L'eau était alors montée jusqu'à 10 mètres au dessus du niveau actuel, au rythme de jusqu'à trois mètres par siècle, selon des chercheurs de l'Université nationale d'Australie, dessinant un scénario catastrophe pour des centaines de millions de personnes. La Terre connaissant une alternance de périodes de glaciation et de réchauffement, les chercheurs ont examiné des données sur la dernière période interglaciaire, il y a 125.000 ans.

Les températures moyennes étaient alors plus élevées qu'actuellement d'environ un degré, mais les changements climatiques des 200 dernières années sont plus rapides, en raison des émissions de gaz à effet de serre de la période industrielle. En conséquence, l'étude de la dernière période interglaciaire "ne fournit que la fourchette basse des prédictions sur ce qui pourrait se passer", préviennent les auteurs de l'étude, initialement publiée dans la revue Nature Communications, dans un article paru, et mis en ligne mercredi sur le site The Conversation. Or le niveau est alors "monté de 10 mètres au dessus du niveau actuel" en raison de la fonte des glaces, d'abord en Antarctique, puis au Groenland, l'eau libérée par la fonte au Sud ayant réchauffé les zones polaires du Nord. "Le niveau est monté jusqu'à trois mètres par siècle, bien au delà de la montée d'environ 0,3 mètre observée sur les 150 dernières années".

Selon le rapport des experts climat de l'ONU (Giec) sur les océans publié en septembre, le niveau des mers devrait augmenter de 43 centimètres environ d'ici 2100 dans un monde à +2°C, mais de 84 cm dans un monde à +3°C ou + 4°C, réchauffement vers lequel nous conduisent les tendances actuelles. Le panel d'experts estimait que plus d'un milliard de personnes vivraient d'ici le milieu du siècle dans des zones côtières particulièrement vulnérables et que le rythme d'élévation du niveau des mers pourrait être 100 fois plus rapide au 22e siècle, pouvant passer à "plusieurs centimètres" par an, pour ensuite atteindre jusqu'à plusieurs mètres au total d'ici 2300 si les émissions ne sont pas réduites. Mais les chercheurs australiens estiment que ces modèles ne prennent pas en compte l'accélération que provoquerait la chute de gigantesques blocs de calotte glaciaire dans les océans.

Carte interactive

Pour varier les critères, il faut cliquer sur "change projections". La carte affiche deux méthodes de calcul : la méthode "CostalIDEM" est considérée comme plus précise par les chercheurs. © coastal.climatecentral.org