Selon une modélisation de chercheurs français, parue dans la revue Environmental Research Letters et repérée par Le Monde, les températures pourraient être plus que caniculaires d'ici la fin du siècle. Les chercheurs dressent une projection alarmante, d'autant qu'ils se focalisent sur l'analyse des températures maximales, et non moyennes. Après avoir recensé les records de températures entre 1950 et 2005 dans leurs pays, ils sont partis de l'hypothèse la plus pessimiste du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolutio...

Selon une modélisation de chercheurs français, parue dans la revue Environmental Research Letters et repérée par Le Monde, les températures pourraient être plus que caniculaires d'ici la fin du siècle. Les chercheurs dressent une projection alarmante, d'autant qu'ils se focalisent sur l'analyse des températures maximales, et non moyennes. Après avoir recensé les records de températures entre 1950 et 2005 dans leurs pays, ils sont partis de l'hypothèse la plus pessimiste du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), où les émissions de gaz à effet de serre se poursuivraient au même rythme qu'aujourd'hui. Ce scénario entrainerait un réchauffement de la planète de 3,7°C d'ici 2100. Selon leurs projections, en été, les températures en France pourraient atteindre 50°C, voire davantage. De quoi dépasser largement les records historiques dans certaines régions. Avec les risques que cela comporte : selon plusieurs estimations, les "coups de chaleur" extrêmes devraient augmenter le taux de décès dans le monde. Il va pourtant falloir s'y habituer. Selon les experts climatiques, les vagues de chaleur seront de plus en plus fréquentes les prochaines années. L'origine se trouve notamment dans le réchauffement global de notre planète, dû aux émissions de gaz à effets de serre. La répartition de ces augmentations serait différente selon les régions, et ne toucherait pas forcément les régions les plus évidentes. En effet, c'est le nord et l'est de la France qui devraient subir les plus fortes augmentations (12,2 et 12,9 °C). L'effet modérateur de l'océan préserverait quelque peu la Bretagne (+6,6°C en moyenne) et le pourtour méditerranéen (7,7°C). "Ces résultats indiquent que les valeurs maximales en France pourraient facilement dépasser 50 °C à la fin du XXIe siècle", confirment les chercheurs. Jusqu'à 55°C selon eux, les records historiques de températures actuels étant de 42°C. Les températures nocturnes seront également impactées, "avec de sérieuses conséquences pour la santé humaine", alertent-ils.La modélisation se base bien entendu sur le pire scénario possible, mais pour Samuel Somot, responsable de l'équipe de modélisation régionale du climat au CNRM, il ne faut pas remettre sa fiabilité en cause pour autant. Ce "scénario du pire" est un moyen de voir où les politiques climatiques actuelles nous mènent à moyen et long terme, mais il est encore possible de l'éviter. "Tout dépendra des décisions politiques et économiques qui seront prises dans les années qui viennent. Si l'Accord de Paris est mis en oeuvre, nous nous écarterons du scénario du pire ", rassure-t-il. Mais l'effort est à faire à l'échelle mondiale.