Dans la baie de Naples, au sud de l'Italie, se trouve Campi Flegrei, les champs Phlégréens (littéralement "champs brûlés"). C'est une caldeira, une plaine volcanique, de 13 km de diamètre apparus suite à deux éruptions volcaniques qui ont dévasté la région et ont respectivement eu lieu il y a 39.000 et 15.000 ans. Tout le golfe de Pouzzoles n'est en réalité qu'une immense poudrière. Avec les volcans environnants, dont le Vésuve est le plus célèbre, la région forme un immense système volcanique.
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Dans la baie de Naples, au sud de l'Italie, se trouve Campi Flegrei, les champs Phlégréens (littéralement "champs brûlés"). C'est une caldeira, une plaine volcanique, de 13 km de diamètre apparus suite à deux éruptions volcaniques qui ont dévasté la région et ont respectivement eu lieu il y a 39.000 et 15.000 ans. Tout le golfe de Pouzzoles n'est en réalité qu'une immense poudrière. Avec les volcans environnants, dont le Vésuve est le plus célèbre, la région forme un immense système volcanique. Depuis les années 1950, la région fait d'ailleurs l'objet de secousses: une indication que le volcan pourrait devenir instable et entrer en éruption vers 2020, selon des volcanologues italiens. Une éruption modeste qui n'en serait pas moins dangereuse, tant la région est densément peuplée. Mais ce ne serait là qu'une pré-éruption qui n'aurait rien avoir avec la giga-éruption prédite par Forni et son équipe. Aujourd'hui, 1,5 million de personnes vivent dans la caldeira du volcan et ses environs, et la réserve de magma cachée dans ses entrailles en fait l'une des zones les plus dangereuses au monde. Dans une étude publiée mercredi dans Science Advances, des volcanologues rapportent que Campi Flegrei est au début d'un cycle d'éruptions qui pourraient provoquer une explosion massive. Les chercheurs sont arrivés à cette conclusion en étudiant les 23 dernières éruptions du site. Un phénomène cycliqueLa nouvelle étude, dirigée par Francesca Forni, chercheuse postdoctorale à l'Université technologique de Nanyang à Singapour, qui a dirigé les travaux à l'ETH Zurich, a cherché à percer les mécanismes qui font que le magma change au cours du temps. Son équipe a également utilisé des modèles informatiques pour simuler ce qui a pu se passer à l'intérieur du volcan depuis la dernière éruption qui a formé la caldeira telle qu'on la connaît il y a 15 000 ans. Depuis lors, elle n'a, curieusement, plus connu d'éruptions majeures.L'équipe a constaté que Campi Flegrei a traversé plusieurs cycles. À l'origine, il y a eu une éruption massive qui a entraîné la formation d'une caldeira. Le volcan est ensuite rentré dans une période de petites éruptions régulières, permettant au magma de s'échapper par de nouvelles fractures dans la croûte. Enfin, le volcan est entré dans une phase que l'on appelle de pré-calédra. Les éruptions mineures se calment et le magma s'accumule dans un réservoir souterrain. Au fur et à mesure qu'il s'accumule, le magma se transforme en une forme gazeuse, riche en eau, et les plaques les plus flottantes et les plus riches en bulles se rassemblent au sommet. Une combinaison qui rend le volcan plus explosif. Ces phases se terminent toujours par une méga-érosion du sol. Car contrairement à un volcan où la lave va former une montagne avec un cratère au sommet, une caldera se forme lorsque la poche de magma, qui soutenait sol, est expulsée. La cavité ainsi créée provoque l'effondrement de la croute terrestre. La présence de deux caldeiras suggère que Campi Flegrei a été le cadre d'au moins un cycle complet et que, si la thèse d'une nature cyclique est fondée, alors " nous sommes potentiellement au début d'un nouveau cycle si l'on en croit les derniers relevés", précise la scientifique. Le site a connu depuis 15.000 ans des regains d'activité avec quelques très rares petites éruptions, la dernière remontant au 29 septembre 1538. Elle va durer une semaine et former le Monte Nuovo. Mais celle-ci pourrait bien être un point de bascule selon les vulcanologues. Si, jusque-là, le site avait plutôt tendance à se calmer, il ne ferait depuis que s'échauffer en prévision d'une super-explosion. "Nous sommes entrés dans une phase où c'est un magma d'une composition différente ", dit le géophysicien Wim Degruyter (Université de Cardiff), l'un des scientifiques qui ont étudié le volcan. "Il ne manque encore qu'un ingrédient : le volume. Il faut qu'environ 10 à 40 kilomètres cubes de magma soient rassemblés sous le volcan. Au vu des connaissances actuelles de la science, il est impossible de prédire avec exactitude quand se produira une éruption majeure. Rien n'indique cependant qu'une éruption soit imminente. Le risque qu'elle prenne place lors de notre vie est même extrêmement faible précise Lara Smale, doctorante à l'University College de Londres, qui fait des recherches sur Campi Flegrei mais n'a pas participé à l'étude. Cette éruption pourrait donc avoir lieu d'ici des siècles, mais si elle se produisait elle lancerait un nuage de cendre sur toute l'Europe et la ville de Naples s'enfoncerait littéralement dans le sol. Heureusement, le volcan est l'un des plus étroitement surveillés au monde. Les scientifiques devraient donc être en mesure de détecter tout signe avant-coureur.