violemment les arbres et des trombes d'eau s'abattaient sur cette perle touristique du Sud américain, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Avant de s'approcher dangereusement des côtes américaines, Dorian a dévasté des îles des Bahamas, où vingt personnes ont perdu la vie. Un bilan qui va encore s'alourdir, a prévenu le ministre de la Santé de l'archipel. Le Premier ministre Hubert Minnis, a évoqué une "dévastation générationnelle".

De leur côté, les Nations unies ont estimé mercredi soir qu'environ 70.000 personnes avaient "besoin d'une aide immédiate".

200.000 sites privés d'électricité

Aux Etats-Unis, des lignes électriques et des arbres se sont effondrés et l'arrivée de l'eau a poussé les autorités à fermer des routes, a tweeté le bureau du shérif du comté de Charleston.

Plus de 200.000 sites étaient privés de courant électrique dans l'Etat, selon les autorités, où 33 refuges ont été ouverts.

Une alerte aux inondations était notamment en vigueur à Charleston et tout autour jusqu'à 13H15 jeudi (17H15 GMT), selon les services météorologiques de la ville.

Mais le pire est à craindre: Dorian va continuer à se déplacer jeudi près des côtes de la Caroline du Sud, puis pourrait passer à côté ou au-dessus de la Caroline du Nord jeudi soir et vendredi.

Et le NHC met en garde contre "un risque accru" de "tornades" sur l'est de la Caroline du Nord ce jeudi.

Le président américain avait appelé mercredi la population à rester prudente. Plusieurs parties de la côte sud-est des Etats-Unis, où vivent des millions de personnes, ont été placées en état d'urgence. Des ordres d'évacuation obligatoires ont été émis dans plusieurs zones.

"L'enfer partout"

Sur l'archipel des Bahamas, dévasté par le passage de Dorian alors classé en catégorie 5, les images de paysage ravagés, de maisons affaissées, faisaient craindre le pire.

L'émotion mais aussi parfois la colère, était palpable sur les îles Abacos.

"Nous devons partir d'ici. Ça va faire quoi, 4 ou 5 jours maintenant? Il est temps de bouger et de sortir les gens d'ici", a confié à l'AFP Brian Harvey, un Canadien de Montréal, qui était à bord de son bateau et a "tout perdu".

En vie, il s'estime chanceux. "Mais c'est l'enfer partout", ajoute-t-il.

"Je n'ai pas de nouvelles de cinq des 14 personnes qui travaillent pour moi", déplorait auprès de l'AFP Robert Neher, propriétaire d'une cabane de pêche sur la pointe est de Grand Bahama.

Dorian s'est acharné sur l'archipel, au-dessus duquel il est longtemps resté quasi immobile, faisant tomber jusqu'à 76 cm de pluie.

Le secrétaire général adjoint pour les Affaires humanitaires, Mark Lowcock, a indiqué que l'ONU avait débloqué un million de dollars de son fonds d'urgence pour apporter une première aide aux sinistrés.

Marsh Harbour, la principale ville des îles Abacos, a elle été détruite à 60%, selon le Premier ministre.

L'aéroport était sous l'eau, toute la zone ressemblant à un lac.

Destruction immense

Aux Bahamas, l'ampleur de la destruction était immense, ont observé, en survolant Marsh Harbour, des journalistes de l'AFP. Des centaines de maisons ont vu leur toit s'envoler, des voitures étaient submergées par les inondations, des bateaux et des habitations étaient en miettes.

Et les opérations de recherches étaient en cours: 135 personnes ont été secourues ont rapporté sur Twitter jeudi matin les garde-côtes américains. "Il ne nous reste rien", s'attristait Meghan Bootle, 21 ans, étudiante à Nassau dont la famille vit dans le nord de Grand Abaco.

La Croix-Rouge a indiqué que 13.000 maisons pourraient avoir été endommagées ou détruites. Les gardes-côtes américains et la marine britannique participaient aux secours.

Plusieurs églises organisaient des collectes dans le quartier de Coconut Grove, berceau de la communauté bahaméenne à Miami, en Floride.