Elles réclament que le groupe cesse d'investir dans des entreprises de production d'huile de palme qu'elles accusent d'être associées à un accaparement des terres et au travail des enfants dans plusieurs pays du sud. Des ONG belges ont également soutenu la plainte.

Celle-ci concerne les entreprises de palmiers à huile Bolloré Group/Socfin, Noble Group et Wilmar International. Les plaignants demandent qu'ING cesse d'investir dans ces sociétés et dans l'ensemble du secteur industriel de l'huile de palme.

"La banque, tout en étant au courant des problèmes, n'a pas pris les mesures appropriées pour les combattre et a donc contribué aux abus commis par ces entreprises", pointent les ONG, qui affirment attirer l'attention d'ING depuis des années sur les violations commises dans les plantations de palmiers à huile.

Cité par le quotidien économique néerlandais Het Financieele Dagblad, un porte-parole de l'entreprise a souligné qu'ING partageait les préoccupations des ONG. "Nous allons engager un dialogue avec nos clients, dont ceux actifs dans la production d'huile de palme, pour les encourager à améliorer leurs pratiques. Si ce dialogue n'est pas suivi d'actions, nous pourrions décider de rompre nos liens", a-t-il indiqué.

"En Belgique aussi, cela fait maintenant plus de quatre ans que nous demandons à ING de cesser de financer le groupe Socfin. La stratégie défendue par la banque est d'accompagner les entreprises problématiques vers des pratiques plus durables. Mais après tant d'années, il est devenu évident que ce dialogue n'a eu aucun résultat significatif", a dénoncé Florence Kroff, coordinatrice de FIAN Belgium, qui soutient la plainte déposée aux Pays-Bas.

En Belgique, après une action de protestation menée par des ONG l'année dernière au siège d'ING, la banque avait annoncé la suspension de tout nouveau financement au groupe Socfin de l'homme d'affaires belge Hubert Fabri, avant de faire marche arrière, d'après les ONG belges. "Le manque de régulation publique nous pousse à appuyer cette plainte afin d'obliger les multinationales et le secteur financier à respecter leurs engagements et les droits humains", a ajouté Sébastien Mortier, chargé de recherche chez FairFin.

Déposée auprès du point de contact néerlandais pour les Principes directeurs de l'OCDE, la plainte pourrait avoir des conséquences pour la banque néerlandaise qui pourrait être exclue des missions commerciales, de subventions et du soutien gouvernemental à l'étranger.